Palestine : Mohammed Allan, le symbole des détenus sans inculpation

La police de l’administration d'occupation zioniste a indiqué que Mohammed Allan avait été arrêté mercredi matin à l'hôpital d'Ashkélon (Ouest), où il avait frôlé la mort – sa grève de la faim a duré 60 jours -, avant que les autorités israéliennes ne suspendent sa détention administrative. Son « état de santé s'est amélioré« , a-t-il était dit dans un communiqué de la police pour expliquer son retour en détention administrative.

« Pour le moment, en raison de l'état de santé du gréviste de la faim, l'ordre de détention administrative n'est plus en vigueur« , a indiqué la Cour suprême, tout en soulignant qu'il devait « demeurer en soins intensifs » à l'hôpital d'Ashkélon (ouest d'israël). Elle a précisé que le Palestinien de 31 ans devait être soigné désormais comme n'importe quel autre patient. « Sa famille et ses amis pourront lui rendre visite » normalement, a expliqué la Cour. « Quand son état sera stabilisé, si Allan demande à être transféré dans un autre hôpital, il devra le faire auprès des autorités et en cas de difficulté ou de désaccord, il sera possible de se tourner vers la Cour« , a-t-elle ajouté.

Une loi pour nourrir de force les prisonniers

La ministre de la Culture, Miri Regev, a dénoncé sur Twitter la décision de la Cour, qui selon elle a « répondu au chantage du terroriste Mohammed Allan au lieu d'appliquer la loi prévoyant de nourrir de force » les prisonniers dont la vie est en danger en raison d'une grève de la faim. Cette loi qui a suscité de vives critiques côté palestinien a été adoptée en juillet.

Tombé dans le coma en fin de semaine passée, Mohammed Allan a repris conscience mardi et avait fixé immédiatement un ultimatum à l’administration d'occupation zioniste en lui donnant 24 heures pour régler son cas, faute de quoi il cesserait de s'hydrater.

Arrêté le 6 novembre 2014 « sur la base de témoignages et d'informations selon lesquels il était en contact avec un activiste terroriste du Jihad islamique en vue de commettre des attentats de grande envergure« , selon des sources sécuritaires de l’administration d'occupation zioniste, Mohammed Allan avait débuté le 18 juin sa grève de la faim pour protester contre sa détention administrative. Ce régime d'emprisonnement extrajudiciaire permet aux autorités israéliennes de détenir un suspect sans lui notifier d'inculpation pendant six mois renouvelables indéfiniment.

Le Jihad islamique, organisation désignée comme « terroriste » par l’administration d'occupation zioniste, le présente comme l'un des siens.

Mohammed Allan 5

60 jours de grève de la faim

Jusqu'alors quasiment inconnu, Mohammed Allan, avocat de 31 ans à Naplouse, en Cisjordanie occupée, est devenu le visage de la lutte contre la détention administrative.

Sa détermination à combattre son placement en détention administrative, éventuellement jusqu'à la mort, avait conduit les autorités de l’administration d'occupation zioniste dans une impasse politique et humanitaire. Devant son état alarmant et des comas répétés, la Cour suprême avait fini par suspendre la détention administrative. Mohammed Allan avait alors mis fin à sa grève de la faim.

Sources : Afp, Reuters, Haaretz, Agence Wafa, L'orient le Jour…