L’État sioniste a condamné la décision historique de la Suède

D’après Larédac’ à 10h35 le 08 Octobre 2014

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a condamné la décision de la Suède et déclaré : « Si ce qui inquiète le Premier ministre suédois lors de sa prestation de serment est la situation au Moyen-Orient, il devrait alors se concentrer sur les problèmes bien plus brûlants qu’il y a actuellement dans la région comme par exemple les massacres quotidiens qui ont lieu en Syrie et en Irak« .

Le directeur général adjoint pour l’Europe au ministère, Aviv Shir-on, a exprimé auprès de l’ambassadeur Carl Magnus Nesser les protestations et la « déception » israéliennes devant la décision annoncée vendredi par le nouveau Premier ministre suédois Stefan Löfven.

Cette annonce « ne contribue pas à l’amélioration des relations entre Israël et les Palestiniens, mais au contraire à leur détérioration« , a dit Aviv Shir-on à son hôte, selon le ministère. Elle « réduit les chances de parvenir à un accord en suscitant chez les Palestiniens l’attente irréaliste qu’ils peuvent atteindre leur objectif de manière unilatérale, et non pas à travers des négociations avec Israël« , a-t-il ajouté.

L’État sioniste trouve « étrange » que le Premier ministre suédois se soit concentré sur la question palestinienne dans son discours de politique générale alors que la région est confrontée à des guerres et des « atrocités quotidiennes« , a-t-il encore déclaré.

Sollicitée par l’AFP, l’ambassade de Suède ne s’est pas exprimée sur la rencontre.

Stefan Löfven a affirmé vendredi qu' »une solution à deux Etats (israélien et palestinien coexistant côte-à-côte) suppose une reconnaissance mutuelle et la volonté d’une coexistence pacifique. C’est pourquoi la Suède va reconnaître l’État de Palestine« .

La décision de la Suède, saluée par les dirigeants palestiniens, survient à un moment où les efforts menés depuis des décennies pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien sont dans une profonde impasse.

Le négociateur en chef palestinien Saëb Erekat a aussitôt salué la décision « courageuse » annoncée par la Suède et a appelé les autres pays de l’Union européenne à suivre cet exemple.

« Nous saluons l’annonce faite par le Premier ministre suédois« , a-t-il dit à l’AFP, « nous espérons que tous les pays de l’Union européenne prendront la même décision courageuse et remarquable que la Suède puisqu’il n’existe aucune raison de ne pas reconnaître l’Etat de Palestine« .

« Le moment est venu pour le monde entier de reconnaître l’Etat de Palestine« , a dit à l’AFP un porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

Et le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a salué l’engagement « historique » de la Suède en faveur de la liberté, de la dignité et des droits de l’Homme.

Une avancer vers plus de reconnaissance …

Selon un décompte de l’AFP, au moins 112 pays ont reconnu « l’État de Palestine ».

D’après l’Autorité palestinienne, ils seraient 134, dont sept membres de l’Union européenne : la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre.

Le nouveau gouvernement suédois formé vendredi, qui allie sociaux-démocrates et Verts, est plus favorable à la cause palestinienne que le précédent, qui suivait la ligne des grands pays d’Europe de l’Ouest sur la question.

La reconnaissance de « l’État palestinien » et le soutien « actif au travail de réconciliation » sont cités dans le programme de gouvernement du parti social-démocrate, qui souhaite également que « les crimes de guerre d’Israël soient examinés et l’occupation de Gaza levée« .

Le Premier ministre n’a pas précisé si la reconnaissance par Stockholm de « l’État palestinien » serait soumise au vote du Parlement, où le gouvernement est minoritaire.

Source : avec Afp, Reuters, Haaretz