Liban : Beyrouth cible d’attentat ?

D’après Laredac’ à 13h54 le 25 Juin 2014

Un présumé kamikaze français interpellé à Beyrouth

Un Français d’origine comorienne, soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat-suicide au Liban, est interrogé par la justice après avoir été interpellé vendredi dans un hôtel de Beyrouth, a indiqué lundi (23 juin 2014) une source judiciaire libanaise. La police et la sûreté générale libanaises avaient annoncé vendredi, dans un communiqué, avoir investi un hôtel de Hamra, un quartier commercial dans l’ouest de Beyrouth, et appréhendé 17 personnes, sur la base d’informations concernant « la planification par un groupe terroriste d’attentats à l’explosif à Beyrouth et dans d’autres régions libanaises ».

Une source judiciaire a précisé lundi que « toutes ces personnes, arrêtées dans le cadre de l’enquête de la cellule de Hamra, ont été relâchées à l’exception d’une seule, un Français originaire des Comores et qui est interrogé« . Elle a refusé de donner des détails sur son identité ni sur la teneur de l’interrogatoire qui se déroule sous la supervision du procureur général Samir Hamoud.

Le quotidien al-Akhbar affirme lundi que le Français ferait partie d’un groupe de quatre kamikazes entrés au Liban. Selon le journal, le Français aurait reconnu durant son interrogatoire être venu au Liban pour y commettre un attentat-suicide à l’instigation de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Al-Akhbar avance que l’un des quatre kamikazes serait l’auteur de l’attentat-suicide vendredi à un barrage de la police au Liban tuant un policier et blessant 33 personnes. Le ministre de l’Intérieur avait indiqué qu’il avait un accent syrien.

la vigilance d’un jeune inspecteur empêche un massacre à Beyrouth

La vigilance d’un jeune inspecteur de la Sûreté générale a empêché, au prix de sa vie, le massacre dans un attentat de consommateurs attablés à une terrasse d’un café de la banlieue sud de Beyrouth pour regarder le match Brésil-Cameroun lors du Mondial.

Avec son collègue Ali Jaber, l’inspecteur Abdel Karim Hodroj (voir photo), 20 ans, rentrait chez lui en voiture dans la nuit de lundi à mardi lorsqu’ils ont vu une Mercedes blanche roulant en contresens, s’approcher du café à l’entrée du quartier de Chiyah, a raconté à l’AFP un haut gradé de la Sûreté générale.

« Elle s’est arrêtée au milieu de la rue et le conducteur en est sorti. Ils l’ont stoppé pour lui demander ce qu’il faisait. L’homme a répondu que sa clé était cassée et qu’il ne pouvait pas aller plus loin« , a-t-il ajouté.

Trouvant cela louche, dans un pays où les gens sont sur leurs gardes à cause des attentats, Ali Jaber s’est dirigé vers le poste de l’armée de l’autre côté de la rue tandis qu’Abdel Karim tenait en respect le chauffeur pour l’empêcher de s’enfuir, a ajouté ce haut gradé.

« C’est à ce moment là que la voiture a explosé« , a-t-il confié. Abdel Karim a été tué, et Ali qui se trouvait à 30 mètres a été blessé à la cuisse gauche. Le suspect est mort lui aussi et douze personnes ont été blessées.

« Près de 200 personnes regardaient le match. Il a protégé le quartier. Il nous a sauvés d’un massacre, nous le considérons comme un héros. Nous sommes fiers de lui« , affirme son oncle, qui ne veut pas dire son nom.

Dans le quartier chiite de Chiyah, les habitants sont encore bouleversés et le père de l’inspecteur tué, Fadel, reçoit les condoléances dans une salle attenante au « cimetière des deux Martyrs« .

« Ton fils est un héros« , lui chuchotent en l’étreignant les amis et parents qui défilent. Yeux rougis et enchaînant une cigarette après l’autre, l’homme, un boutiquier de 47 ans, répond : « Dieu vous garde« .

La douleur est là, déchirante pour Fadel, dont c’est l’unique fils. Il apparaît sur une photo, le visage fin, les cheveux noirs, les yeux malicieux et rieurs. Il avait rejoint la Sûreté générale voilà un an et demi et avait le grade d’inspecteur. Il était au département informatique. 

Elie, son camarade de promotion, assure que « tout le monde l’appréciait. Il aimait la vie et accomplissait son travail avec enthousiasme« .

« Abdel Karim aimait le football et attendait avec impatience le match de mardi entre l’Uruguay et l’Italie, dont il était un fervent supporter« , raconte l’oncle. 

Dans une autre salle, se trouvent la mère vêtue de noir et ses deux soeurs. La famille était originaire du village chiite de Bazouriyé (sud).


La déflagration s’est produite mardi vers 00H00 (lundi 21H00 GMT) à l’entrée du quartier de Chiyah, où le photographe de l’AFP a vu des voitures en feu, d’importants dégâts matériels, des pompiers éteignant les incendies et des ambulances transportant des blessés.

Elle est survenue trois jours après un attentat suicide vendredi dans l’est du pays, qui avait fait un mort et une trentaine de blessés.

« La guerre contre le terrorisme se pratique à l’échelle mondiale. Au Liban, il y a des cellules dormantes. Quand l’environnement est propice, comme en Irak et au Liban, elles se réveillent« , a affirmé un officier supérieur de la Sûreté générale.

« En tout cas, ce jeune inspecteur, en sacrifiant sa vie, a empêche une catastrophe« , a-t-il dit.

La banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, a été visée par plusieurs attentats depuis l’engagement du mouvement chiite dans la guerre en Syrie voisine aux côtés du régime face aux rebelles. Le dernier remonte à janvier et avait fait quatre morts.

Il a confié que les services de renseignements américains avaient informé récemment le Liban que des attentats se préparaient et, depuis, tous les services de sécurité du pays sont mobilisés pour les empêcher.

Source : Afp, L’Orient le Jour, ‘agence de presse libanaise « Al Akhbar »