La Suède reconnait l’État de Palestine, pour les États-Unis il ne faut pas s’emballer

D’après Larédac’ à 12h20 le 05 Octobre 2014

Le nouveau gouvernement de centre-gauche en Suède, représenté par le premier ministre, Stefan Löfven a déclaré reconnaître l’État de Palestine.

C’est le premier grand pays européen à franchir le pas.

L’assemblée générale des Nations Unies a approuvé la reconnaissance de facto de l’Etat de Palestine en 2012, mais l’Union européenne et la plupart des pays de l’UE n’ont pas encore « donné » une reconnaissance officielle.

Lors de son discours inaugural au parlement vendredi, Stefan Löfven a déclaré :

« Le conflit entre israël et la Palestine ne peut être résolu avec une solution à deux Etats, négociée conformément au droit international« .

« Une solution à deux Etats exige la reconnaissance mutuelle et une volonté de coexistence pacifique. La Suède sera donc reconnaître l’Etat de Palestine« .

Pour les Palestiniens, cette reconnaissance de la Suède sera un coup de pouce bienvenu lors de ses demandes pour ses exigences de droits.

Avec sa réputation d’honnête médiateur dans les affaires internationales et avec une voix influente sur la scène politique étrangère de l’UE, cette déclaration, de la Suède, pourrait bien faire que d’autres pays pourraient prêter attention aux revendications des Palestiniens, qui ont menacé de déclarer des mesures unilatérales vers l’indépendance.

Certains pays de l’UE, comme la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, avaient reconnu la Palestine, mais ils l’ont fait bien avant de rejoindre le bloc de 28 membres de l’UE.

L’ancien gouvernement de centre-droit ne voulait pas reconnaître la Palestine, sous le prétexte que les autorités palestiniennes ne contrôlent pas tout leur territoire – ici comprendre que le Hamas, qui se trouve à Gaza n’était pas une autorité légitime à leurs yeux… .

Les Palestiniens veulent un Etat indépendant en Cisjordanie et à Gaza, avec pour capitale Jérusalem-Est.

Les frontières de Gaza sont clairement définies, mais pour ce qui est de la Palestine en Cisjordanie et à Jérusalem-Est cela ne sera déterminé que par des négociations difficiles avec l’État zioniste, sur cette fameuse solution à deux Etats, qui sont actuellement suspendues.

Les États-Unis fidèle à eux-même

Comme cela était prévisible, les États-Unis ont prévenu vendredi que toute « reconnaissance internationale d’un État palestinien » était « prématurée« . La porte-parole du département d’État Jennifer Psaki a réaffirmé le « soutien » de Washington au principe d’un « État palestinien« , mais par le biais d’un processus de paix, d’une « solution négociée » et de « reconnaissance mutuelle » entre Palestiniens et Israéliens.

Les États-Unis et leur secrétaire d’État John Kerry, artisans entre juillet 2013 et avril dernier de la reprise du dialogue direct entre les deux camps, ont toujours milité pour une « solution à deux États vivant côte à côte« , a rappelé Jennifer Psaki. Mais « ce sont les parties qui doivent vouloir et pouvoir aller de l’avant« , a plaidé la porte-parole.

Le département d’État n’a pas été en mesure de dire si Stockholm avait informé Washington à l’avance de sa décision unilatérale, ni même si les Américains avaient abordé cette question avec leurs partenaires européens.

L’Union européenne avait aussi condamné vendredi la construction de nouveaux logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est, prévenant que l’avenir de ses relations avec l’entité sioniste dépendrait de son engagement pour la paix. Les États-Unis avaient aussi fermement dénoncé mercredi ce projet de construction, annoncé en plein face-à-face à la Maison Blanche entre le président Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les relations entre les deux alliés subissent un très important coup de froid depuis l’échec du processus de paix au printemps dernier et la guerre à Gaza qui a suivi.

Source : avec Reuters, The Guardian, Reuters, AFP, NY Time