L’État sioniste accusé d’avoir mené deux raids contre le régime de Damas

D’après larédac à 20h38 le 09 Décembre 2014

La Syrie a accusé dimanche l’État sioniste d’avoir mené deux raids contre des secteurs tenus par le régime près de Damas, dénonçant un « soutien direct » aux rebelles et aux désignés « jihadistes ». Ailleurs dans le pays déchiré par plus de trois ans de guerre civile, les forces pro-gouvernementales ont repoussé un assaut des combattants de l’état dit « islamique » (EI) dans la province orientale de Deir Ezzor, et resserraient l’étau sur des positions rebelles dans le secteur d’Alep (nord). 

Dimanche après-midi, « l’ennemi israélien a attaqué deux régions sécurisées (gouvernementales) de la province de Damas : le secteur de Dimas (nord-ouest) et celui de l’aéroport international de Damas« , a accusé l’armée syrienne dans un communiqué diffusé à la télévision, précisant que les raids n’avaient causé que des dégâts matériels.

« Cette agression directe par israël a été menée pour aider les terroristes en Syrie après que nos forces eurent remporté d’importantes victoires à Deir Ezzor, Alep et ailleurs« , a ajouté l’armée. « Cela apporte la preuve du soutien direct d’Israël au terrorisme en Syrie« . Dans la terminologie du régime, le mot « terroriste » englobe tous les rebelles, qu’il s’agisse des modérés ou des jihadistes. 

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les raids ont visé des entrepôts militaires. « Il s’agissait de deux sites militaires où des armes étaient stockées« , a déclaré à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant ne pas savoir si les raids avaient été menés ou non par l’armée israélienne. 

Les autorités zionistes n’avaient pas réagi dans l’immédiat aux accusations de Damas.

Des raids ciblés 

L’armée et l’aviation de l’état zioniste ont mené plusieurs attaques contre des positions militaires depuis le début de la révolte contre le régime syrien en mars 2011. L’aviation israélienne a aussi frappé en Syrie des infrastructures appartenant au puissant mouvement libanais chiite Hezbollah ou des armes lui étant destinées.

Le Hezbollah – qui soutient militairement le président tyran syrien Bachar al-Assad – et israël s’étaient livré une guerre dévastatrice et meurtrière en 2006. 

L’annonce de ces raids survient alors que les forces pro-gouvernementales syriennes ont connu plusieurs succès ces dernières 24 heures. Elles ont réussi dimanche à repousser une attaque de l’EI contre un important aéroport militaire situé à Deir Ezzor, selon l’OSDH, qui a fait état de la mort de plus de 100 ex-rebelles / opposants – désignés de « jihadistes »- et de 59 combattants pro-régime. D’après l’OSDH, plusieurs « jihadistes » ont souffert de « suffocation » en raison de l’utilisation par l’armée de chlorite.



L’aéroport militaire de Deir Ezzor est considéré comme la seule voie de ravitaillement alimentaire des forces gouvernementales dans l’Est syrien. C’est de là que les avions et hélicoptères de l’armée décollent pour des raids contre les « jihadistes » et rebelles dans plusieurs régions de Syrie.
Le conflit encore et guerre civile …
Par ailleurs, l’armée avançait dimanche dans la province d’Alep, selon l’OSDH, qui a précisé qu’au moins 24 rebelles et jihadistes avaient été tués au nord-est de la ville éponyme. « L’armée (…) a pris le secteur de Breij« , a déclaré à l’AFP M. Abdel Rahmane. 

Cela signifie que l’armée resserre l’étau sur les rebelles à l’est d’Alep : « il y a une menace très réelle que la route d’approvisionnement de l’opposition soit coupée« , a-t-il précisé.

Alep, deuxième ville de Syrie, est divisée depuis juillet 2012 entre secteurs loyalistes à l’ouest et secteurs rebelles à l’est. Ces derniers sont menacés depuis début octobre d’être totalement assiégés par l’armée. Toujours à Alep, des rebelles ont fait exploser un tunnel près d’une ancienne mosquée, affirmant viser des positions de l’armée, selon l’OSDH. 

La télévision officielle a indiqué que les rebelles avaient fait exploser la mosquée de Sultaniyeh. D’après l’OSDH, la mosquée n’a pas été endommagée mais 12 soldats ont été tués dans l’explosion.

Diplomatie ?  

Le conflit en Syrie a commencé en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s’est transformé en rébellion armée. Celle-ci a été ensuite largement éclipsée par la montée en puissance de groupes d’ex-rebelles / opposants – désignés de « jihadistes »-, notamment l’EI. 

Alors que les combats ont fait plus de 200.000 morts, les efforts diplomatiques a repris pour tenter de mettre un terme aux violences.

L’émissaire de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura, discutera dans les prochains jours à Gaziantep, en Turquie, avec les chefs rebelles d’Alep d’un « gel » des combats dans cette ville.

La Russie, qui entend relancer le processus de paix, recevra de son côté mercredi une délégation d’opposants syriens tolérés par le président Assad, après des personnalités du régime fin novembre.

Le Canada, qui participe aux frappes aériennes contre l’EI, a réaffirmé dimanche sa détermination à lutter contre le « fléau terroriste » en Irak, quelques heures après l’appel d’un « jihadiste canadien » à mener des attaques isolées sur le sol canadien.

« Le terrorisme constitue une menace réelle et sérieuse pour les Canadiens, et nous devons demeurer vigilants« , a déclaré Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique.

Plus de 30 organisations humanitaires ont lancé lundi un appel pour que des Etats s’engagent à accueillir quelque 180.000 réfugiés syriens pour l’instant pris en charge par les pays limitrophes de la Syrie. Il y actuellement plus de 3,2 millions de réfugiés syriens, selon l’ONU.
Source : Afp, Reuters, Haaretz, l’orient le Jour, Russia Today, Agence sana, OSDH