Palestine : L’olivier arbre de paix !? Pas pour tout le monde

D’après Larédac’ à 14h30 le 08 Janvier 2014

Quotidiennement, les oliviers sont sources de tensions entre agriculteurs palestiniens et Israéliens, colons comme militaires. © Jaafar Ashtiyeh / (AFP)

L’olivier suscite toutes les convoitises en Palestine. Les Palestiniens, ainsi que l’économie de la Palestine, sont très dépendants de cet arbre millénaire qui donne l’huile d’olive salvatrice. Malheureusement les colons israéliens sont conscients de ce besoin et n’hésitent pas à détruire les arbres de vie sans état d’âme. Des décennies de violence et de colonisation ont fait de l’olivier, symbole de paix planétaire, un objet de discorde entre Israéliens et Palestiniens.

La scène s’est déroulée en octobre dernier en Cisjordanie. Des hommes masqués se sont introduits dans des champs d’oliviers palestiniens avec un objectif : détruire le plus d’arbres possible. Pris en flagrant délit, leurs photos ont fait le tour de la toile et suscité une vive émotion. D’après l’autorité palestinienne et les ONG présentes sur place, il s’agirait de colons, venus semer la terreur chez leurs voisins. Ces scènes auraient lieu régulièrement au moment de la cueillette de l’olive qui débute en octobre. L’olivier, symbole de paix, devient alors symbole de la lutte entre les deux camps.

Depuis le début de l’année 2013, 9400 oliviers auraient été déracinés, brûlés ou empoisonnés dans «des incidents avec les colons» selon le décompte du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha). C’est 1000 de plus qu’en 2012. Les fermiers victimes de ces attaques ne prennent plus la peine d’aller se plaindre. D’après l’ONG israélienne Yesh Din, 97% des plaintes déposées de 2005 à juin 2013 ont été classées sans suite par les autorités israéliennes. Quatre seulement ont abouti à des inculpations.

Ces raids, régulièrement dénoncés par les organisations internationales, viennent compliquer le travail des agriculteurs palestiniens, déjà rendu difficile par les restrictions imposées par Israël. 

     

Une femme Palestinienne pleure la destruction de son champs d’oliviers. Crédit photo : Hazem Bader/AFP

La grande majorité des 8 millions d’oliviers plantés sur les terres palestiniennes se trouvent en Cisjordanie. Or, la barrière construite en bordure de ce territoire depuis 2002-et qui a nécessité l’arrachage de nombreux arbres- a coupé l’accès de centaines de fermiers à leurs champs. Ces derniers doivent obtenir des laisser-passer que les autorités israéliennes délivrent au compte-goutte. 

En 2011, 42% des demandes de permis réclamés avant la saison des récoltes ont été rejetées, déplore l’Ocha. «Ceux qui obtiennent leur permis doivent utiliser des ‘portes agricoles’ construites le long de la barrière qui, pour la plupart, ne sont ouvertes que pour un temps très limité pendant la période de récolte. Cela empêche les fermiers d’entretenir correctement leurs terres», constate l’Ocha.

Cette situation freine considérablement l’économie palestinienne. L’olivier est en effet une manne importante: l’arbre couvre près de 50% des terres agricoles des territoires palestiniens. 

L’industrie de l’huile d’olive représente environ 14% des revenus agricoles dans un pays où l’agriculture représente 25% du PIB. Très pessimiste, le ministère palestinien de l’Agriculture a affirmé en octobre dernier que la production atteindrait environ 15.000 tonnes, moitié moins qu’en 2012. 

La production en baisse impactera directement les 80.000 familles qui dépendent de cet or vert. Elle risque également d’entraîner une hausse des prix difficilement supportable pour la population alors que l’huile d’olive fait partie intégrante de l’alimentation palestinienne: près de la moitié de la production est consommée localement.

Des difficultés à l’export, mais surtout une hypocrisie internationale

Dans le même temps, la production ne parvient pas à se faire une place à l’international malgré ses qualités reconnues (les olives sont cultivées et récoltées à la main sur des arbres souvent âgés de plusieurs centaines d’années). 

En novembre dernier, la Palestine s’est vu fermer les portes du Conseil oléicole international (COI), l’Opep de l’huile d’olive, qui regroupe les 17 principaux producteurs de la planète (dont Israël). La délégation européenne, Allemagne et Royaume-Uni en tête, a bloqué cette adhésion, rappelant à la Palestine les promesses faites pour ne pas faire dérailler les négociations avec Israël. 

Les autorités s’étaient engagées à ne pas demander d’adhésion à une organisation internationale en échange de la libération de prisonniers par Israël. Or le COI a été fondé sous l’égide de l’ONU…

En attendant un éventuel déblocage, certaines ONG travaillent avec les agriculteurs et les instances internationales pour tenter de faire pénétrer l’huile d’olive palestinienne sur les marchés du bio et de l’équitable. 

L’une d’entre elles, l’ONG Oxfam, soutient des coopératives locales depuis plusieurs années. Une entreprise de négoce britannique, Zaytoun, s’est déjà engagée à acheter leur huile à des agriculteurs du village cisjordanien de Beni Zeid.

Une vidéo montre le type de comportement des colons à l’égard des Palestiniens et de leurs oiliviers, dans celle-ci des colons sont accusés d’avoir mis le feu à un champ d’olivier. (Cliquez sur la photo pour visionner la vidéo).


Source : Ocha, AFP, et plusieurs sources officielles, Youtube