John kerry s’en va au Moyen-Orient pour trouver des amis contre l’EI

D’après Larédac’ à 17h03 le 09 Septembre 2014

 

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry devait partir aujourd’hui mardi pour une tournée au Moyen-Orient, s’efforcent toute cette semaine de consolider une coalition hétéroclite de plus de 40 pays,notamment en Jordanie et en Arabie saoudite, afin de bâtir une coalition internationale contre les combattants de l’État dit « islamique », a annoncé lundi le département d’Etat.

La porte-parole de la diplomatie américaine a précisé que plus de 40 pays participeraient d’une manière ou d’une autre à cette coalition contre les composantes armés de l’EI, qui contrôlent des parties de l’Irak et de la Syrie.

En visite annoncée à Amman et à Jeddah, en Arabie saoudite, le chef de la diplomatie américaine discutera avec ses homologues de « la situation en cours en Irak », selon un communiqué de la porte-parole Jennifer Psaki.

L’objectif de la coalition internationale que les Etats-Unis tentent depuis plusieurs jours de mettre sur pied est de se « coordonner face la menace posée par l’EI« , a expliqué Mme Psaki.

En tournée dans la région, M. Kerry s’entretiendra également de « la manière de soutenir davantage la sécurité et la stabilité du gouvernement irakien » en cours de formation.

D’ultimes tractations se tenaient lundi en Irak pour la formation d’un nouveau gouvernement appelé à représenter toutes les communautés, deux jours avant la présentation du « plan d’action » de Barack Obama pour lutter contre les combattants de l’état dit « islamique » (EI).

Kerry toujours en Mission Impossible

John Kerry aura donc pour tâche de bâtir et de consolider cette coalition internationale, dans l’espoir que les pays membres se « coordonnent face à la menace que pose l’EI pour la région et pour la communauté internationale« , a affirmé la porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki. – reste aussi le cas concret de l’Iran qui déjà lutte sur place, tout comme la future coalition, pour ses intérêts géostratégique –

Reprenant le vocabulaire employé par le président Obama, elle a affirmé que l’objectif ultime était « d’affaiblir et de vaincre l’EI » composé, selon les estimations de Washington, de quelque 10.000 combattants et accusé d’avoir décapité ces dernières semaines deux journalistes américains.

A l’Otan, M. Kerry a reconnu que ce combat « pourrait prendre un an, deux ans, trois ans« . -* sans parlé des soldats libanais, au totale –

Il ne ressemblera cependant en rien à l’invasion de l’Irak en 2003, le président Obama ayant exclu par avance l’envoi de troupes au sol.

Les Etats-Unis comptent s’appuyer sur « tout l’éventail de capacités de différents pays » alliés afin, pèle-mêle, d' »apporter un appui militaire à l’Irak« , de « stopper l’afflux de dit « jihadistes » étrangers« , de « couper les financements de l’EI » ou encore de « régler les crises humanitaires » provoquées par le conflit. – crise humanitaire qui avait débutée par la première guerre du Golf, déjà entrepris par une coalition : Le 17 janvier 1991, commençait l’opération « Tempête du Désert ». Au nom de l’ONU, dans une croisade pour « le droit et la liberté« , une coalition de vingt-huit pays, à la tête de laquelle se trouvaient les Etats-Unis, entrait en guerre contre l’Irak en 1990, qui faisait suite à la guerre Iran-Irak  (1980-1988), l’Irak qui était soutenu (financièrement et logistiquement) par une coalition aussi à la tête de laquelle les USA….

D’après le département d’Etat, « plus de 40 pays » participeraient d’une manière ou d’une autre à cette lutte contre les ultra-radicaux armés de l’EI, qui contrôlent de larges pans de leur « califat » à cheval sur l’Irak et la Syrie.

Jennifer Psaki a refusé de citer tous les pays, arguant que certains, comme les 10 de la réunion de l’Otan et les Emirats arabes unis, étaient déjà connus et que d’autres ne voulaient pas l’être.

D’après des responsables américains, l’Albanie, l’Estonie, la Pologne, l’Arabie saoudite, le Japon ou la Corée du Sud et une bonne dizaine d’autres ont aussi « proposé une assistance humanitaire et sécuritaire à l’Irak ».

Et les pays de la Ligue Arabe viennent d’affirmer leur volonté commune de « prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes« , dont l’EI, « au plan politique, idéologique et sécuritaire« . La Ligue Arabe utilise aussi les mesures sélectives, pour le conflit Palestino-israélien il aurait été bien aussi de « prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes« .

Mme Psaki a en revanche répété que ni l’Iran, et encore moins la Syrie, ne feraient partie de cette coalition.

A Amman puis à Jeddah, en Arabie saoudite, les entretiens entre John Kerry et ses homologues tourneront autour de la « manière de soutenir davantage la sécurité et la stabilité du gouvernement irakien« , selon le département d’Etat, laissant la porte ouverte à d’autres étapes à la tournée régionale de son ministre.

Le Parlement irakien a approuvé lundi soir lors d’un vote crucial un nouveau gouvernement dirigé par Haïdar al-Abadi, mais les portefeuilles de l’Intérieur et de la Défense n’ont pas été pourvus.

La communauté internationale, qui tente d’aider l’Irak à combattre l’EI, réclame un gouvernement qui rassemblerait toutes les forces politiques du pays, après avoir accusé le gouvernement précédent du chiite Nouri al-Maliki d’avoir favorisé l’offensive de l’état dit « islamique » par sa politique autoritaire et de marginalisation de la minorité sunnite.

Face au danger représenté par l’EI, coupable d’exactions, les Etats-Unis ont effectué depuis début août 148 frappes dans le nord de l’Irak et les ont étendues ce week-end à l’ouest du pays.

Source : avec Afp, Associated Press, Washington Poste, NY Time, L’Orient le Jour