Israël : Tel Aviv voit sa plus grosse manifestation de demandeurs d’asile…D’après Netanyahu cela « ne servirait à rien »

D’après Larédac’ à 23h17 le 09 Janvier 2014

A Tel-Aviv plus de 30 000 demandeurs d’asile africains manifestent dans les rues pour protester contre la politique d’immigration d’Israël.

«We are refugees», scandent depuis plusieurs jours, quelque 30 000 demandeurs d’asile africains dans les rues de la capitale israélienne. Les migrants, principalement issus du Soudan et d’Erythrée, ont ainsi provoqué la surprise des autorités.

Ils protestent contre le durcissement de la politique migratoire du pays : après de nombreuses expulsions, ainsi que la construction d’une cloture électronique le long de la frontière égyptienne, le gouvernement a adopté, le 10 décembre dernier, une loi autorisant le placement des immigrés clandestins en détention, sans procès, et pendant une durée d’un an.

Un climat de xénophobie

Sitôt la loi adoptée, un centre de détention, surnomé le «Holot» (le sable), a immédiatement été ouvert dans le sud d’Israël, en plein désert. Il est destiné à recevoir 3000 personnes. Il pourrait même être agrandi, en vue d’en recevoir 11 000.

Ces dernières années, l’immigration clandestine vers Israël s’est démultipliée : le durcissement de la politique migratoire de l’Union Européenne pousse en effet les migrants à envisager ce territoire comme une zone de repli.

La mise en place de cette loi et de ce nouveau centre de détention est perçue par les réfugiés comme une preuve supplémentaire du climat de xénophobie qui règne actuellement en Israël.

Le mois dernier, c’est une députée d’origine juive égyptienne qui avait en effet été empêchée de donner son sang, au motif qu’il serait susceptible d’être porteur du virus du Sida.

Plus de 10.000 migrants africains se sont rassemblés mercredi à Jérusalem devant la Knesset, le Parlement israélien, au quatrième jour de manifestations pour que leur soit accordé le statut de réfugiés.

Plusieurs députés de gauche sont sortis du bâtiment pour adresser leurs sympathies aux manifestants et l’écrivain David Grossman a dit sa « honte » du traitement infligé en Israël aux immigrés clandestins. 

Mais pour Miri Regev, députée du Likoud conservateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu, il est temps d’expulser ces migrants qu’elle présente comme des « infiltrés ».

Lundi, les manifestants s’étaient rassemblés devant plusieurs ambassades étrangères à Tel Aviv. Ils souhaitaient remettre des lettres réclamant un soutien international à leur campagne contre la nouvelle législation israélienne en matière d’immigration.

Environ 60.000 migrants africains, venant surtout du Soudan et d’Ethiopie, sont entrés en Israël depuis 2006, selon les autorités israéliennes. Beaucoup vivent dans des quartiers déshérités de Tel Aviv.

Benjamin Netanyahu juge que leur afflux massif pourrait nuire à la stabilité sociale du pays, qui a déjà érigé en 2012 une clôture à sa frontière avec l’Egypte pour tenter de limiter les entrées sur son territoire.

Après le vote d’une nouvelle loi le mois dernier, un centre de détention a été ouvert dans le sud d’Israël. Ses occupants peuvent le quitter dans la journée mais doivent impérativement y passer la nuit. Ils peuvent être maintenus dans ce centre pour une durée illimitée et sans jugement.

Selon des groupes de défense des droits de l’homme, plus de 300 personnes ont été arrêtées depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation.

Ces demandeurs d’asile dénoncent le refus des autorités d’examiner leurs demandes, ainsi que le placement en rétention de centaines d’entre eux.

Mais ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a prévenu que leurs manifestations ne « serviraient à rien« .

Selon une loi votée le 10 décembre, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu’à un an en centre de rétention sans procès.

Les autorités israéliennes, qui estiment à quelque 52.000 le nombre d’Africains entrés clandestinement qui sont encore en Israël, ont lancé en 2012 une campagne ayant abouti au départ ou à l’expulsion de 3.920 d’entre eux.

La clôture électronique construite par Israël, qui s’étend le long des 230 km de frontière avec l’Egypte, a réduit pratiquement à néant le nombre d’entrées illégales en Israël à partir de la péninsule du Sinaï.

Source : Afp, Reuters, Haaretz , agences de presse israéliennes