Le représentant au Liban du mouvement du Jihad islamique en Palestine s’exprime sur la situation à Gaza

D’après Larédac’ à 18h45 le 25 Juillet 2014

Pas un jour ne passe sans qu’une manifestation ne se déroule dans les camps palestiniens au Liban pour soutenir la résistance à Gaza. Toutes les générations sont là : des enfants aux vieillards, en passant par les jeunes, les camps palestiniens sont en ébullition et suivent heure par heure le déroulement des affrontements militaires dans Gaza, les affrontements dans al-Quds et dans les camps de réfugiés en Cisjordanie. Dès les premiers jours, les organisations de jeunesse liées aux formations combattantes ont organisé des collectes pour secourir les civils et « aider à l’armement » de la résistance.

Abu ‘Imad Rifa’î, représentant au Liban du mouvement du Jihad islamique en Palestine, a répondu aux questions du journaliste d’al-Thabat, hebdomadaire d’information au Liban.

Voici des extraits des réponses :

« Jusqu’à présent, les réactions à l’agression sioniste ne sont pas à la mesure de ce qui se passe. Des familles entières ont été ciblées par l’ennemi et les enfants sont massacrés pour faire pression sur la résistance et l’obliger à cesser le feu, sans qu’il paie le prix de son agression et pour revenir à l’équation existante avant l’agression. Il est vrai que d’importants mouvements ont eu lieu dans quelques capitales arabes et européennes, mais la rue arabe efficace comme en Egypte et les capitales de la décision arabe, est encore absente. La rue palestinienne, en Cisjordanie ou dans les camps de réfugiés, est en mouvement, des protestations quotidiennes sont organisées et se développent en fonction du cours de l’agression. Notre peuple a besoin aujourd’hui de tout le monde, dans le monde arabo-musulman ou en Occident, car cela peut contribuer à renforcer la position palestinienne résistante et faire face aux pressions.

La résistance en Palestine est le dernier bastion des révolutions arabes. Ce qui s’est passé, au cours des dernières années dans le monde arabe a pour objectif de voler les révolutions des peuples arabes et de changer l’orientation de ces révolutions, qui voulaient se libérer de la soumission, vers des luttes intestines. Cela a été mené par des parties de ce système arabe craignant sur leur sort et l’administration américaine qui a craint de perdre ses intérêts et son contrôle de la région, et qui craint pour la survie de l’entité sioniste. Etant donné que la Palestine fut en permanence le principal détonateur de la rue arabe, il s’agit de tenter de supprimer la résistance, que ce soit en lui assénant des coups directs à travers le bras sioniste, comme ce qui se passe à Gaza, ou en l’entraînant dans des conflits internes susceptibles de la ternir.

C’est pourquoi je dis aux peuples arabes : Si Gaza, que Dieu nous en garde, est supprimé, aucun peuple arabe ne jouira de liberté, des régimes encore plus inféodés à l’Occident et plus liés au projet sioniste verront le jour.

L’évolution la plus importante dans cette guerre est que toutes les villes et colonies de l’ennemi sioniste sont sous les tirs des fusées de la résistance. La capitale de l’ennemi est quotidiennement frappée. Il est vrai que l’ennemi commet des massacres épouvantables et que les fusées occasionnent relativement peu de dégâts, mais l’ennemi vit dans la peur, il subit des pertes économiques, le tourisme a été arrêté, ainsi que le trafic aérien, la bourse, etc. Ce sont des pertes réelles et non seulement psychologiques. Evidemment, chaque goutte de sang palestinien équivaut pour nous à toute l’entité sioniste, mais il n’est pas vrai que les fusées de la résistance sont vaines, comme veulent le présenter certains. Il suffit que la résistance a fait de l’entité sioniste une scène de guerre gémissante.

Notre peuple palestinien veut que cette guerre se termine d’une seule manière : la levée du blocus contre Gaza, totalement et définitivement.

Nous avions répondu dans la passé à toutes les demandes de trêve, et à chaque fois, l’ennemi rompait cette trêve, mais nous n’avions entendu aucune protestation. Pourquoi nous demander à chaque fois d’être les cibles des tueries ? Cette fois-ci, nous refuserons la fin de la guerre sans la levée du blocus. Pour notre peuple, il n’y a pas de différence entre le fait d’être tué d’un coup ou par étapes, d’être tué par les avions ou par le blocus !

Dans les camps palestiniens, notre peuple palestinien est convaincu que la résistance est sa seule garantie pour le retour, et compter sur tout autre relève du mirage.

Nous disons à notre peuple que la résistance à Gaza, c’est vous, les fils des camps et des martyrs tombés pour le retour. Notre peuple dans les camps sait que c’est la résistance qui s’accroche au droit au retour, car si elle avait accepté de régler cette question au détriment des réfugiés, toutes les capitales lui auraient été ouvertes. C’est pourquoi notre peuple dans les camps doit protéger la résistance, qui est leur avenir.

Dès les premiers jours de l’agression, notre peuple dans les camps s’est mobilisé et plusieurs manifestations ont eu lieu, tout cela exprime une seule vérité : notre peuple palestinien est accroché à son droit au retour, malgré toutes les souffrances qu’il vit dans les camps. C’est pourquoi les Etats qui ont accueilli les réfugiés, et même tous les Etats arabes et islamiques, doivent soutenir notre résilience dans les camps, seule garantie pour réaliser notre retour et faire échec aux projets d’installation définitive ailleurs qu’en Palestine. La reconnaissance des droits humains et sociaux pour notre peuple dans les camps renforce leur droit au retour, malgré ce qu’en disent certains. Quiconque souhaite le retour du peuple palestinien à sa terre doit protéger sa résistance et soutenir la résilience de notre peuple dans les camps, en reconnaissant ses droits légitimes. »