Le gouvernement Hadi prêt à des pourparlers avec les rebelles

Le gouvernement yéménite du président Abd Rabbo Mansour Hadi s'est déclaré prêt lundi à des pourparlers avec les rebelles sous l'égide de l'ONU pour mettre fin à près de sept mois de guerre généralisée.

Cette annonce a aussitôt été saluée par l'Arabie saoudite, pays à la tête de la coalition militaire qui aide le gouvernement à faire reculer les rebelles chiites Houthis, alliés à l'Iran, qui contrôlent depuis plus d'un an déjâ la capitale Sanaa et de vastes régions du pays.

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Cependant, les Nations unies n'ont pas encore confirmé l'acceptation formelle par les parties yéménites en conflit de ces pourparlers, ni précisé la date ou le lieu d'éventuelles discussions.

« Oui, nous avons donné notre accord pour participer » à des pourparlers proposés par l'ONU, a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole du gouvernement Rajeh Badi, ajoutant qu'ils pourraient se dérouler à Genève.

Il s'est refusé à donner toute autre indication sur les garanties que son gouvernement aurait obtenues pour engager le dialogue avec les rebelles Houthis et leurs alliés, des unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Le gouvernement Hadi exigeait jusqu'ici l'acceptation par les Houthis et leurs alliés de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU qui ordonne leur retrait des territoires conquis depuis l'an dernier, dont la capitale Sanaa, et la restitution des armes saisies à l'Etat.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen Ismail Ould Cheikh Ahmed a proposé un nouveau round de négociations de paix « dans les semaines à venir« , avait déclaré jeudi le secrétaire général adjoint des Nations unies Jan Eliasson.

A Ryad, le ministère saoudien des Affaires étrangères a rendu hommage au président Hadi pour avoir informé l'ONU de « l'entière disposition du gouvernement yéménite à (…) reprendre les consultations politiques » avec les rebelles.

Evoquant l'annonce par les Houthis de « l'acceptation de la résolution 2216« , le porte-parole du ministère saoudien a estimé que « c'est un pas dans la bonne direction pour mettre fin à la crise yéménite« , selon un communiqué cité par l'agence officielle Spa. Le président Hadi avait réuni dimanche dernier à Ryad ses conseillers politiques et des membres de son gouvernement pour les informer d'une lettre du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans laquelle il assurait que « les Houthis ont fait part de leur acceptation de la résolution 2216« , selon l'agence officielle yéménite Saba.

Cette lettre a été remise à M. Hadi par l'émissaire de l'ONU qui a été reçu dimanche par plusieurs hauts responsables saoudiens, dont le pays conduit depuis fin mars une coalition militaire arabe qui tente en vain pour le moment de réinstaller M. Hadi à Sanaa.

Une première tentative pour réunir les parties yéménites autour d'une table de négociations à Genève avait échoué en juin. En septembre, l'ONU avait affirmé avoir reçu des assurances sur une reprise prochaine des négociations, mais là encore sans suite.

Depuis mars, le conflit a fait plus de 5.000 morts et 25.000 blessés, selon l'ONU.

La quantité du pétrole présente au Yémen dépasserait celle de tous les pays du Golfe


pétrole présente au Yémen

Les provinces yéménites de Mareb, Jawf et Hadramout, détiennent une des plus importantes réserves pétrolières dans la région. Selon des études menées par des compagnies d’exploration pétrolière, la quantité du pétrole présente au Yémen dépasse celle de tous les pays du Golfe.

Ceci expliquerait les tentatives saoudiennes, menées depuis près de trois décennies, pour entraver le développement de l’économie de son voisin. Ryad interdit, jusqu’à présent, à ce pays le plus pauvre de la péninsule arabe de profiter de ses réserves pétrolières.

Un ancien dirigeant yéménite raconte au quotidien AlAkhbar, comment la compagnie de pétrole italienne Agip s’est résignée aux pressions saoudiennes. Après avoir annoncé en 1982 la découverte de champs pétroliers prometteurs à Hadramout (Est), la compagnie italienne a rapidement suspendu ses travaux au Yémen.

Chute d'un drone probablement américain au Yémen

Un drone de reconnaissance probablement américain s'est écrasé dans une province du centre du Yémen, théâtre de violents combats entre forces progouvernementales et rebelles chiites Houthis, a indiqué mardi un responsable local.

L'appareil s'est écrasé à Wadi Abida, une région de la province de Marib, à l'est de la capitale Sanaa, a ajouté le responsable, précisant qu'il s'agissait d'un des drones de reconnaissance qui suivent « les mouvements des combattants « d'al-Qaëda ».

« L'appareil n'était pas équipé de missiles« , a expliqué Moajeb al-Maribi, un dignitaire tribal de la région de Wadi Abida, sans préciser les raisons de la chute du drone. Les rebelles ont affirmé avoir « abattu » l'appareil.

« Les héros de l'armée et des comités populaires ont abattu lundi soir un drone hostile dans la région de Wadi Abida« , a rapporté l'agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis. Cette revendication n'a pu être vérifiée de source indépendante.

Seuls les Etats-Unis disposent de drones dans la péninsule arabique où ils poursuivent la chasse aux insurgés d'el-Qaëda malgré la guerre entre Houthis et forces antirebelles soutenues depuis mars par une coalition menée par l'Arabie saoudite.

Des attaques de drones ont tué ces dernières années au Yémen plusieurs dirigeants « d'al-Qaëda » qui, actif dans le sud et le sud-est du pays, a profité du chaos créé par l'escalade du conflit pour élargir son influence dans le pays.

L'état dit « islamique » aurait également multiplié ses attaques au Yémen ces derniers mois.

Sources : Agence Spa, Afp, Reuters, L'orient le Jour