L’administration d’occupation zioniste va durcir les peines contre les lanceurs de pierres

Le Premier ministre Benjamin « Bibi the King » Netanyahu a annoncé mercredi un durcissement des peines contre les lanceurs de pierres face à la multiplication des « attaques contre les citoyens et les policiers« , à l’issue d’un troisième jour de heurts sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. « Nous déclarons la guerre aux lanceurs de pierres et d’engins incendiaires » a déclaré Bibi le conquérant.

Palestiniens et policiers de l’administration d’occupation zioniste se sont de nouveau affrontés mardi sur et autour de l’Esplanade des Mosquées, au troisième et dernier jour du Nouvel an juif, malgré l’inquiétude et les appels au calme de la communauté internationale.

En ouverture d’une réunion d’urgence rassemblant plusieurs de ses ministres et des responsables de sécurité, le chef du gouvernement sioniste a annoncé « une modification des règles d’engagement (…) l’établissement d’une peine minimale pour les lanceurs de pierres et des amendes importantes pour les mineurs – et leurs parents – qui commettent ces délits« . Mais rien pour ses policiers zélés qui s’en prennent à des femmes sans défense…..

Après trois jours d’affrontements sur l’esplanade des Mosquées (« mont du Temple » pour les juifs), à Jérusalem, Benyamin Nétanyahou a convoqué un conseil de sécurité dans la soirée du mardi 15 septembre. Le chef du gouvernement israélien a averti que « tous les moyens nécessaires » seraient utilisés pour combattre ceux qui lancent des pierres ou des engins incendiaires contre les policiers ou les civils juifs. En clair, tirer à vue sera accepté….

Les violences se sont aussi étendues aux ruelles étroites de la Vieille ville, secouées par des charges répétées de la police lançant des grenades assourdissantes sur des manifestants palestiniens et arabes israéliens.

Oum Omar, 42 ans, est venue de Nazareth, la grande ville arabe du nord d’israël pour « défendre Al-Aqsa« . Pour elle, « les vrais propriétaires d’Al-Aqsa sont dehors et les voleurs sont à l’intérieur« .

Surplombant Jérusalem-Est, la partie palestinienne de Jérusalem occupée et annexée par israël, l’Esplanade abrite la Mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher qui est le troisième lieu le plus sacré de l’Islam.

Elle est aussi le site le plus saint des juifs, qui la rêve comme le mont du Temple, là où se dressait le second Temple détruit par les Romains, dont l’unique vestige est le mur des Lamentations qui est en contrebas. Des « juifs » radicaux militent pour le droit d’y prier et certains rêvent d’y construire le troisième Temple.

La visite de plus d’un millier de touristes et de juifs à l’occasion des fêtes « juives » a renforcé les craintes des Palestiniens et des autorités musulmanes qu’israël n’impose un partage de l’Esplanade : le matin pour les juifs, le reste pour les musulmans.

« Les israéliens veulent diviser l’Esplanade mais ils n’y parviendront pas« , a dit l’un des manifestants Palestiniens, Khaled Touffaha, commerçant de 46 ans. Comme tous les musulmans, « moi-même, mes enfants et mes petits-enfants sommes prêts à verser notre sang pour Al-Aqsa« , a-t-il assuré entre deux détonations. En est-il pareil pour nous tous ?

La direction Palestinienne réunie à Ramallah en Cisjordanie a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé Netanyahu de « mener une guerre féroce et implacable à Jérusalem« .

Gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, la Jordanie a, par la voix du porte-parole du gouvernement condamné, les « incursions » israéliennes sur l’Esplanade des Mosquées dénonçant une « agression flagrante contre les nations arabes et musulmanes« .

Le roi Abdallah II de Jordanie a évoqué le sujet avec les présidents palestinien Mahmoud Abbas et égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il a en outre appelé à une « position ferme » de la communauté internationale et à veiller « à l’arrêt des agressions et violations israéliennes« , lors d’un entretien téléphonique avec le président du Parlement européen Martin Schulz.

Amman, lié à l’administration d’occupation zioniste par un traité de paix, avait rappelé son ambassadeur après des heurts similaires en novembre.

Les violences ont également suscité l’inquiétude et des appels à la retenue de la part des Etats-Unis, de l’ONU et de l’Union européenne. Le Parti tunisien Ennahda a aussi condamné ces intrusions et les agressions contre la Mosquée d’Al Aqsa.

« Quand le Moyen-Orient est confronté à une puissante vague de terreur et d’extrémisme, ces graves provocations ont le potentiel d’attiser la violence bien au-delà des murs de la Vieille ville de Jérusalem« , a déclaré devant le Conseil de sécurité l’émissaire spécial de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

Le Premier ministre de l’administration d’occupation zioniste s’est toujours défendu de vouloir toucher au « statu quo », les règles tacites qui dirigent le site depuis 1967.

Elles permettent aux musulmans d’y monter quand ils le veulent et aux juifs d’y venir à certaines heures, mais pas pour prier. Cependant de plus en plus de radicaux Juifs ne respectent plus ces conditions.

Sources : Afp (Photos et carte), Reuters, Agence Wafa, Haaretz, L’orient le Jour