l’EI perd du terrain dans la province d’Al-Anbar en Irak

Les combattants de l’état dit « islamique » (EI) ont perdu du terrain dimanche face à l’armée irakienne dans la vaste province occidentale d’Al-Anbar en se retirant de plusieurs localités, ont indiqué des sources militaires et des responsables locaux.

 

L’EI aurait ordonné à ses combattants de se retirer de Hit, Routba et Kubaissa, permettant ainsi aux habitants de goûter à leurs premières heures de liberté depuis des mois.

 

«La majorité des combattants de -daech- à Hit, Routba et Kubaissa ont fui par le désert vers d’autres régions», a indiqué à l’AFP un porte-parole militaire, Yahya Rassoul, utilisant l’acronyme arabe de l’EI.

 

Hit, qui se trouve à 145 km environ à l’ouest de Bagdad, est la dernière de ces trois localités à avoir vu les combattants de l’EI – désignés de « djihadistes » – déserter.

 

Kubaissa est une petite localité à l’ouest de Hit tandis que Routba est un avant-poste dans le désert sur la route vers la Jordanie.

 

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«Une opération est en cours pour les traquer (les combattants de l’EI) grâce à l’aviation irakienne», a affirmé M. Rassoul, porte-parole du commandement des opérations conjointes qui combat l’EI dans le pays.

 

Hit «est encerclée par les forces irakiennes par le nord et le sud», a-t-il dit.

 

Selon des témoins et des responsables, des chefs de l’EI ont fui cette ville en essayant de se fondre parmi les civils après s’être rasés la barbe.

 

«Hier il ne restait plus aucun rasoir dans le marché de Hit», a indiqué à l’AFP un habitant.

 

Les forces gouvernementales doivent encore pénétrer dans la ville et les combattants des tribus locales attendent l’ordre de Bagdad pour lancer leur assaut.

 

«La décision de reprendre le contrôle de Hit doit venir des responsables des forces de sécurité», a affirmé Naim al-Kaoud, le chef d’une tribu locale.

 

 

L’armée irakienne se déploie sur la ligne de front dans le désert d’al-Anbar en Irak, le 9 mars 2016
(L’armée irakienne se déploie sur la ligne de front dans le désert d’al-Anbar en Irak, le 9 mars 2016 – Photo de Ahmad Al Rubaye / AFP)

 

En perte de vitesse?

 

Des habitants contactés par l’AFP ont indiqué qu’il n’y avait plus de djihadistes visibles à l’intérieur de la ville mais aucune source de sécurité ne pouvait confirmer dans l’immédiat cette information.
Un autre habitant s’est réjoui d’avoir pu allumer une cigarette. «Les jeunes fument dans la rue et sont à nouveau vêtus de leurs habits normaux», a-t-il décrit sous couvert d’anonymat.

 

 

«Il y a des femmes dans la rue sans le niqab pour la première fois» depuis que la ville est tombée entre les mains de l’EI en octobre 2014, a-t-il ajouté.

 

Ce revers, s’il se confirmait, serait un cas rare de recul des combattants de l’état dit « islamique » (EI) sans forte pression militaire, suggérant peut-être une crise des effectifs au sein de l’organisation extrémiste sunnite.

 

«daech s’est complètement retiré de Routba et a pris la direction d’Al-Qaïm», a précisé à l’AFP un général de l’armée, en référence au bastion djihadiste situé à la frontière avec la Syrie, dans le nord de la province d’Al-Anbar.

 

 

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«Daech s’est retiré. Il n’y a plus aucun homme armé ici», a confirmé Imad Ahmed, le maire de cette ville située à 390 km à l’ouest de Bagdad. Ce repli est, selon lui, «une conséquence» de la perte de vitesse de l’EI dans la province d’Al-Anbar qui s’est matérialisée par la perte de Ramadi, chef-lieu provincial, en décembre.

 

Les forces de sécurité irakiennes continuent depuis à sécuriser les zones se trouvant à l’est de Ramadi dans le but d’isoler le bastion des combattants de l’état dit « islamique » (EI) de Fallouja situé à seulement 50 km de Bagdad.

 

Des informations circulent selon lesquelles l’EI recruterait de force des enfants pour tenir les checkpoints des localités sous son contrôle alors que les hommes sont envoyés au combat.

 

Les efforts de l’armée irakienne sont soutenus par les frappes aériennes de la coalition internationale conduite par les États-Unis.

 

 

 

Un cadre de l’EI capturé par les forces spéciales US

archives reuters, IrakUn responsable américain de la Défense a rapporté qu’un cadre de l’état dit « islamique » (EI) a été fait prisonnier par les forces spéciales américaines déployées en Irak.
Le responsable a confirmé des informations de CNN et du New York Times selon lesquelles un responsable « significatif » de l’EI avait été capturé en Irak par une unité des forces spéciales américaines. Cette unité a été déployée il y a quelques semaines par Washington, pour mener des « raids » contre les responsables l’état dit « islamique » (EI) et autres groupes désignés de « djihadistes » en Irak et en Syrie.
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Il s’agit de collecter du renseignement auprès des djihadistes arrêtés, et de désorganiser le groupe extrémiste en faisant planer une menace directe sur sa hiérarchie. Selon le responsable américain, le prisonnier est en cours d’interrogatoire par les forces spéciales américaines. « Nous obtenons de bonnes choses » de sa part, a-t-il indiqué.
Selon le New York Times, qui cite des sources anonymes au Pentagone, le cadre de l’EI arrêté est interrogé « dans un lieu de détention temporaire à Erbil en Irak ». L’intention est ensuite de le remettre aux autorités irakiennes ou kurdes, mais les interrogatoires par les Américains pourraient « prendre des semaines ou des mois », selon le quotidien.
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Un responsable de la Défense américain interrogé par l’Agence France-Presse a souligné en tout cas que l’armée américaine « ne reprendrait pas » la responsabilité de détenir des prisonniers à long terme. « Nous avons un accord avec le gouvernement irakien. Si nous capturons des responsables de l’état « islamique » (EI) nous les leur transférons » a-t-il déclaré.
La détention de des combattants (et autres désignés de « djihadistes ») par les autorités militaires américaines depuis 2002, dans la prison de Guantánamo, est devenue un casse-tête politique et juridique pour l’administration américaine. Le président Obama s’était engagé dans sa première campagne présidentielle à fermer le camp de prisonniers, mais ne paraît pas en mesure – de façon volontaire ou pas –  de tenir sa promesse, au terme de deux mandats à la Maison-Blanche.
Selon le New York Times, l’unité des forces spéciales chargée de mener les raids contre les désignes « djihadistes » compte 200 hommes et est constituée principalement de très discrets commandos Delta, une unité d’élite américaine spécialisée dans les missions antiterroristes.

 

 

Sources : Afp, Reuters, Associated Press, CNN, NY Times, L’orient le Jour