Mohammad Abdel Raouf Arafat Al-Qoudwa Al-Husseini dit Yasser Arafat

D’après Le Dr Mansour pour TEPA à 01h14 le 13 Novembre 2014

Mohammad Abdel Raouf Arafat al-Qoudwa al-Husseini

(Le véritable nom de Yasser Arafat*) a vu le jour au Caire (Égypte) le 24 aout 1929, d’une mère originaire de Jérusalem et d’un père de Gaza, l’un et l’autre liés à la grande famille des Husseini (lien avec le grand Mufti de Jérusalem). Pour sa mère certaines sources indiquent que la grand-mère de sa mère serait originaire du Maroc

À l’âge de cinq ans, la mère du petit Mohammad Abdel Raouf meurt. Il est élevé par son oncle maternel. Durant cette période, il sera marqué par un événement qui le forgeât pour le reste de sa vie : Une poignée de soldats britanniques ont forcé la porte de la demeure de son oncle, ce dernier est arrêté à la suite de la grande insurrection palestinienne de 1936 et il voit, avec l’impuissance d’un enfant, ces soldats agressés ses proches.

À la suite de cet événement il se retrouve dans sa ville natale ; le Caire, nous somme en 1937. Pendant que Mohammad Abdel Raouf est au lycée en 1946, il fait ses premiers pas en tant qu’activiste en mettant sur pied des quêtes en Égypte. Celles-ci sont destinées à l’achat d’armes pour les Arabes de Palestine.

C’est à cette époque qu’on l’appelle directement Yasser Arafat.

Yasser Arafat démontre alors qu’il possède déjà le profil d’un « leader » à l’Université du Caire, il fût élu président de l’Union des Étudiants Palestiniens.

Le mouvement des Frères Musulmans (fondé en 1928 par Hassan Al-Banna) le recrute par la suite. Cet organisme prône des objectifs essentiellement religieux, sociaux, culturelles….

Du jeune étudiant à l’Université du Caire, qui s’enflamme aux côtés des Frères Musulmans lors de la création de l’État « d’israël » (suite au plan de partage de l’ONU en 1947) et du massacre de Deir-Yassine, il part combattre au sud de Gaza.

C’est ainsi qu’il entre en relation, dès 1950, après avoir étudié et médité sur l’histoire palestinienne populaire, avec les Frères musulmans d’Égypte avec lesquels il participe à la guérilla dans la zone du canal de Suez en 1951-1952.

En 1952, Yasser Arafat a suivi des cours d’ingénierie civile dans cette même université.

En 1953, jour anniversaire de la défaite des armées arabes en 1948, il présente à Nasser une pétition qui portait une seule phrase écrite avec son sang : «  N’oubliez pas la Palestine « .

Quatre ans plus tard, au nom de l’Égypte de Gamal Abel Nasser, Yasser Arafat a participé à la bataille de Suez, comme officier de réserve égyptien (avant de suivre un stage dans l’Algérie de Ben Bella en 1964).

Dès cette période, il mesurera l’importance à la fois de la dépendance et de l’indépendance par rapport aux États arabes et, à partir de 1954, par rapport à leur leader Nasser.

Lors de l’année 1958, le Fatah est créé par Yasser Arafat qui a pour mission de mener les Palestiniens à une lutte armée afin de libérer la Palestine.

Le Fatah sera entraîné par Yasser Arafat lors de quelques opérations. On s’aperçoit que Yasser Arafat s’implique beaucoup partout où il est.

A l’ingénieur, puis homme d’affaires établi au Koweït (comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de Koweït City, puis de développer sa propre affaire. Les revenus générés par cette activité lui permettant de financer la création et les premières opérations du Fatah…), il devient un véritable « leader » lors de la création du Fatah. Arafat garde constamment, et quelle que soit sa situation personnelle, la Palestine au cœur.

De 1969 à 1973, chef de l’OLP


C’est le 3 février 1969, durant le Congrès national palestinien, qu’il est nommé président du comité exécutif de l’OLP, en remplacement de Ahmed Choukairy d’abord appointé par la Ligue arabe. Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. (Sur la photo Ahmed Choukairy).

Le roi Hussein de Jordanie envoie des troupes rétablir l’ordre dans les camps de réfugiés. En réplique, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachémite, en arguant que 75% des habitants de la Jordanie sont Palestiniens.

En représailles, le roi Hussein ordonne le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils, de nombreux Palestiniens iront se réfugier en territoire israélien et Yasser Arafat ira se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de septembre noir.

Arafat devient le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, et en 1973, le dirigeant du département politique de l’OLP.

Exile au Liban (1973 à 1982)

Après une déroute militaire en Jordanie, Arafat s’établit au Liban. Le gouvernement central du Liban fragilisé permet à l’OLP d’opérer presque comme un État indépendant. L’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations militaires contre israël. Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l’OLP. La trésorerie est estimée à 2 milliards de dollars en 1975, au moment où la guerre civile débute au Liban.

En septembre 1972, le groupe Septembre noir, (le Fatah est soupçonné d’avoir commandité le commando…), kidnappe onze athlètes israéliens au cours des Jeux Olympiques de Munich. Lors d’une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, la plupart par les preneurs d’otages, parfois à la grenade, mais aussi quelques-uns par les tireurs d’élite de la police. La condamnation internationale de l’attaque a pour conséquence la distanciation d’Arafat d’avec de telles opérations.

L’année 1974 – voir en fin d’article – constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées politiques à caractère pacifiste.

En juin, l’OLP adopte le principe de création d’un État palestinien sur les territoires qui seront libérés, et en novembre, son président reconnaît implicitement l’existence de l’état zioniste (qui ose se faire appeler « israël ») en appelant, durant l’Assemblée générale de l’ONU, toutes les parties à rechercher une solution pacifique pour la Palestine. Il est le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies. Arafat ordonne l’arrêt des actes violents visant des Israéliens à l’extérieur d’israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les chefs d’États arabes déclarent que l’OLP est le seul représentant légitime de tous les Palestiniens, et ils admettent l’OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe en 1976.

En 1976 le massacre de Damour commis principalement par les milices palestiniennes déclenche la guerre civile libanaise. La partie de la Charte de l’OLP visant la fin du sionisme étatique n’est pas abrogée.

israël s’allie avec certains Chrétiens libanais. Deux attaques majeures au Liban sont organisées. La première, Opération Litani (1978), permet à l’armée israélienne et l’armée du Sud Liban (sous contrôle d’israël), de prendre le contrôle d’une étroite bande de terre, la zone de sécurité, jusqu’à son retrait en 1985. Au terme de la seconde opération, dite Opération Paix en Galilée (1982), israël occupe le Liban Sud.

C’est au cours de cette seconde opération, lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, que des civils palestiniens (entre 800 et 3500 selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes. L’implication supposée d’Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d’israël, dans cette opération a probablement un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accède aux fonctions de Premier ministre, le 17 février 2001.

Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants, l’OLP se serait allié avec le KGB soviétique.

De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux aux réfugiés palestiniens. Mais aussi, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques incessantes contre israël et ses intérêts.

En 1980, la trésorerie de l’OLP, confiée à la seule signature de Yasser Arafat, est estimée à 5 milliards de dollars, soit plus que le PNB de plusieurs États de la région.

1982 départ pour Tunis

En 1982, israël finit par chasser l’OLP du Liban, et désorganise en partie ses rentrées financières. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Il installe son quartier général à Tunis. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes et en revient à une analyse et une voie plus politique. Selon sa « stratégie par étapes » dont les prémices de sa pensée et de son action future datent de 1974, israël ne pouvant être détruit en une seule bataille frontale, il convient d’arriver à la création d’un État palestinien, seul capable de rendre la lutte pérenne, d’accéder à un véritable statut international, et de faire entendre sa voix dans le concert des nations. La création de cet État pouvait se faire dans « n’importe quelle partie libérée de la patrie« , au besoin au cours d’une trêve temporaire avec israël.

L’Intifada – Guerre des pierres

En 1988, éclate en Cisjordanie et à Gaza la première Intifada, la « révolte des pierres ». Yasser Arafat reformule sa pensée à travers la Déclaration d’indépendance de l’État de Palestine, préparée par Jérome M. Segal, un universitaire juif américain, prononcée à Alger. Arafat est élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État proclamé indépendant en novembre 1988. Son discours de paix est salué par le prix Nobel de la paix 1994 : Yasser Arafat renonce officiellement à la lutte armée contre l’état zioniste en même temps qu’il reconnaît la légitimité de cet État.

Yasser Arafat s’engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un état Palestinien. Il affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ« , « palestinien puisque né à Bethléem qui est un mot hébraïque qui veut dire « maison du pain » » pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui bien souvent est malheureusement persécutée par une partie des musulmans et est obligée de fuir.

Dès cette époque, il assistait à toutes les messes de Noël à Bethléem comme subtil moyen de propagande, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par israël à la fin de sa vie.

En 1989, la désintégration de l’empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalisent Yasser Arafat sur la scène internationale. De plus le gouvernement russe autorise l’émigration vers israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.

Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein et la communauté Palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, qui est accusé d’avoir favorisé la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990.

Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains. Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement de l’état zioniste, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Retour en Palestine

Suite à des négociations secrètes menées à Oslo, un accord de paix est signé à la Maison Blanche sous l’égide du président Bill Clinton, le 13 septembre 1993. Le monde entier retient la poignée de main échangée avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitue le plan d’Oslo. En 1994, Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs efforts en faveur de la paix de cette région.

Yasser Arafat prend ses quartiers à Gaza en 1994. En 1996, il est élu président de la nouvelle Autorité palestinienne, née des accords d’Oslo, qui jouit d’une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Arafat se marie avec sa secrétaire, Souha Tawil, de 34 ans sa cadette. Ils ont ensemble une fille Zahwa, née en 1995. Toutes deux vivent à Paris, en France, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000.

Si sur le plan extérieur, son régime doit faire face à de nombreuses accusations de corruption et de violation des règles démocratiques – certains accusent Arafat d’être un corrompu et des chiffres circulent sur les sommes détournées (le rapport du FMI les estime à 800 millions de dollars, d’autres à plusieurs milliards), sur le plan intérieur, le leadership de Yasser Arafat ne paraît que rarement être remis en cause.

Il est accusé, par les Israéliens, de museler toute tentative d’opposition. Il est aussi accusé par les mêmes de participer au conditionnement de la population palestinienne à la guerre contre israël, à l’école, à la mosquée, par la presse et la télévision. Ces critiques ne viennent pas seulement des opposants à un État palestinien.

Ainsi par exemple le « Centre palestinien pour les droits humains » accuse l’autorité palestinienne de procéder à des arrestations politiques de militants islamistes. Selon les services de sécurité israéliens, 150 000 Palestiniens, à un titre ou à un autre, collaborent avec eux en leur fournissant des renseignements.

Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l’économie palestinienne croît à un rythme de 9,28 % par an, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l’un des taux de développement les plus rapides au monde au cours de cette période.

Dans le même temps, selon le même rapport, Yasser Arafat aurait « détourné » près de 900 millions de dollars vers des comptes secrets qu’il contrôle directement.

De 1994 à 2001, l’Union européenne finance dans les territoires palestiniens, des projets d’infrastructures pour plus de 3 milliards d’euros. Une grande partie des projets réalisés à l’aide des aides européennes sont détruits en 2002 et 2003 par israël en représailles d’attentats, ce qui provoque des protestations diplomatiques de la part des Européens.

En juillet 2000, le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak évoque la reconnaissance d’un État palestinien. Il butte néanmoins sur de nombreux points. Voir l’article qui détaille ces négociations.

De la seconde intifada à sa fin….

La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes ; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec israël. D’après Imad Al Faluji, ministre palestinien de la Communication (mai 1996-octobre 2002), la seconde Intifada est planifiée par les treize formations dès la fin du sommet de Camp David II en juillet 2000. La visite d’Ariel Sharon, considéré par les Palestiniens comme le principal maitre d’oeuvre des Massacres de Sabra et Chatila, sur l’Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue comme une provocation par les Palestiniens et la seconde intifada commence le lendemain.

Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba. Elles n’aboutissent pas, à la veille d’élections anticipées en israël.

En février 2001, le conservateur Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est élu président.

Les attentats du 11 septembre 2001 précipitent les États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme » à partir de décembre 2001, alors qu’au même moment, Yasser Arafat conclut une trêve avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

L’assassinat ciblé, de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la région de Toulkarem, par les forces israéliennes, change la nature des attentats en israël. Ceux-ci pénètrent à l’intérieur des frontières de 1948. De son côté, Ariel Sharon lança une série de représailles à grande échelle avec l’accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld.

L’Union européenne, généralement favorable aux Palestiniens, exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et « en langue arabe » du terrorisme, ce qu’il fait le 16 décembre 2001, et, en février 2002, il publie une « vision de la paix ». En 2002, le « Karine A », un bateau transportant 50 tonnes d’armement est arraisonné par israël, et l’armée israélienne affirme que sa cargaison est destinée aux Palestiniens et met en cause directement Yasser Arafat.

Le 11 novembre 2004, le président palestinien Yasser Arafat est tombé en martyr, décédant dans un hôpital en France. 10 ans après, les circonstances de sa mort restent inconnues. Il était soigné suite à des malaises quand il se trouvait assiégé dans la Moqata’a (quartier général) à Ramallah. Depuis le début de la seconde Intifada (soulèvement) en septembre 2000, il était non seulement assiégé, mais l’armée israélienne avait en bombardant son QG, tenté de le tuer.

Shaül Mofaz, le chef d’état major ainsi que son Premier Ministre de l’époque Ariel Sharon, ne cachaient pas leurs intentions de l’assassiner. La caméra d’une chaîne de télévision étrangère avait peu avant l’une de leurs conférences de presse diffusées sans le vouloir une conversation privée où Shaül Mofaz disait à Sharon son intention de le tuer et ce dernier lui ordonnant d’attendre un peu. Si ces images avaient fait le tour du monde, personne n’en reparlera après la mort suspecte d’Arafat, ni la communauté internationale, ni l’autorité palestinienne.

« 10 ans après son assassinat, nous ne pouvons en tant que palestiniens passer ce fait sous silence et voulons lui rendre hommage et demander : qui a tué Abou Amar ?

Même si nous ne partageons pas tout son bilan politique, notamment les accords d’Oslo, il faut rappeler qu’avant le déclenchement de la seconde Intifada, Il avait refusé de capituler à Camp David en renonçant comme le lui demandait les Etats-Unis au droit au retour des réfugiés et en abandonnant Al Quds (Jérusalem) aux mains des sionistes. Cela lui avait valu les foudres de l’administration américaine et bien sûr celle des Israéliens. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ces derniers essayaient de l’éliminer (déjà lors de l’invasion du Liban en 1982….)

L’état zioniste n’a jamais caché son intention de le tuer, comme elle a revendiqué l’assassinat de nombreux dirigeants palestiniens toutes tendances confondues comme Kamal Nasser, Kamal Edwan, Ghassan Kanafani, Abou Jihad, Fathi Shaqaqi, le Cheikh Ahmad Yassine, Al Rantissi, Abou Chanab, et beaucoup bien d’autres…

Yasser Arafat n’a finalement jamais capitulé en tant que président palestinien et il l’a finalement payé de sa vie. Aujourd’hui, nous demandons à l’autorité palestinienne ainsi qu’à la France de dévoiler toutes les circonstances de cet assassinat ainsi que les responsables directs ou indirects.

A l’heure où Al Quds et le reste de la Palestine subissent encore les assauts des terroristes sionistes qui n’hésitent pas à assassiner nos compatriotes, nous voulons rendre hommage non seulement à Yasser Arafat, le président palestinien qui n’a jamais renoncé à la souveraineté et à l’indépendance de notre terre, mais aussi à tous les prisonniers et aux martyres de Gaza et de toute la Palestine …« 

1974 : Discours de Yasser Arafat à l’ONU

En 1974 l’OLP obtient un premier et important succès diplomatique.

L’Assemblée générale de l’ONU décide de débattre de la question palestinienne en particulier, et non plus seulement de la question du Moyen-Orient en général. Dans le cadre de ce débat, il est décidé d’inviter l’OLP comme représentant du peuple palestinien. (En photo la « Une » du Time du 11 Novembre 1974).

L’OLP devient ainsi la première organisation non gouvernementale à prendre part à une assemblée plénière de l’ONU.

La décision a été prise par 104 voix pour, 4 contre (dont israël et les Etats-Unis) et 20 abstentions.

Yasser Arafat prononce son premier discours à la tribune de l’Assemblée générale le 13 novembre 1974. Chaque mot en a évidemment été soigneusement pesé. On peut en retenir deux choses :

1) Pour la première fois une offre de paix, bien peu précise, mais présentée comme une opportunité, une option préférable à toute autre :

« Je suis venu tenant d’une main un rameau d’olivier et de l’autre un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main.

Ne le laissez pas tomber de ma main.

Ne le laissez pas tomber de ma main. »

2) Cette proposition survient au terme d’une longue et violente dénonciation du sionisme, présenté comme étant par essence colonialiste, raciste et réactionnaire. Le nom de l’état d’israël n’est pas prononcé, ce qui exclut sa reconnaissance. Le partage décidé par l’ONU en 1947 n’est toujours pas accepté. Il n’est proposé qu’une « Palestine démocratique » dans laquelle les Juifs pourraient vivre en paix … position évidemment inacceptable pour israël.

(L’acceptation du partage et la reconnaissance de l’état d’israël viendront plus tard, avec, paradoxalement, la proclamation d’un Etat palestinien en 1988).

Yasser Arafat devant l’Assemblée générale de l’ONU, le 13 novembre 1974.

Le discours intégral sans aucun sous-titre

 

Extraits du discours

(…)

Tandis que nous condamnions avec force les massacres des juifs par les nazis, les dirigeants sionistes semblaient alors se préoccuper davantage d’exploiter ces massacres autant qu’ils le pouvaient afin de réaliser leur objectif d’immigration en Palestine.

Si cette immigration des juifs en Palestine avait eu pour but de leur permettre de vivre à nos côtés, en jouissant des mêmes droits et en ayant les mêmes devoirs, nous leur aurions ouvert les portes, dans la mesure où notre sol pouvait les accueillir.

Mais que le but de cette émigration soit d’usurper notre terre, de nous disperser et de faire de nous des citoyens de deuxième catégorie, c’est là une chose que nul ne peut raisonnablement exiger de nous.

C’est pour cela que dès le début notre Révolution n’a pas été motivée par des facteurs raciaux ou religieux.

Elle n’a pas été dirigée contre l’homme juif en tant que tel, mais contre le sionisme raciste et l’agression flagrante.

Nous établissons donc une distinction entre le judaïsme et le sionisme. Nous nous opposons au sionisme colonialiste, mais nous respectons la foi juive.

(…)

En ma qualité officielle de président de l’OLP et de chef de la révolution palestinienne, je vous engage à soutenir la lutte de notre peuple pour son droit à l’autodétermination.

Je suis venu tenant d’une main un rameau d’olivier, et de l’autre un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main.

Ne le laissez pas tomber de ma main.

Ne le laissez pas tomber de ma main.

Quelques Extraits d’articles dans les médias en 1974 :

Ania Francos, «Nations unies et territoires occupés : un nouveau front»

«…Depuis 1969, l’OLP ne cesse de répéter que la seule solution juste et durable au Moyen-Orient est la création d’un État démocratique et laïc en Palestine. Certes, une chose est de le dire dans les interviews, une autre de la proclamer à la tribune des Nations unies. Mais il semble que les observateurs se soient moins intéressés à ce que disait Arafat qu’à la question de savoir s’il avait ou non un pistolet dans son étui ou au fait que, pour son discours, avait été installé sur le podium le fauteuil de cuir blanc frappé au blason de l’Onu habituellement réservé aux chefs d’État. Son discours, qui, dit-on à l’Onu, fut «décrypté comme les manuscrits de la mer Morte», a pourtant été généralement déformé. Ceux qui s’attendaient, on ne sait trop pourquoi, à ce qu’à cette occasion il reconnaisse l’État d’Israël, alors que jamais les Israéliens n’ont voulu reconnaître le fait national palestinien, ont trouvé son discours excessif ou intransigeant. Arafat s’est adressé non aux Israéliens, mais à l’opinion internationale et aux juifs du monde entier dont il connaît le rôle dans le renforcement de la paranoïa israélienne.»

Jeune Afrique (France), 30 novembre 1974, p. 46.

S.A., «Onu : l’heure triomphale de Yasser Arafat»

«…Pour l’instant, l’O.l.p. et son leader, M. Arafat, sont parvenus au faîte du succès. Ce qui les incite à l’intransigeance. Mais rencontreront-ils toujours des victoires diplomatiques aussi grandes que celles qu’ils viennent de connaître ? Le premier vote de l’Onu en faveur de leur invitation n’était qu’un scrutin de procédure. Voici maintenant que s’entame le débat sur le fond : M. Arafat demande à l’Onu de revenir sur sa décision de 1947 instituant un partage de la Palestine et faisant naître Israël. L’accord des pays arabes est acquis. Celui du tiers monde d’Afrique et d’Asie en partie prévisible. Ils pourraient être la majorité. Mais restent le continent latino-américain et, surtout, l’Europe. Les plus anciens membres de l’Onu, les signataires de la résolution de 1947. Plutôt que de se déjuger, ils préféreront s’abstenir. Les Arabes perdraient alors l’appui élargi qu’ils souhaitent obtenir. La cassure de l’Organisation des Nations unies en deux blocs s’accentuerait. Ses voeux resteraient d’autant plus vains. Mais aucune solution n’est en vue.»

L’Express (France), 18 au 20 novembre 1974, p. 48.

Georges Vigny, «Le retour du problème palestinien à l’ONU»

«…Ce fait de revenir aux Nations unies, le côté spectaculaire mis à part, signifie aussi une tentative de sortir le problème de l’exclusivité des super-grands. Mais si l’ONU de 1974 n’est pas celle de 1947, est-ce à dire qu’elle est meilleure ? Ou plus efficace ? Alors qu’il appartient aux Nations unies de trouver l’amorce d’un dialogue entre Palestiniens et Israéliens, on peut aussi se demander si l’organisme international est équipé pour répondre à l’attente, s’il a les moyens -ou les possibilités- d’être autre chose, qu’une vaste scène où les «petits» viennent accuser les «grands» et repartent en récoltant de beaux satisfecit sous forme de résolutions. «La guerre a éclaté en Palestine, a dit Arafat, et c’est en Palestine que la paix naîtra». C’est d’abord ramener le conflit israélo-arabe dans sa juste perspective. C’est reconnaître ensuite que la paix est possible. Mais tel que le débat a été lancé, il semble que pour le moment les principaux intéressés ne parlent pas de la même.»

Le Devoir (Québec, Canada), 14 novembre 1974, p. 4.

S.A., «The Palestinians Become a Power»

«…Next week Arafat, who only a few years ago was living in caves and dodging both Israeli agents and King Hussein’s troops, will be honored by the United Nations. It may well be the most colorful and explosive visit to New York City by a foreign leader since the days of Nikita Khrushchev and Fidel Castro. Arafat is expected to lead a 35-man Palestinian delegation, which has been invited -although not as a government- to take part in a plenary debate on the status of the Palestinian people. American-Jewish organizations are planning to counter Arafat’s appearance at the U.N. with what may be the biggest protest demonstration ever mounted in the city. Even if they do not hold it -more especially if they do- Arafat’s appearance in New York will allow the P.L.O. to present its case directly to the American people, who have largely ignored the Palestinian issue. For the estimated 3.2 million Palestinians who are scattered across the world from Israel, Jordan and the West Bank to Lebanon, the Persian Gulf, Europe and the U.S., Arafat’s rocket to recognition was a heady event.»

Time (édition canadienne), 11 novembre 1974, p. 32.

Bibliographie :

« Yasser Arafat, intime ; la passion de la Palestine » de Isabel Pisano

« Les Sept Vies De Yasser Arafat » de Christophe Boltanski

« Yasser Arafat ; premiers bilans critiques » Revue D’Etudes Palestiniennes

« Yasser Arafat » de Saïd K. Aburish

« L’affaire Yasser Arafat » de Emmanuel Faux