L’Inde musulmane (partie 4) : Tamerlan – La chute du sultanat de Dehli et l’Empire Moghol

D’après Dr Mansour pour T.E.P.A à 08h30 le 14 Janvier 2014

Brèves Repères : Entre 1300 et 1400 ap. J.C. le monde se retrouve chamboulé.

La percée des Mongols de Perse en Syrie est arrêtée par les Mamelouks d’Égypte à la bataille de Marj as-Suffar, au sud de Damas, en avril 1303 ap J.C.

La fin du XVe siècle vit la construction de la tour sud, la fameuse Tour de Beurre.

Tamerlan (Timūr-Lang) (a) finie par émiettel’Asie

L’expansion de la chrétienté européenne subit un coup d’arrêt au XIVe siècle.

L’Europe est frappée par la peste noire, divisée religieusement entre les papes d’Avignon et ceux de Rome, en proie à d’interminables guerres dynastiques à l’image de la guerre de Cent Ans (1337 à 1453 ap. J.C.) entre rois de France et d’Angleterre… et une crise économique et l’alourdissement de la pression fiscale seigneuriale.

Ibn Battûta naît et voyage dans ce siècle ; Ibn Khaldun (732-808 h. / 1332-1406 ap. J. C.) affine sa pensée et son étude socio-historique …

On assiste à l’émergence du mouvement culturel et technique qu’est la Renaissance (Quattrocento) en Italie.

Durant ces deux siècles la cathédrale de Rouen est en voie d’achèvement, à la fin du XVe siècle débute la construction de la tour sud, la fameuse Tour de Beurre. En 1431 Jeanne d’arc(1412 – 1431)reconnue comme hérétique (sorcellerie…) sera livrée aux flammes, place du vieux marché à Rouen…

(a) Timour (l’Homme de fer), surnommé plus tard Lenk (le Boiteux), d’où la déformation occidentale, Tamerlan.

Tamerlan (Timūr-Lang) est né le 8 avril 1336 à Kesh, au sud de Samarkand d’une famille qui est d’origine turque

Ses biographes officiels ont prétendu qu’il était un décédent de Gengis-khan : en fait, il n’a été associé aux Gengiskhanides que par son mariage en 1397 avec la fille du dernier Khan de Djaghataï, Khizir Khodja.

 

Ci-contre : Ibn Khaldun & Tamerlan

La Transoxiane ne constituait en réalité pas une nation mais une confédération turque dans laquelle Taragaï, père de Tamerlan, régnait à Kesh.

C’est en 1360, que la Transoxiane est réintégrée au Djaghataï par Tughlug Temür(vers 1329~30-1363 ap J.C.), auquel Tamerlan en plus d’avoir rendu hommage, avait fait allégeance. Tamerlan se sentant sous-estimer et ne supportant pas l’ingratitude de Tughlug Temür, quitte son pays et s’en va guerroyer en Perse.

Il revint en Transoxiane, associé à son beau-frère Mir Hosseïn (le frère de sa femme), il triomphe du gouverneur Djaghataïde et libère la province (1364-1365), dont il ne devient roi qu’en 1370, après de multiples péripéties et manigances qui l’ont tantôt rapproché, tantôt éloigné de Mir Hosseïn : ce dernier finira par être vaincu et assassiné.

Tamerlan se gardera bien de se proclamer « sultan » (mais il le fera en 1388 ap J.C.), et tout comme fin stratège politique, il fait installer au-dessus de lui, une autorité qui n’a aucun pouvoir, un khan mongol gengiskhanide qui signait les actes officiels et assurait, par son existence, la fiction de la pérennité mongole : en réalité, Tamerlan a substitué une domination turque à une domination mongole.

Les succès militaires et politiques de Tamerlan ne sont dus essentiellement qu’au fait que les États environnant la Transoxiane, les khanats de Djaghataï, des Ilkhan, du Kiptchak des luttes intestines de successions et le morcellement de l’Empire en royaume et en tout petits royaumes autonomes, sinon indépendants.

Notons ici que les expéditions menées par Tamerlan contre les États voisins se sont presque toujours terminées sans apporter de solution ni même instaurer même un nouveau gouvernement ou pouvoir central. Ces expéditions, ont en outre la caractéristique d’être tout azimut, sans cohérence, sans esprit de suite ni de continuité : comme si Tamerlan n’avait aucune vision à moyen ou à long terme ; ce qui explique que les troupes timourides aient dû intervenir à plusieurs reprises dans les mêmes territoires.

Et classer les campagnes de Tamerlan, de façon méthodique (dans le temps et l’espace), est chose difficile et aléatoire.

 

Voilà quelques fait à retenir : La Tempête Tamerlan

 

De 1370 à 1405, Tamerlan a conduit dans toutes les directions d’incessantes expéditions :

– Vers l’est, de 1370 à 1380, elles ont abouti à la conquête du Khwarezm (sud de la mer d’Aral, entre les actuels Ouzbékistan, Turkménistan et Iran) ;

– Entre 1370 et 1392 vers le Turkestan oriental et la Haute Asie, ont eu pour conséquence l’affaiblissement et la disparition de la domination mongole dans ces régions au moment où la dynastie Ming l’anéantit également en Chine ;

– Nouvelle expédition 1398 en Inde, au cours de laquelle la ville de Delhi est détruite et sa population massacrée.

– Les années 1380-1382, 1382-1383, 1392-1396, marquent les expéditions meurtrières en Afghanistan et en Perse, avec les terribles massacres d’Ispahan en 1387 ;

La rivalité et l’animosité entre Tamerlan et le khan du Kiptchak, Toqtamish (surnommé le khan de la Horde d’Or, mort vers 1406), donne lieu à maints épisodes de conflit ou de rapprochement etc. etc. ( en 1375, 1385-1386 et 1388-1396), Tamerlan semblant avoir eu à l’égard de Toqtamish une attitude tolérante.

– Le golf persique n’échappe pas à la tempête Tamerlan : l’Iraq, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, l’Arménie, l’Anatolie orientale et la Syrie subissent ses attaques, pillage et au saccage des villes comme Bagdad en 1394 et 1401, Malatya, Alep et Damas (1400) où des dizaines de milliers d’habitants sont massacrés et dont les artisans des métiers de luxe ou de la décoration sont déportés à Samarkand, dont Tamerlan veut faire la plus belle ville du monde.

La dernière expédition a eu lieu en Asie Mineure, contre le sultan ottoman Bayézid Ier, qui est vaincu et fait prisonnier à la bataille d’Ankara (20 juill. 1402) et dont l’Empire est momentanément démembré en Anatolie (Empire OTTOMAN). Alors qu’il se mettait en route pour combattre les Chinois, Tamerlan meurt à Otrar sur le Syr-Daria le 19 janvier 1405 ; il serait enterré dans un somptueux mausolée à Samarkand.

Pir Mohammed, son petit-fils lui succède pendant une brève période, mais c’est un de ses fils, Shāh-Rokh (1406-1447), qui est son véritable successeur ; celui-ci ne règne en fait que sur un Empire affaibli, totalement divisé.

Au XVe siècle, l’Inde est fractionnée en États régionaux, qui sont soit des sultanats musulmans issus des provinces du défunt Empire, soit des royaumes hindous restaurés par l’aristocratie Hindoue (principalement les castes des Brahmaneset des Kshatriyadigène.)

Ce phénomène est surtout marqué au Rājasthān, où les Rajpūt (fils de prince) reconstituent peu à peu leurs anciennes principautés, et surtout celui de l’empire de Vijayanagar, qui a grandi à l’extrême sud dans le Dekkan lâché par les Tughluq. Fondé en 1336, il englobe dix ans plus tard tous les anciens royaumes du centre de la péninsule d’une mer à l’autre. Sous Deva Rāya II (1426-1446), le Dekkan presque entier est soumis, des confins du Bengale au cap Comorin. Ce fut la plus faste période, niveau économique et culturel…  

Tout comme le sultanat de Delhi au siècle précédent, cet État ne doit sa cohésion qu’à l’entretien d’une armée puissante, dont les souverains usent en permanence pour décourager les velléités d’autonomie des chefs locaux (nāyaka). Les voyageurs étrangers célèbrent la splendeur de la capitale, alors l’une des plus grandes villes du monde, et l’opulence de la noblesse. 

La prospérité de l’empire repose sur la riche agriculture irriguée des plaines côtières, et particulièrement des deltas rizicoles, et sur le commerce maritime avec les rives orientales et occidentales de l’océan Indien, spécialité des castes marchandes et surtout des communautés musulmanes de la côte ouest, que les rois hindous de Vijayanagar se gardent bien de persécuter. Pourtant, à une époque où l’islam règne sur presque tout le reste de l’Inde, cet État fait figure de forteresse des traditions hindoues. L’hindouisme, encouragé par la faveur officielle, y est en effet florissant.

En 1483, les ennemis de la dynastie des «Lodi (1)» firent appel à Zahīr ud-din Bâber (2), un descendant de Tamerlan, qui régnait sur la région de Kabul afin de détrôner Ibrahim Loudi (règne sur le sultanat de Delhi de 1517 à 1526), qui sera le dernier des Sultans de Delhi.

Zahīr ud-din Bâber avait le titre de Padishah (Empereur). Ainsi, suite à une belle campagne, en avril 1526 Bâber entrait dans la capitale Delhi et s’y faisait reconnaitre comme souverain fondant ainsi une nouvelle dynastie, impériale cette fois-ci, celle des Timurides, plus simplement appelés Moghols (3).

Il s’installa ensuite dans la ville d’Agra qui deviendra alors la capitale de tous les souverains Moghols. Bâber réussit à soumettre l’ensemble du territoire allant de la région de Kaboul jusqu’aux frontières du Bengale. Cependant, il n’avait aucun goût pour les choses administratives et il se soulagea complètement de ce rôle sûr de petits administrateurs locaux nommés jagirdar.

Fac-similé de miniature : « L’Empereur Bâber entouré de soldats indiens » XVIIe Siècle – école moghole/(collection privée du Dr. Mansour)

Zahīr ud-din Bâber, considérant l’Inde septentrionale comme un héritage timouride et comprenant que la route de la Perse lui est interdite, tourne ses regards vers le sultanat de Delhi. Les trois premières expéditions en Inde (1505, 1507, 1519) ne sont que de brèves incursions destinées à sonder la capacité de résistance de l’adversaire. En 1524, à la demande de Daulat Khān, gouverneur de Lahore, Bāber se met en route pour sa quatrième invasion et sans rencontrer d’opposition sérieuse il traverse le Panjāb et après avoir laissé un petit détachement armé à Lahore revient à Kāboul.

À partir de ce moment la conquête de l’Inde septentrionale se déroule en trois étapes :

– Première phase de sa conquête : C’est pendant l’hiver de 1525 que Bâber tente un coup décisif. Après avoir réuni une troupe de douze mille hommes, il passe la frontière, remonte l’Indus jusqu’à Sialkot où son fils Humāyūn, âgé de dix-huit ans, le rejoint, met Daulat Khān en déroute et parvient en avril 1526 dans la plaine de Pānipat pour affronter les seigneurs afghans de la cour d’Ibrāhīm Lodi. Devant un ennemi bien supérieur en nombre, Bāber remporte le 21 avril 1526 une victoire éclatante grâce à son sens tactique et à un armement moderne pour l’époque. Bāber s’empare de Delhi et envoie son fils Humāyūn à Āgra.

– Deuxième phase : Bāber doit faire face à la puissance rājput, car Rānā Sāngā, roi de Chittor, comptant bien profiter du démantèlement du sultanat de Delhi et rêvant de rendre aux Hindous leur bien, essaie à son tour d’établir sa souveraineté sur l’Inde septentrionale. Le combat a lieu le 16 mars 1527 à Khānua, petit village proche d’Āgra. La première attaque de Bāber est repoussée par les Rajput. Le fondateur de l’Empire moghol décide alors de renoncer pour toujours au vin ; il harangue ses soldats, qu’il dispose de la même façon qu’à Pānipat. Et c’est une nouvelle victoire pour Bāber. La confédération rajput est totalement anéantie à la fin de janvier 1528.

– Troisième phase : La dernière résistance que Bāber aura à briser est celle de certains chefs afghans qui s’étaient ralliés à la cause du sultan Mahmūd Lodi et qui, après avoir occupé la province du Bihār, proche du Bengale, espéraient reconquérir le pouvoir à Delhi. Le 6 mai 1529 Bāber décide d’en finir avec cette opposition ; il attaque les Afghans au confluent du Gange et de la Gogra, il les met en déroute, établit sa suzeraineté sur le Bihār et signe un traité de paix avec Nusrat Shāh, roi du Bengale, afin d’éviter toute possibilité de troubles sur sa frontière orientale.

L’année suivante Humāyūn tombe gravement malade ; Bāber le fait transporter à Āgra. Voyant que tous les remèdes sont impuissants, il demande à Dieu de lui prendre sa propre vie pour que son fils soit sauvé. Tandis que Humāyūn recouvre la santé, Bāber s’affaiblit de plus en plus. Telle est, du moins, la légende que l’on rapporte au sujet de la mort de Bāber, qui survient dans les tout derniers jours de décembre 1530 à Āgra.

Toujours en déplacement, occupé à de nouvelles conquêtes, Bāber ne put se consacrer aux tâches administratives comme il l’aurait voulu. Ses Mémoires (Tuzuk-e-Bābari), rédigés en Turc oriental, témoignent d’un grand pouvoir d’observation et d’un réel amour de la nature.

A sa mort, en 1530, son fils Hamayun héritait néanmoins d’un empire assez stable bien que désunit politiquement. Neuf ans après son sacre, il fut vaincu et exilé par un Afghan du nom de Sher Shah. Ce dernier fut un brillant souverain qui eut à coeur d’améliorer le système fiscal, commercial et militaire de l’Inde du nord.

Il construisit notamment quatre axes routiers bordés d’arbres fruitiers pour offrir ombre et nourriture aux voyageurs et parsemés d’auberges : La première reliait le Bengale aux rives de l’Indus et était longue de plus de mille kilomètres et les autres reliaient entre elles les plus importantes villes du royaume. Sher Shah, bien qu’afghan, avait posé les pierres angulaires de l’empire moghol. Ses successeurs eurent à lutter contre des intrigues de cours et se révélèrent un peu trop dépensiers.

Les grands temples, fondations royales pour la plupart, sont désormais des complexes cultuels aux vastes proportions conçus pour la dévotion de masse. Non seulement la littérature, l’érudition et la science sanskrites sont officiellement patronnées, comme aux époques précédentes, mais, à côté des lettres tamoules, les autres langues régionales dravidiennes (kannara et surtout telugu) accèdent à leur maturité littéraire.

L’architecture et la sculpture, dont la période Cōla représentait l’âge classique, s’acheminent vers un baroque exubérant, dont la plus belle floraison s’épanouit au XVIe siècle, notamment sous le règne de Kṛṣṇa (Krishṭa) Deva Rayā (1509-1529), qui marque l’apogée de Vijayanagar.

L’empire est abattu près de Tālikoṭa en 1565 par une coalition de sultanats musulmans du nord du Dekkan, lors d’une bataille qui consacre la supériorité de l’artillerie moderne et de la cavalerie sur les armées traditionnelles, composées d’immenses piétailles précédées d’éléphants.

Une nouvelle ère s’est ouverte entre-temps dans les relations entre l’Inde et l’Occident. Vasco de Gama, abordant à Calicut en 1498, effectue la première liaison maritime directe entre l’Inde et l’Europe. Le commerce de l’océan Indien, jusqu’alors entièrement dominé par les musulmans, s’en trouve bientôt bouleversé.

La supériorité navale des Portugais leur permet en effet de mener à bien en quelques années le détournement, par le cap de Bonne-Espérance et Lisbonne, du vieux commerce musulman des épices entre l’Inde et la Méditerranée, qui transitait par les ports de la mer Rouge et l’isthme de Suez.

Albuquerque donne rapidement à cette vaste entreprise les bases territoriales nécessaires, et acquiert dans tout l’Océan, et notamment sur les deux côtes du Dekkan, avec la sympathie active de Vijayanagar, comptoirs et points d’appui. La pièce maîtresse du système est le port de Goa, arraché au sultanat de Bījāpur en 1510.

En 1555, Hamayun revint à la charge avec une armée recrutée lors de son exil en Perse. Il marcha sur Agra et s’y fit alors reconnaitre à nouveau comme empereur. Mais il mourut une année plus tard à cause d’une mauvaise chute dans un escalier de sa bibliothèque laissant le trône à son jeune fils Akbar qui régnera jusqu’en 1605.

Grâce à ce souverain, l’Empire Moghol agrandit passablement son territoire : il détruit notamment le royaume du Vijayanagar en 1565, dernier bastion hindou dans cette Inde totalement musulmane. Les Rajput, bien que soumis, font de la résistance durant tout son règne. Les guerres contre les musulmans bahmanides sont nombreuses. L’empire est soumis à l’absolutisme total de l’empereur qui est soutenu par une très puissante armée.

Akbar, bien qu’analphabète, fut un souverain curieux en matière religieuse autant qu’artistique. Il cherchait à rapprocher les religions au sein de son Empire. Il conviât d’ailleurs à sa cours des représentants religieux de tout son royaume et aussi des jésuites, depuis peu dans la péninsule à cause des Portugais qui tiennent plusieurs comptoirs sur la côte ouest depuis l’arrivée de Vasco de Gama en 1498. Il fut même, semble-t-il, l’instigateur d’une nouvelle religion, le Din-i-Ilahi (foi divine) à tendance syncrétiste.

Les deux souverains suivants, Jahangir et Shah Jahan, continuèrent l’ouvrage d’Akbar. Et c’est sous le règne de Shah Jahan (1627-1658) que fut atteint l’apogée de l’Empire, illustrée à merveille par deux des plus belles œuvres architecturales de l’Inde que sont le Taj Mahal (mausolée construit en souvenir de son épouse Muntaz Mahal) et le fort rouge de Delhi. Mais malheureusement l’apogée fut aussitôt suivi de son déclin.

Aurangzeb, fils de Shah Jahan qu’il fit emprisonner pour prendre le pouvoir, se débarrassa de ses frères et monta sur le trône en 1658. À la différence de son père, il était un musulman sunnite de stricte observance, fanatique et absolu, qui persécuta non seulement les hindous mais aussi les arabes d’autres confessions.

Il eut donc à subir de nombreuses révoltes (notamment celles des mahrâttes) qui eurent tôt fait de réduire considérablement la stabilité et la superficie de l’Empire durement conquis par ses pères. Ce fut le dernier grand empereur moghol et à sa mort, en 1707, l’Empire ne compte plus que la région de Dehli et une partie de l’Inde de l’Est.

On considère le déclin de l’Empire Moghol comme la fin de l’Inde musulmane. En effet, l’arrivée des Britanniques sur les côtes Est de l’Inde marque le début d’une ère nouvelle marquée par la civilisation occidentale.

Cependant, il va sans dire que les musulmans joueront encore des nombreuses cartes dans la période de l’Inde moderne. Mais malheureusement, il serait bien trop long de décrire les aléas qui conduiront finalement l’État Indien à la Partition de 1947, date de création des deux Pakistans oriental et occidental.

Pour la dernière Partie : histoire de Akbar et de Shâh Jahân

(1) Dynastie musulmane sunnite d’origine afghane qui règne sur le sultanat de Delhi de 1451 à 1526. Elle succède à la dynastie des Sayyid et cède la place à l’Empire Moghol. L’arrivée au pouvoir des Lodi marque l’émergence des Afghans dans le jeu politique indien jusqu’alors dominé par les Turcs.

(2) Contrairement à Tamerlan : il est un descendant véritable de Gengis-Khan (de par sa mère) et de Tamerlan de par son père, Zahīr ud-dīn Bāber est le fondateur de la dynastie moghole en Inde. À la mort de son père en 1494, il hérite du petit royaume de Ferghāna, province située entre la Perse et le Turkestan. Attiré par la renommée de Samarkand, il tente par deux fois de conquérir la ville mais n’y parvient pas. En 1498, il est même chassé de son propre royaume et, pendant plusieurs années, il vit comme un fugitif, suivi de quelques centaines de partisans à la recherche d’un territoire. En 1504 il s’empare de Kāboul et s’y installe. 

(3) « Le nom « moghole » semble être simplement une déformation de « mongol ». Babur étant descendant de Tamerlan, il est turco-mongol.

Sources :

– L. Bouvat, « Essai sur la civilisation timouride », in Journ. asiatique, 1926 ; L’Empire mongol, deuxième phase, Paris, 1927

– A. BlinTamerlan, Perrin, Paris, 2007

– Al-Biruni : « Al Kitab al-Hind » (livre de l’Inde). Ce livre est encore aujourd’hui notre plus grande source d’information sur l’Inde du XIe siècle.

– Fred W. Clothey ; “Religion in India, A Historical Introduction” ; Routledge, New York, 2006. 

– W. H. Moreland, India at the Death of Akbar, an Economic Study, Londres, 1920, réimpr. South Asia Books (Columbia), 1990 ; From Akbar to Aurangzeb, a Study in Indian Economic History

– V. Minorsky« La Perse au XVe siecle », Rome, 1958

– Nizam Ed-Din Shâmï : «  Zafername », éd. F. Tauer, Prague, 1937-1957, trad. turque N. Lugal, Ankara, 1949 ; trad. franç. F. Pétis de La Croix, Paris, 1722.

– A. D’Ohsson « Histoire des Mongols », 2e éd., Paris, 1852

– J.-P. Roux,  « Tamerlan », Fayard, Paris, 1991