La Chine accentue ses pressions sur le peuple Ouïghours

D’après Larédac’ à 20h09 le 23 Décembre 2013

Depuis l’attentat perpétré à Pékin le 28 octobre 2013 par des « extrémistes » ouïgours. les autorités chinoises, qui considèrent déjà le Xinjiang comme un « foyer de séparatistes », vont accentuer leur contrôle et pression sur la province musulmane…

Des nouvelles violences se sont déroulées le 15 décembre (sept semaines après un attentat à Pékin), près de la ville de Kashgar (une ancienne étape de la route de la Soie située aux confins occidentaux de la Chine).

Il y a eu 16 personnes qui ont été tuées (2 policiers parmi eux) lors de opérations des forces de l’ordre, (qui fut une expédition punitive) …

C’est ce qu’a rapporté lundi 16 décembre un média d’État.

Les Ouïghours rejettent la version chinoise

Des policiers étaient venus procéder à des interpellations de suspects dans le canton de Shufu quand ils ont été attaqués par des « malfrats » armés d’explosifs et de couteaux, a indiqué le site d’information Tianshannet, contrôlé par les autorités locales. Quatorze des assaillants ont été tués par balle, a-t-il précisé. Cette version des faits a été rejetée en bloc par Dilshat Rexit, un porte-parole du Congrès mondial ouïgour, organisation en exil de défense des Ouïgours.

Pékin justifie des lois d’exception et protège les actions policières (tout comme la France en Algérie 1954-1962)

Selon lui, les décès sont intervenus quand des policiers armés ont fait irruption dans une maison où s’étaient réunis des Ouïgours. « Selon les nouvelles règles en vigueur au Xinjiang, les policiers ont le droit de tirer en premier« , a déclaré à l’Agence France Presse Dilshat Rexit. « Quatorze Ouïgours ont été tués et deux autres ont été arrêtés« .

L’AFP n’était pas en mesure de vérifier ces faits, les autorités chinoises restreignant fortement les possibilités pour la presse étrangère de travailler au Xinjiang, où les liaisons téléphoniques sont souvent coupées dans les zones en proie à des troubles. « Cette affaire montre une nouvelle fois la nature inhumaine de ces groupes terroristes qui défient la société« , a de son côté déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, dans une terminologie classique utilisée pour qualifier les « séparatistes » ouïgours ou tibétains.

Les autorités chinoises atteintes du syndrome du « Terrorisme islamiste »

Le Xinjiang est régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre Han (ethnie majoritaire en Chine) et Ouïgours. Ces derniers se disent victimes d’une politique répressive et discriminatoire à l’encontre de leur religion, leur langue et leur culture. 

Les autorités accusent invariablement de « terrorisme » les militants ouïgours. Le 28 octobre dernier, Pékin a été le théâtre, selon la police, d’un attentat perpétré par des « extrémistes » venus du Xinjiang. 

Selon la thèse officielle, trois Ouïgours d’une même famille avaient précipité leur voiture chargée de bidons d’essence contre l’entrée de la Cité interdite, dans une attaque suicide qui avait fait également deux morts et 40 blessés. 

L’attaque a été soutenue par le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim), un groupuscule radical séparatiste, avait affirmé Meng Jianzhu – le chef de la sécurité chinoise.

« La Chine fait face à une sérieuse menace terroriste », a déclaré , le 25 novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères alors qu’il s’exprimait sur l’attentat survenu en octobre dernier et les 200 attaques terroristes perpétrées l’année dernière dans la Région autonome ouïgour du Xinjiang – rapportées par un média d’Etat.

Un groupe se faisant appeler parti islamique du Turkestan (PIT) aurait  publié sur internet une vidéo en ouïgour dans laquelle son chef, un certain Abdullah Mansour, affirmait que l’attaque de la capitale, menée par ses mujahideen, ou jihadistes, n’était que le début d’une série d’attentats en Chine.

« La vidéo et les violences qu’elle annonce ont confirmé la menace planant sur la Chine », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang lors d’une conférence de presse.

Les autorités chinoises n’avaient toutefois fourni aucune preuve étayant cette affirmation, qui a suscité le doute des experts au vu de l’aspect artisanal des attentats et du manque d’assise en Chine des fondamentalistes musulmans.

Depuis le 11 septembre, Pékin menacée (ou le prétexte du virus paranoïaque américain)

Les autorités ont en tout cas renforcé leur contrôle sur le Xinjiang après ces faits. Cela n’a pas empêché d’autres violences d’éclater. Neuf personnes armées de haches et de couteaux ont ainsi été tuées en novembre en attaquant un commissariat de police à Serikbuya, où deux policiers ont aussi trouvé la mort, avait rapporté l’agence de presse Chine nouvelle. 

En réalité, le contrôle beaucoup plus strict sur cette province musulmane a commencé au lendemain de l’attentat meurtrier du 11 septembre 2001 à New York. Pékin considère que la Chine est aussi menacée par les militants islamistes entraînés en Afghanistan sans vraiment apporter de preuves réelles de cette réalité.

Source : Afp, Reuters, La Croix, Chine Nouvelle,  agences de presse chinoises