La police met fin à une manifestation de jeunes à Gaza

La police a brutalement mis fin à une manifestation de jeunes mercredi dans la bande de Gaza en frappant et arrêtant plusieurs manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police met fin à une manifestation de jeunes à Gaza

Plus de 400 jeunes se sont rassemblés dans le quartier de Chajaya, à l’est de la ville de Gaza, pour réclamer la reconstruction du territoire et la fin des divisions inter-palestiniennes, un des facteurs primordiaux du marasme gazaoui.

Des policiers en civil qui s’étaient mêlés à la foule ont frappé plusieurs manifestants à coups de poing sans leur causer de blessures graves, a indiqué le journaliste de l’AFP.

Ils ont ensuite arrêté sept personnes, selon des témoins. La manifestation a alors tourné court.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré dans un communiqué que la foule était devenue violente, forçant la police à intervenir « pour protéger la vie des manifestants, après quoi le calme a été rétabli ».

Lors d’une conférence de presse mardi à Gaza, une des têtes de file du « mouvement du 29-avril » avait expliqué que le but de la mobilisation était que « la rue palestinienne » change la situation actuelle et que la jeunesse fasse entendre sa voix.

La bande de Gaza, territoire exigu coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée sur lequel s’entassent 1,8 million de Palestiniens, est en proie à la récession, à l’inflation et à un chômage qui touche plus de 40% de la population et plus de 60% des jeunes.

Son économie est étouffée par un strict blocus israélien depuis 2006 et plus récemment un quasi-blocus égyptien. La guerre de 2014 contre Israël a mis son économie à genou.

Malgré l’ampleur des destructions, la reconstruction se fait attendre. Les divisions entre les grands mouvements palestiniens accentuent la dépression.

La manifestation avait été organisée, via les réseaux sociaux, par un groupement de jeunes Palestiniens s’intitulant le « mouvement du 29-avril ».

Ces jeunes veulent mettre fin à la division palestinienne

Ce mouvement de jeunesse qui a appelé à la mobilisation ce mercredi dans la bande de Gaza pour forcer les mouvements palestiniens à mettre en oeuvre une véritable réconciliation et faire cesser la division de fait des Territoires palestiniens.de jeunes manifestants battus et arrêtés par la police du HamasNommé le Mouvement du 29-Avril, il veut que « la rue palestinienne retrouve confiance dans sa capacité à faire changer l’amère situation actuelle », a affirmé mardi l’une de ses têtes de file, Youssef al-Balegh, 23 ans.

L’idée est de « faire entendre la voix des jeunes », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Gaza, à laquelle assistaient des dizaines de jeunes hommes et femmes, pour la plupart diplômés au chômage.

Beaucoup d’entre eux ont grandi avec la division entre mouvements palestiniens, dont le paroxysme date de 2007, mais qui est toujours d’actualité.

Le Hamas avait pris cette année-là le pouvoir – suite au élection – dans la bande de Gaza, qui a conduit a une fracture avec le Fatah.

Depuis, l’Autorité palestinienne n’exerçait plus son contrôle que sur la Cisjordanie occupée, où elle a son siège à Ramallah, tandis que le Hamas maintenait un gouvernement à Gaza.

La « réconciliation »

Au printemps 2014, les deux rivaux ont signé un accord de réconciliation et formé ensemble un gouvernement d’indépendants censé diriger et la Cisjordanie et Gaza. En réalité, le Hamas semble ne rien vouloir céder de ses prérogatives, malgré l’ampleur des défis auxquels est confrontée la bande de Gaza, dévastée par la guerre de 2014, soumise au blocus de l’état zioniste et le quasi-blocus égyptien, en proie à un chômage de plus de 40 %, à l’inflation et à la récession.

La réconciliation de principe a touché le fond la semaine passée, quand les ministres du gouvernement d’union venus à Gaza pour une semaine en sont repartis au bout d’une journée.

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Le mouvement de jeunes avait appelé à plusieurs manifestations mercredi dans le quartier de Chajaya à Gaza, l’un des plus dévastés par la guerre menée par l’état zioniste en 2014. Seul le drapeau palestinien devra y être brandi, alors que les manifestations se déroulent habituellement sous une nuée de drapeaux verts, jaunes, noirs et rouges des différents partis.

Le 15 mars 2011, des manifestations similaires avaient dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité du Hamas. Le choix de manifester à Chajaya et non dans un lieu plus central de Gaza rend a priori de tels heurts moins probables.

De son côté, le gouvernement d’union a dénoncé dans un communiqué « l’interdiction faite par le Hamas aux ministres de faire leur travail à Gaza ». Il a accusé le Hamas d’« entraver » la réconciliation. « La seule garantie pour résoudre la crise née de la division, c’est de soutenir et autoriser le travail du gouvernement d’union », a-t-il martelé.

Source : avec Afp, Reuters, Agence Wafa, L’orient le Jour