Les Rohingya(s) : Minorité musulmane de Birmanie (partie 1)

Reconnue comme « une des minorités les plus persécutées au monde » par l’ONU.

D’après Dr Mansour pour TEPA le 1er Juillet 2013

Les Rohingya –sans S final, comme le préconisent les orthographes les plus anciennes, principalement- sont localisés dans le nord de la province d’Arakan(a), cette population musulmane de confession, subit les réprimandes et discriminations du gouvernement Birman et cela depuis l’indépendance du pays et le rattachement de l’état d’Arakan à la Birmanie en 1948(b) – (4 janvier 1948, quittent le Commonwealth britannique).

L’Islam (principalement sunnite) est pratiqué par 4 % de la population selon les autorités. 

Alors que le rapport des libertés religieuses internationales de 2006 du Secrétariat d’État des États-Unis, dénonce que les populations non-bouddhistes ont été sous-estimées dans ce recensement. Les dirigeants musulmans estiment que 20 % de la population est/ou serait musulmane. Les musulmans se composent d’ethnies diverses : Indiens, Indo-Birmans, Persans, Arabes, Panthays et Rohingya. C’est dernier sont de langue indo-européenne proche du bengali ; distinguent des Arakanais qui sont de langue lolo-birmane et bouddhistes.

Avant même d’exposer l’actualité des persécutions (des populations musulmanes et chrétiennes) que subit ce peuple depuis des décennies (tout comme les Ouïgours en Chine), revenons sur près de cinq millénaires d’histoire de cette province.

  • (a) Arakan : région indépendante du Myanmar (Birmanie : ce nom dérive du nom « Bama » / « Bamar » ou « Bamah », qui est le plus grand groupe ethnique. En tant que tel, il n’est pas inclusive pour les groupes minoritaires.
  • (b) faire un parallèle avec la Palestine est légitime, du point de vue des propagandes similaires des était oppresseurs…

Les chroniques indiennes datent les royaumes d’Arakan vers le IIIe millénaire (vers 2700) avant JC. Et que son premier roi serait d’origine indienne (c) … Malgré un certain flou suite a une longues liste de rois et de récits légendaires, comme la tradition indienne nous a accoutumé,  ces chroniques relèvent de faits réels mais sublimés et mythifiés pour la circonstance et les styles littéraires …

Toutefois, la constitution du royaume et de ses capitales successifs on permit une historicité tumultueuse de l’Arakan, avec une consolidation vers le IIe siècle après JC.

La fondation de la capitale Dhannavati (l’actuelle Dhanyawadi) qui se perd dans la nuit des temps, serait la plus ancienne capitale d’Arakan.  Cependant trois citéfurent érigées sur le même site, dont Dhannavati fut la dernière en date !

Suivant la tradition arakanaise c’est la roi Candra Curiya (Sanda Thuriya) qui fonda cette cité vers au VIe siècle avant J.C. (d’après d’autres spécialistes cela se serait produit en 146 après J.C.)Mais c’est à la 26éme année de son règne que le bouddhisme fut introduit sois en 554 avant J.C. (d)

Vesali (l’actuel village de Wethali) fut la seconde capitale, fondée en 327 après J.C., ce situent entre deux riviéres (le Kaladan et le Lemro) à 20 km de Dhannavati.

L’inscription dite d’Anacandra, datée de 729 après J. C. est la plus ancienne trace écrite connue en Arakan, elle nous conte l’histoire du roi Dvancandra (370-425 après J. C.) qui « restauré (construit ou reconstruit) une cité ornée d’un mur d’enceinte et d’un fossé ». Cette cité qui a révélé des sculptures de style Gupta (une dynastie qui a régné sur le nord de l’Inde du milieu du III siècle à 535) et qu’on peut dater du V siècle. 

Les fouilles archéologiques effectuées dans les années 1980 ont révélé plusieurs constructions en brique, puis d’objets en pierre et en bronze. Le site remonterait à une période entre les VIe et Xe siècles. Malgré les nombreux artefacts sortis de terre, il ne reste pas grande trace des monuments et bâtiments de la cité en elle même ; au vu des immenses amas de briques disséminées et qui servit au remblaiement des chemins du village actuelle (e)

C’est durant cette période du IXe au XIe siècle que l’Islam s’implanta dans l’Arakan,qui s’avère être une période de troubles pour la région … Mais nous verrons cela dans la seconde partie de notre article si présent …

(Ci-dessus : Mrauk-U capitale Arakanaise 1430-1784)

 

Une 3eme grande capitale Mrauk-U (aujourd’hui Myohaung ; qui signifie : ancienne cité), date d’une période allant du XV au XVIII siècle. Le roi Min Saw Mun, après un exil de 20 ans, auprès du sultan musulman de Gaur. Il avait fui, en 1404, à la suite d’une invasion birmane mener par un prince du Royaume d’Ava. Revint en 1428 avec l’aide et le soutient de son protecteur et après avoir choisi un emplacement bien protégé, il fonde sa capitale Mrauk-U (f)…

Elle restera la grande capitale du royaume arakanais de 1430 à 1784. Petite remarque c’est dès ce moment que les souverains arakanais portèrent des noms musulmans…

Aujourd’hui, otrouve des vestiges de postes fortifiés sur les collines entourant le site.

      

(Mosquée Jami Masjid-Gaur (Bingale) )

A suivre : en partie 2 ; les religions, invasion britannique etc. etc…. Incha Allah.

  • (c) réf. : Sir A PPHAYRE : “History of Burma including Burma Proper, Pegu, Taungu, Tenasserim and Arakan” premiere édition 1883, 2em edition 1967 à Londre Pages 42-43
  • (d) réf. : Guide de Myauk-U, Sittwe-Rangoon – 1988 (petite brochure en birman, écrite par 9 spécialistes arakanais, rappelant les faits historico-légendaires de la tradiction arakanaise. Traduit par Yin Yin Myint (enseignante)
  • (e) : Plan du site
  • (f) : S. COLLIS ; « The city Of Golden Mrauk-U in 1630 A.D » Journal Burma Researc Society Vol. 13 (1923)

 

Mots-clés : Histoire, Rohingya, Dr Mansour, Islam