L’Arabie saoudite déjoue des attentats ? Et le prince héritier remplacé!

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a annoncé mardi avoir arrêté une centaine de suspects et déjoué des attentats commandités par l’état dit « islamique » (EI) dont un contre l’ambassade des Etats-Unis à Ryad.

L-Arabie-saoudite-arrete-pres-de-100-suspects-dejoue-des-attentatsAu total, 93 suspects, dont une femme, qui pour la plupart serait ou sont soupçonnés d’avoir des liens avec l’état dit « islamique » (EI) « à l’étranger« , ont été arrêtés entre la fin décembre et la mi-avril dans plusieurs régions du pays, frontalier de l’Irak où sévit l’EI, a indiqué le ministère saoudien de l’Intérieur dans un communiqué.

Les suspects avaient « atteint des phases avancées dans la préparation » de leurs attentats, a ajouté le porte-parole.

En février dernier : La Ligue Islamique Mondiale avait réuni 400 experts de « l’anti-terrorisme » à La Mecque

L’une des cellules démantelées, formée de 15 présumés partisans de l’état dit « islamique » (EI), était baptisée « Jund Bilad Al-Haramaïn » (« Soldats du pays des deux saintes mosquées »). Qui serait dirigée par un expert en explosifs, elle aurait eu pour mission de s’attaquer aux forces de sécurité, à des militaires et à des quartiers résidentiels, a-t-il poursuivi.

Selon le porte-parole, une deuxième cellule, formée de 65 membres, dont un Palestinien, un Syrien et deux apatrides, a projeté des attaques contre des quartiers résidentiels et « des opérations destinées à fomenter la sédition confessionnelle » en Arabie saoudite.

Ce royaume ultraconservateur à majorité sunnite, qui abrite les deux premiers lieux saints de l’islam, connaît des troubles dans la province orientale, où se concentre sa minorité chiite qui se plaint de marginalisation et de discrimination.

A lire : L’Arabie saoudite est devenu le premier importateur d’équipements militaires

Projets d’attentats anti-américain ?

Le porte-parole a en outre fait état d’un projet d’attentat suicide à la voiture piégée contre l’ambassade des Etats-Unis à Ryad, indiquant qu’un Saoudien et deux Syriens, arrivés dans le royaume en provenance d’un autre pays du Golfe, étaient impliqués dans le plan.

En mars, l’ambassade américaine avait fermé pendant une semaine ses services consulaires à Ryad, à Jeddah (ouest) et Dahran (est) en arguant « d’inquiétudes sécuritaires accrues« .

Une mise en garde avait aussi été émise pour les Occidentaux travaillant dans le secteur pétrolier face à des risques d’attaque ou d’enlèvement par des groupes « terroristes ».

Parmi les suspects arrêtés figurent un Saoudien qui aurait reconnu avoir fait allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’état dit « islamique » (EI), et neuf personnes qui faisaient de la propagande en faveur du groupe sur les réseaux sociaux, a encore dit le porte-parole saoudien. Une femme, membre de cette cellule, a « tenté en vain d’attirer un militaire pour l’assassiner« .

Dans son communiqué, il a appelé la population à coopérer pour « mettre en échec de tels plans criminels« , soulignant que « les forces de sécurité agiront avec fermeté contre tous ceux qui oseraient nuire à la sécurité et à la stabilité du pays« .

Dans une annonce séparée, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation près de Ryad d’un suspect, recherché pour son implication dans un attentat attribué à l’état dit « islamique » (EI), qui a coûté la vie à deux policiers. Le principal accusé, qui a tué les policiers sur les ordres de l’EI selon les autorités, avait été arrêté il y a cinq jours.

L’Arabie saoudite est membre de la coalition internationale qui mène sous la conduite des Etats-Unis des raids aériens contre l’état dit « islamique » (EI) en Irak et en Syrie, où ce groupe serait responsable d’atrocités et qui s’est emparé de larges pans de territoires.

Le royaume pétrolier, qui a livré bataille contre le réseau – (si réseau il y a ?)- « d’Al-Qaïda » responsable d’attentats meurtriers entre 2003 et 2006, a multiplié ces derniers mois les déclarations concernant la présence sur son sol de partisans de l’EI.

Lire aussi : Un nouveau gouvernement pour l’Irak et les préparatifs contre l’EI continue

Ce groupe s’est manifesté en mars au Yémen où Ryad dirige une coalition arabe, engagée contre des rebelles chiites, soutenus par l’Iran, son rival régional.

Depuis octobre, plusieurs Occidentaux ont été pris pour cible dans des attaques armées en Arabie saoudite. Parmi eux, un Danois a été blessé en novembre et les autorités ont affirmé avoir arrêté trois suspects, vraisemblablement liés à l’EI.

Le ministre de l'Intérieur saoudien, Mohammed bin Nayef,

Le ministre de l’Intérieur saoudien, Mohammed bin Nayef

Le prince héritier remplacé par « décret royal »

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a remplacé mercredi son héritier au trône, le prince Moqren, par le ministre de l’Intérieur, Mohammed ben Nayef, qui était jusqu’à présent deuxième dans l’ordre de succession, a annoncé le palais royal.

« Nous avons décidé d’accepter sa demande d’être relevé de sa fonction de prince héritier« , indique le palais royal dans un communiqué publié par l’agence de presse saoudienne.

Le prince Moqren a également été relevé de son poste de vice-Premier ministre.

Le décret précise que le prince Mohammed ben Nayef a été désigné prince héritier, ainsi que vice-Premier ministre. Il conservera ses fonctions de ministre de l’Intérieur.

Le prince Moqren, 69 ans, est le plus jeune des 35 fils d’Abdel Aziz, fondateur du royaume saoudien. Il était devenu prince héritier après la mort du roi Abdallah auquel a succédé le 23 janvier 2015 le roi Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud, 79 ans.

Le prince héritier d'Arabie saoudite remplacéUne semaine après avoir accédé au trône de la première puissance pétrolière du monde, le nouveau roi avait déjà procédé à un important remaniement gouvernemental, en limogeant notamment deux fils de l’ancien roi Abdallah, son demi-frère décédé à 90 ans. Il avait également nommé Mohammed ben Nayef comme futur prince héritier, c’est à dire deuxième dans l’ordre de succession après le prince Moqren.

Mercredi, par décret royal, l’un des fils du roi, le prince Mohammed ben Salmane, a été nommé second dans l’ordre de succession au trône. Il conserve par ailleurs ses fonctions de ministre de la Défense.

A l’occasion de ce nouveau remaniement, le palais royal a également annoncé que l’actuel ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington, Adel al-Jubeir, était nommé ministre des Affaires étrangères en remplacement du prince Saud al-Faisal qui occupait le poste depuis 1975.

La nomination du prince Mohammed ben Nayef comme héritier du trône devrait aider le nouveau roi à renforcer le contrôle de la branche Soudayri de la famille royale qui avait perdu en influence sous Abdallah.

Une foule nombreuse s’est rassemblée pour célébrer cette nomination et faire allégeance au nouveau prince.

Source : avec Afp, Reuters,Media24, Saudi Press Agency, Agence QNA (Agence qatarie), Washington Post, Arab Newsnetwork…