Loi antiterroriste pernicieuse

D’après Larédac’ à 14h56 le 21 Août 2014 

Cette terminologie, quasi pathologique voire paranoïaque de « lutte antiterroriste », n’est en soi jamais réellement définie ; entre les « présumés » et/ou « désignés » membres de la nébuleuse « Al Qaïda », la vaporeuse AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique), du chimérique « Etat -dit- islamique » et autres « Font Al Nosra », « Boko Haram » etc… etc …. La détermination d’un sens, extrêmement élastique, de ce que le « terrorisme » veut dire dans le vocable de chaque États ; poussent ses derniers à être inventif dans leur terminologie… « islamistes radicaux », « salafistes jihadistes », « jihadistes radicaux » « « jihadistes ultra-radicaux », etc etc. ou encore leur permet de développer des concepts comme au Maroc de « jihad salafiste » …

Ce qui permet aussi de désigner surement des personnes dangereuses (souvent sans véritables preuves et sur de simples suppositions), mais le véritable danger c’est la dérive qu’un tel déploiement de désignations permet : En accusant toutes les formes d’opposition (sociale, économique, associative, politique … les marginaux, les exclus…..) de terrorisme sous le couvert, bien sur, de « menace à la sécurité de l’État ». Ainsi les gouvernements se doteraient de lois d’exception ; voir des lois martiales – faisant de chaque citoyen de 0 à 98 ans un terroriste potentiel…. Ce qui conduira vers des violences et révoltes multiformes….

Aux Emirats : sévère loi antiterroriste 

Les Emirats arabes unis, riche monarchie pétrolière du Golfe, se sont dotés d’une sévère loi antiterroriste, a-t-on annoncé jeudi de source officielle dans un contexte d’extension des violences attribuées à des groupes dits « islamistes radicaux ».

Le président Cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane « a promulgué la loi fédérale numéro 7 de l’année 2014 sur les crimes terroristes« , a rapporté l’agence officielle WAM sans préciser le contenu du texte.

Selon des journaux, la loi prévoit la peine de mort, de sévères peines de prison et des amendes pouvant aller jusqu’à 100 millions de dirhams (27 millions de dollars ) pour les auteurs d’actes terroristes.

La loi stipule que les personnes reconnues coupables d’une « attaque ou menace » contre les dirigeants du pays, dont le chef de l’Etat, de complot contre l’Etat ou de formation d’un groupe terroriste seront passibles de la prison à vie ou de la peine capitale, selon le quotidien Khaleej Times.

Les individus impliqués dans des actes terroristes dans le pays ou leur planification à l’étranger encourent les mêmes peines.

Le financement du terrorisme, les prises d’otages à des fins terroristes, le trafic humain et le blanchiment d’argent sont des crimes dont les auteurs risquent des peines allant jusqu’à laperpétuité, selon la loi.

Le texte, qui amende une loi datant de 2004, durcit considérablement les sanctions dans le cadre de la répression du terrorisme.

Sa promulgation intervient dans un contexte régional marqué par une montée de l’extrémisme religieux, mené notamment par les « jihadistes ultra-radicaux » actifs en Irak et en Syrie.

Les Emirats, l’un des pays les plus riches du monde et qui ont été épargnés par la vague de contestation populaire qui secoue le monde arabe depuis 2011, emboîte ainsi le pas à l’Arabie saoudite.

Ce pays a publié en février un décret royal prévoyant jusqu’à 20 ans de prison pour participation à des combats à l’étranger et appartenance à des « groupes terroristes ».

La justice des Emirats a condamné ces derniers mois des dizaines de présumés « islamistes » locaux et égyptiens, accusés de complot ou d’avoir formé des cellules des Frères musulmans.

En Tunisie – Projet de loi antiterroriste : 

– Approbation des articles 8, 9, 10 et 11

Prévue à 14h30, la séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi antiterroriste a commencé, ce mercredi 20 août 2014, avec un retard de plus de deux heures. Durant cette séance, quatre articles de ce projet de loi ont été approuvés contre un seul qui a été reporté.

L’article 8 a été adopté avec 109 voix pour, 14 abstentions et 0 voix contre. Celui-ci réduit à moitié la peine, encourue en cas d’adhésion à un groupe terroriste ou une entreprise individuelle visant à commettre une infraction terroriste, si les informations livrées aux autorités compétentes, au cours des recherches préliminaires, des poursuites ou de l’enquête, conduisent à mettre un terme à des crimes terroristes ou d’autres crimes y afférents, à sauver une vie ou encore à dévoiler la totalité ou une partie des noms des auteurs des crimes en question ou à parvenir à leur arrestation. Dans le cas où la personne visée par le présent article est passible de la peine de mort ou de la prison à perpétuité, la sanction infligée sera 20 ans de prison.

Quant à l’article 9 de cette loi, il est passé avec 111 voix pour, 11 abstentions et 0 voix contre. Celui-ci punit de la peine maximale les agents des forces de sécurité ou de l’armée ou également les agents de douanes ainsi que les personnes auxquelles il a été confié la direction ou la surveillance des établissements ou des services pris pour cible, s’ils sont acteurs principaux ou complices dans des crimes terroristes.

L’article 10 qui concerne l’accumulation des peines a été approuvé lors de la séance de vote de cet après-midi avec 112 voix pour, 10 abstentions et une voix contre.

Au cours de cette plénière, les députés ont voté majoritairement en faveur de l’amendement du premier paragraphe de l’article 11. Celui-ci a obtenu, au vote final, 118 voix pour, 11 abstentions et une voix contre. Cet article ordonne d’expulser des territoires nationaux tout étranger condamné pour un crime terroriste, une fois qu’il a purgé sa peine. 

Quant à l’article 12, il a été reporté à la séance d’aujourd’hui, après sa soumission à la commission des consensus pour aboutir à une formule finale de cet article.

Le Maroc renforce sa lutte antiterroriste


Le Maroc et les Etats-Unis ont signé, jeudi 7 août dernier à Washington, un accord cadre bilatéral sur l’assistance anti-terroristenotamment une coopération triangulaire en matière de formation sécuritaire.

« A travers cette nouvelle initiative de coopération trilatérale (…), nous soutenons fermement le souhait du Maroc de partager son expertise avec les partenaires clés en Afrique du Nord et de l’Ouest« , a dit Mme Kaidanow, dans une déclaration liminaire.

« Le Maroc est un « leader régional » en matière de lutte anti-terroriste au Maghreb et en Afrique de l’ouest« , a déclaré l’ambassadrice itinérante et coordinatrice pour le contreterrorisme, Tina Kaidanow.

Les forces armées marocaines ont déployé jeudi 14 août des armes lourdes et des batteries antiaériennes près du phare d’El-Hank à Casablanca.

L’armée n’a donné aucune raison quant à ce déploiement, mais plusieurs médias locaux ont laissé entendre qu’il interviendrait en réponse au risque de voir des avions être utilisés par les groupes terroristes, comme l’Etat islamique (EIIL), pour frapper des intérêts stratégiques dans le royaume.

« Il existe une forte probabilité que les terroristes ne transforment des appareils civils en bombe volante ou ne les détournent pour en faire des bombes destinées à mener des opérations terroristes« , explique Lahcen Oussimouh, politologue et chercheur au Centre marocain d’études sociologiques.

« Certaines informations indiquent que l’EIIL a procédé à des expériences sur l’utilisation d’objets volants lors d’opérations terroristes, et la vigilance est donc de mise« , a-t-il précisé.

La menace terroriste a augmenté de manière dramatique au Maroc par suite de la situation en Libye, en Syrie et en Irak, a-t-il ajouté.

« Il y a le risque associé au retour de combattants des théâtres d’opérations en Syrie, en Irak et au Mali, mais aussi la menace que font peser les loups solitaires, qui ont été recrutés sur l’internet et au travers des réseaux sociaux ; ils sont totalement inconnus des services de sécurité« , explique-t-il à Magharebia.

« Ces loups solitaires se caractérisent par la difficulté à les détecter, parce qu’ils se sont immergés dans la communauté. De plus, ils n’ont pas quitté le territoire national pour partir sur les fronts, et ils n’ont donc pas été enregistrés à la frontière« , ajoute cet analyste.

Et de souligner : « Ces éléments sont en mesure d’agir plus librement, en se basant sur les directives et les instructions qui leur sont données par les organisations terroristes à l’étranger via l’internet, et qui peuvent entraîner des catastrophes au Maroc.« 

L’une de ces cellules terroristes qui était active à Tétouan, Fnideq et Fès a été démantelée la semaine dernière. Elle recrutait des combattants marocains et étrangers et assurait leur soutien financier pour qu’ils rejoignent les rangs de l’Etat islamique (EIIL), a annoncé le ministère marocain de l’Intérieur le 13 août.

Ce communiqué précise que cette cellule se composait de neuf membres et était « en train de planifier des actes de sabotage dans le royaume en utilisant des armes à feu et des explosifs« .

Ce qui est nouveau dans cette cellule, c’est que l’un de ses membres avait appris à fabriquer des engins explosifs improvisés dans les camps de l’Etat islamique.

Selon des rapports, les forces de sécurité marocaines enquêteraient actuellement également sur des cellules terroristes liées à des extrémistes déjà emprisonnés.

Dans la prison de Meknès, les cellules d’Azzedine al-Attas, Mohamed al-Kairaouani et Hassan Younsi, le présumé émir d’Ansar al-Sharia au Maroc, ont fait l’objet d’une fouille le 10 août, à la recherche de smartphones, selon un groupe de militants. Les détenus ont ensuite été transférés dans une autre prison de la ville.

D’autres détenus ont également été transférés dans d’autres cellules ou d’autres villes. Mi-juillet, la femme du détenu Khaled al-Haddad a été arrêtée à Fès pour avoir apporté un téléphone et une carte SIM à son mari.

Comme l’explique Abdellah Rami, chercheur spécialisé dans les groupes islamiques : « Il est normal de procéder à des contrôles de sécurité dans les prisons, parce que les leaders et les symboles du « jihad salafiste » au Maroc se trouvent tous en prison, d’où ils supervisent la direction des différentes cellules et coordonnent leurs activités par l’intermédiaire des réseaux sociaux, et lors des visites« .

« Des plans, des instructions et de la propagande sur l’internet et les réseaux sociaux parviennent à sortir des prisons, et le recrutement de combattants et leur orientation vers des réseaux qui les envoient vers les différents fronts se font également depuis l’intérieur des prisons« , explique-t-il.

Selon Abdelmajid Hachadi, journaliste spécialisé dans les affaires terroristes, « les prisons sont devenues un sujet de forte préoccupation pour les services de sécurité marocains, dans la mesure notamment où les militants les utilisent comme un terreau fertile pour attirer et recruter des prisonniers de droit commun« .

Source :  avec Afp, Reuters, Agence WAm, L’Orient le Jour, le Matin, Magharabia, ATAP (Agence Tunis Afrique Presse).