L’organisation d’un iftar anti-fasciste interdit

D’après Hamzatou à 10h30 le 28 Juillet 2013

Des frères et des soeurs devaient se réunir samedi 27 juillet pour dénoncer leur ras-le -bol au sujet des stigmatisations, agressions et autres troubles que connaît la Oumma en ce moment. Cette organisation devait se dérouler sur le parvis de Montparnasse. 

Le groupe, constitué majoritairement de soeurs, se fait appeler le Front musulman autonome et antiraciste. L’idée de l’iftar en pleine rue avait des conditions, comme venir sans signe d’appartenance politique et il était ouvert à tous, musulmans ou non.

        

L’association qui a été créé pour l’organisation de cet iftar s’est exprimée sur ses intentions « nous voulons mettre en valeur la place de la lutte contre l’islamophobie qui peine à s’imposer dans un système impérialiste et de plus en plus fascisant« , et ainsi produire « un rapport de forces entre nous, musulmans, et ceux qui cherchent à nous nuire ». Le collectif est aussi un peu taquin puisque la rencontre devait se passer près du QG des groupuscules d’extrême droite « nous sommes au plus près des QG parisiens de nombreux groupes d’extrême droite ».
Les frères et soeurs de ce collectif n’ont pas peur des représailles car, pour eux il est grand temps que la communauté « lève la tête » au lieu de se terrer dans la victimisation constante: « l’Islam est une religion clairement stigmatisée depuis plusieurs années, les actes et les discours islamophobes deviennent monnaie courante aujourd’hui et ce rejet des musulmans est partagé par l’État, les partis politiques de l’extrême droite à l’extrême gauche et cela a contaminé une large partie de l’opinion publique. Certains n’hésitent pas à utiliser la violence en toute impunité pour exprimer leur haine envers les musulmans ».

Donc cette soirée de partage et de rencontre devait se passer dans les meilleures conditions puisqu’elle devait servir à « une nouvelle ligne de front qui pose l’islamophobie à partir d’une critique de l’ordre en place. C’est pourquoi poser la question de l’islamophobie de cette façon nous paraît être une lutte stratégique importante pour faire progresser la justice dans ce pays ».

Malheureusement pour le collectif, dès vendredi soir l’iftar antifasciste a été interdit sur une décision de la préfecture de la police de Paris.

Dès l’annonce de cette décision, le collectif a réagi « le fascisme d’État a encore frappé. La préfecture de police de Paris, de manière complètement abusive et arbitraire, nous a informé ce soir d’un arrêté préfectoral d’interdiction de l’iftar antifasciste ». Elle avait aussi annoncé sa decision de contester cet arrêté en référant cette affaire devant le tribunal administratif.

Mais encore une fois, par le biais du juge du tribunal administratif, la décision de la préfecture de police a été confirmé. Le recours de l’assoc a donc été rejeté.