La jeunesse du Hezbollah, loin des histoires de Walt Disney

D’après Larédac à 21h09 le 03 Décembre 2014

Dans la revue pour la jeunesse du Hezbollah, les héros ne sont pas des princes, des fées ou des sorcières, mais des « résistants tombés contre l’ennemi israélien« .

Depuis 11 ans, le puissant parti, avec son magazine illustré « Mahdi », inculque aux enfants sa vision et son idéologie de la sacro-sainte « résistance » contre l’état zioniste, sa raison d’être depuis sa création dans les années 1980.

Il leur offre des récits fictifs inspirés de la vie des combattants du Hezbollah, des puzzles représentant ces guérilleros ou encore des dessins enseignant à l’enfant comment éviter les mines.

L’un de ces récits conte l’histoire d’un combattant qui fait détonner une bombe contre une patrouille israélienne au cours de l’occupation du sud du Liban.

Tiré à 30.000 exemplaires, dont 26.000 distribués par les écoles, le mensuel porte le nom de l’imam al-Mahdi (IXe siècle), le dernier des 12 imams vénérés par les chiites.

« Nous voulons inculquer aux enfants les valeurs de la résistance« , explique à l’AFP Abbas Charara, le directeur général du magazine.

Il réfute néanmoins toute propagande belliqueuse. « Nous n’encourageons pas au port d’armes, mais nous leur faisons connaître les exploits la Résistance« .

« On leur dit, tout comme ces grands ont résisté et vaincu, vous pouvez aussi résister et vaincre, tout d’abord en vous éduquant« , explique-t-il.

Jeune lectrice de huit ans, Zahraa, qui est née alors que son père combattait l’armée israélienne, indique « aimer les histoires de résistance et les jeux sympas » de Mahdi.

Bête noire d’israël depuis sa création en 1982 par les Gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah a mené d’innombrables opérations meurtrières contre les troupes de l’état zioniste, les poussant à se retirer du Liban en 2000 après 22 ans d’occupation.

Il a déclenché en 2006 une guerre en enlevant deux soldats israéliens, entraînant une riposte dévastatrice d’Israël qui n’a pas réussi à neutraliser ce parti, qui se présentera en vainqueur.

Outre le principe de « résistance », le magazine veut graver dans l’esprit de ses lecteurs de 4 à 17 ans leur appartenance au chiisme.

Les puzzles représentent la Mosquée d’Al-Aqsa à Jérusalem, lieu saint de l’Islam, Sayeda Zeinab, important lieu de pèlerinage près de Damas, ou encore des combattants portant la bannière de Hussein, un imam vénéré du chiisme.

Selon M. Charara, la revue va au-delà de la thématique politico-religieuse pour encourager les jeunes à lire et approfondir leurs connaissances.

Mahdi comprend en effet des articles sur des écrivains, des scientifiques et des personnages historiques comme Alexandre le Grand, Victor Hugo, Albert Einstein ou encore Thomas Edison.

Mais ses pages « ludiques » encouragent l’enfant à colorier les « objets utilisés par un résistant« , telle une grenade ou une arme automatique. Et à dessiner un « chemin pour éviter » les bombes à sous-munitions laissées par l’armée de l’état zioniste dans le sud du Liban.

Source : avec Afp, l’Orient le Jour