Le pape adresse une lettre au G20 concernant l’EI

D’après Larédac’ à 22h40 le 12 Novembre 2014

Le pape François a appelé mardi, dans une lettre adressée au prochain G20 en Australie, à faire pression contre les soutiens desdits « djihadistes » au Moyen-Orient, mais aussi à lutter contre un système économique d’exclusion qui favorise le recrutement de terroristes. « Le monde entier attend du G20 un accord toujours plus large qui puisse mener, à travers le système légal des Nations unies, à un arrêt définitif de l’agression injuste au Moyen-Orient à l’encontre de différents groupes, religieux et ethniques, y compris les minorités« , écrit-il dans cette lettre adressée au Premier ministre australien Tony Abbott, hôte du sommet organisé à Brisbane les 15 et 16 novembre.

Faisant référence à la poussée en Syrie et en Irak de l’état dit « islamique » (EI), le pape argentin estime que « la solution ne peut être exclusivement de nature militaire » et explique qu’il faut avant tout mettre fin au soutien que les groupes terroristes reçoivent à travers « l’appui politique, le commerce illégal du pétrole ou la fourniture d’armes et de technologies« .

Dans sa lettre, le pape exhorte les participants à ne pas se contenter de « déclarations de principe » et rappelle aussi que l’exclusion économique et sociale, en particulier le chômage des jeunes, favorise « l’activité criminelle et même le recrutement de terroristes« . Le pontife argentin dénonce aussi des « formes d’agression moins évidentes, mais tout aussi réelles et graves« , en particulier les « abus du système financier« .

C’est la deuxième fois que le pape François envoie une lettre avant un sommet du G20. Lors de celui de Saint-Pétersbourg en septembre 2013, il avait écrit au président russe Vladimir Poutine pour inviter les États membres du G20 à « abandonner la poursuite futile d’une solution militaire » au conflit en Syrie. Le pape y évoquait la situation économique et sociale mondiale et condamne les inutiles massacres au Moyen-Orient, lançant un appel contre toute solution armée.

À l’époque, Washington et Paris avaient envisagé des frappes contre le régime du président Bachar el-Assad après une attaque chimique près de Damas qui avait fait plusieurs centaines de morts (1429 d’après les États-Unis).

Source : avec Afp, Reuters