Les Palestiniens ont marqué dix ans de mobilisation contre le « mur de la honte »

D’après larédac à 18h19 le 02 Mars 2015

Des centaines de manifestants ont tenté vendredi, comme depuis dix ans exactement dans le village palestinien de Bilin, d’atteindre le mur de séparation érigé par l’état zioniste le long de la Cisjordanie occupée, et ont été repoussés par des projectiles anti-émeute des forces d’occupation.

Sous une nuée de drapeaux palestiniens, au son des chants patriotiques diffusés par haut-parleurs, des militants palestiniens, israéliens et étrangers ont convergé vers le mur derrière lequel étaient postés des dizaines de soldats de la force occupante zioniste, casqués et armés. Venus d’une colonie située juste derrière le mur, comme à leur habitude, ces derniers ont chargé la foule.

Pendant une heure et demie environ, suivant un scénario éprouvé depuis dix ans, des jeunes armés de frondes sont descendus vers le mur pour lancer des pierres sur les soldats, qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, sous le regard de militants brandissant leurs drapeaux au milieu d’un champ où se trouvaient encore des grenades tirées les vendredis précédents.

Plusieurs militants ont été interpellés alors que des personnes suffoquant et au moins une blessée à la tête ont été évacuées en ambulances, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Bilin s’est fait connaître à l’étranger par cette mobilisation hebdomadaire. En 2011, l’état zioniste a été forcé de déplacer le mur de trois kilomètres afin de restituer aux villageois leurs terres agricoles, situées du côté palestinien de la ligne de démarcation (Ligne verte) et sur lesquelles Israël avait empiété pour ériger cette barrière censée le protéger des attentats.

Dix ans après, Adib Abou Rahma, leader de la mobilisation pacifique à Bilin, a dit qu’il comptait étendre ce mouvement. « Ici, on a prouvé que, quand on est unis, on peut gagner. Désormais, il faut étendre la lutte contre le cancer des colonies qui se développe« , a-t-il dit, tout en exhortant les jeunes à ne pas lancer de pierres sur les soldats.

Le dirigeant palestinien Mustapha Barghouthi, de toutes les manifestations, a salué Bilin comme « un exemple de résilience et de réussite car, ici, nous avons forcé Israël à reculer son mur« .

A Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, des violences ont eu lieu en marge de l’anniversaire de la mort de 29 Palestiniens, tués par un extrémiste juif en février 1994 alors qu’ils priaient au Caveau des patriarches.

Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le territoire palestinien occupé (Requête pour avis consultatif) 9 juillet 2004 – Texte complet ou le Résumé de l’avis consultatif du 9 juillet 2004

Palestiniens et soldats de la force d’occupation s’affrontent à Hébron

Palestiniens et soldats de la force d’occupation zioniste se sont donc affrontés vendredi à coups de pierre et de grenades assourdissantes à Hébron en Cisjordanie lors d’une manifestation contre l’occupation israélienne et la fermeture d’une partie du centre réservé aux colons, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Plusieurs centaines de Palestiniens ont défilé après la prière musulmane du vendredi, comme chaque année à cette époque, en réclamant la réouverture de la rue Al-Shouhada (martyrs en arabe), qui était autrefois une des rues commerçantes les plus actives de la région mais qui a été fermée par les autorités zionistes.

La manifestation a rapidement dégénéré en heurts entre une partie des manifestants, lançant des pierres et de puissants pétards, et les soldats israéliens qui ont riposté par des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Une partie du centre historique en particulier, le long de la rue Al-Shouhada, a été transformée en camp retranché protégé par des miradors et du fil barbelé.

La manifestation annuelle de vendredi marquait l’anniversaire du massacre commis le 25 février 1994 au fusil d’assaut par l’extrémiste israélo-américain Baruch Goldstein qui a tué 29 fidèles musulmans en prière dans le tombeau des Patriarches (la mosquée d’Ibrahim pour les musulmans), sacré à la fois pour les juifs et les musulmans. Baruch Goldstein avait ensuite été battu à mort.

La rue Al-Shouhada, menant au tombeau des Patriarches, a été fermée par les autorités zionistes après ce massacre et est depuis une rue fantôme. Par contagion, des rues entières d’échoppes palestiniennes ont tiré le rideau. 520 magasins ont ainsi fermé, selon les organisateurs de la manifestation.

Les manifestants ont aussi exprimé leur opposition à une éventuelle visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Hébron avant les législatives du 17 mars. La possibilité d’une telle visite a été évoquée dans la presse israélienne mais n’a jamais été confirmée. Les colons sont un électorat courtisé par la droite zioniste (donc extrême droite).

Source : avec AFP, Reuters, Agence Wafa, Haaretz, L’orient le Jour