Les Droits de l’Homme : Les Droits humains de la femme sont-ils compatibles avec l’Islam

D’après Abdoullah Ibn Adam à 09h28 le 6 Août 2013
           

Beaucoup voient l’Islam comme une religion d’intolérance où la femme n’a pas son mot à dire où la cuisine est son foyer. Alors pour rétablir à notre façon la vérité, nous avons pensé mettre en parallèle les droits de l’Homme et notre belle religion. Est-ce qu’il y a vraiment de grandes différences ?, Est-ce que l’Islam est vraiment cette religion archaïque et barbare qui met la femme sous la servitude de son mari comme aime le dire les médias ? Ou encore est-ce que tous les maux de l’Islam sont-ils dus principalement à une mauvaise connaissance religieuse des musulmans eux-mêmes ce qui ferait des compréhensions actuelles de notre religion indiscutablement notre faute. Nous allons donc essayer de voir quel regard porte notre religion sur les droits humains et plus particulièrement sur les droits humains de la femme.
Tout d’abord il nous faut revenir à l’essence même de l’Islam, notre religion est une religion universelle qui a été révélée pour l’humanité entière. Cette religion prône les principes d’égalité, de fraternité ainsi que de justice sociale et ceci sans distinction aucune sur la race, la couleur, le sexe, l’ethnie ou la nationalité. Ces mêmes principes se retrouvent, avec quelques variantes avec la religion, dans les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui ont été adoptés à l’Assemblée Générale de l’O.N.U le 10 décembre 1948. En effet le Dr Fawzia Al Ashmawi, professeur et expert en études islamiques, après avoir lu ses principes en ressort trois articles de la Déclaration qui serait en incompatibilité avec les principes fondamentaux :

  • Article 2 : Cet article affirme que les êtres humains sont égaux en droits (sans distinction de sexe) alors que l’Islam préconise une « complémentarité » et accorde à l’homme une prééminence sur la femme quant à l’héritage puisque la part d’un homme vaut celle de deux femmes.
  • Article 16 : Cet article déclare assurer le droit des hommes et des femmes à choisir librement leur conjoint. Ici l’Islam aussi diffère puisque la femme ne peut se marier qu’avec un musulman alors que l’homme a le droit de se marier avec une non-musulmane.
  • Article 18 : Et enfin la Déclaration garantit à tout être humain le droit de choisir sa religion ainsi que le droit d’en changer, ici l’Islam est très clair. Une fois entré il n’est pas permis de changer de religion.

Donc comme nous avons pu le voir, mis à part ses 3 articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, qui en compte 27, l’Islam est en adéquation avec celle-ci. Nous pouvons aussi dire que les Droits humains de la femme sont compatibles eux aussi avec l’Islam.D’après le Dr Fawzia Al Ashmawi l’Islam incarne bien l’égalité entre l’homme et la femme. En effet toujours selon elle, des versets évoquant « ce discours coranique adressé à l’humanité tout entière, voire aux hommes et aux femmes, en utilisant le concept de « An-Nass » (les gens), utilisé dans le but de mettre l’accent sur l’égalité originelle de tous les êtres humains, comme c’est expliqué dans le verset : « O, les gens, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et nous avons désigné en nations et tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Oui, le plus noble des vôtres, auprès de d’Allah, c’est le plus pieux. Allah est certes omniscient et grand connaisseur.(sourate 49-verset 13)« . Le Dr ajoute que « le Coran préconise l’égalité entre homme et femme, en tant qu’être humains issus d’une seule âme, jouissant de la même dignité humaine, ayant les mêmes droits mais des rôles complémantaires ». En effet Allah nous dit dans son Saint Livre : « ….Elles (les femmes) ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prééminence sur elles » (sourate 2-verset 228). Il faut bien noter que cette prééminence ne doit pas être considéré comme une supériorité mais plutôt comme le signe d’une hiérarchie de l’homme dans sa famille (l’homme devra rendre des comptes sur l’intégralité de la vie familiale) ou dans la société puisque l’homme est le chef de famille, la femme est la gérante familiale et les décisions familliales sont, normalement, prisent sur consultation des deux parties donc d’égalité : « Leurs affaires sont gérées selon le principe de la consultation (shura). (sourate 42-verset 38). Allah a fait de l’homme et la femme une complémentarité et le verset qui suit confirme cela : « En vérité, Je ne laisse perdre l’oeuvre d’aucun parmi vous, homme ou femme, car vous étes les uns des autres. » (sourate 3-verset 195).
Passons maintenant au sujet de l’instruction dans l’Islam et tout particulièrement la position des femmes sur ce sujet. L’Islam n’interdit pas à la femme d’aller à l’école, de s’instruire, de suivre des formations, ni de travailler etc… En effet l’Islam condamne l’ignorance « l’instruction est une obligation pour tout musulman » selon notre Prophéte bien-aimé (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Malheureusement ceci n’est pas du goût de tous les frères qui mélangent leurs traditions, leurs machismes pour faire assoir leur dominance sur les femmes, en effet le Dr stipule que « les hommes musulmans avaient privé les femmes musulmanes de leurs droits à l’instruction et au savoir; ils ont de tout temps veillé à reproduire dans leurs rapports avec elles, consciemment ou inconsciemment, des fonctionnements liés à la tradition, à la culture, aux moeurs et coutumes de leurs ancêtres. Ce qui explique aujourd’hui que de nos jours le taux d’analphabétisme est très élevé parmi les femmes dans les pays dits islamiques. En dépit de toutes les affirmations solennelles du Coran en ce qui concerne les droits des femmes et l’égalité des sexes, force est de constater que dans la pratique la femme musulmane continue de subir de nombreuses contraintes en terre d’Islam. À travers les siècles, les hommes musulmans ont contourné les prescriptions coraniques à leur profit et ont privé les femmes du statut privilégié qui leur est octroyé dans le Coran ».
En conclusion nous avons pu voir que l’Islam est égalité pour tout être humain et ceci homme ou femme. Que ces dits êtres humains ont le droit à la vie et à la dignité humaine sans concessions et sans préjugé. Et c’est bien ce que préconise le Coran par un éventail de principes tels que les principes d’égalité, de fraternité, de justice sociale mais aussi de l’élimination de toutes les formes de discriminations raciale, tribale, ethnique, sexiste ainsi que de nationalité ou de couleur et tout cela créé des principes humanistes. Pour ceux ou celles qui penseraient que cela n’est jamais arrivé nous rappelons que notre Prophète Mohammed (Prière et salut sur lui) a appliqué ces différents principes dans la ville de Médine, en effet après consultation et délibération avec les trois communautés de la ville de l’époque (juifs, chrétiens et musulmans), a réussi à mettre en place un traité garantissant les mêmes droits pour tout le monde. Un document authentique existe encore de nos jours, celui-ci est appelé « Sahifat Al-Madina » est serait considéré par les historiens comme la première constitution d’un véritable État islamique car ce document concrétise des principes fondamentaux de savoir-vivre ensemble : l’égalité, l’équité, la justice sans distinction ni de race, ni de religion, ni d’ethnie, ni de sexe, ni de couleur. Ce sont d’ailleurs ces mêmes principes qui ont fait la grandeur historique de l’Islam. 
Donc on peut dire sans exagération aucune que l’Islam, malgré ces 14 siècles, est bien compatible avec les droits de l’Homme « moderne » et qu’encore une fois c’est l’homme religieux qui corrompt ce qu’Allah a donné comme bienfait à l’humanité. Ces principes fondamentaux que tout être sur cette terre est en droit de réclamer.
[Note spéciale concernant le voile islamique] : 
Nous profitons de ce dossier pour faire un rappel sur le voile islamique, celui-ci est bien une prescription écrite dans le Noble Coran, toutefois il n’est pas une condition pour être musulmane. Il n’est pas non plus, comme souvent nos détracteurs aiment le faire entendre, un signe de soumission à l’homme mais une prescription religieuse liée à une tradition et à un mode de vie spirituelle propre aux Musulmans. Par ce tissu les femmes émancipées cherchent à s’épanouir dans la société et à satisfaire leur Seigneur en restant fidèles à leurs convictions religieuses.
Source : Ladeclarationdesdroitsdel’Homme, Al Qur’an, ThéseduDrFawziaAlAshmawi