Pékin toujours sur le « dos » de la communauté Ouïghour

Comme tous les ans, le gouvernement chinois s’est efforcé de rendre la vie pénible à la communauté musulmane des Ouïghours. Encore cette année, les autorités ont demandé ou plutôt commandé aux musulmans de la province du Xinjiang de ne pas observer le jeûne du mois béni. Les sites internet de plusieurs gouvernements régionaux prient étudiants, fonctionnaires et enseignants de ne pas jeûner.

Toujours sous prétexte d’actes terroristes le gouvernement chinois emploie une répression psychologique sur ce peuple turcophone et musulman. Dernièrement, Pékin accusé des membres du Congrès mondial Ouïghour (ONG basée en Allemagne) de maintenir des liens avec des membres de l’EI. Cependant la communuauté Ouïghour a toujours rejeté cette accusation.

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Tous les ans donc, les autorités chinoises édictent une nouvelle interdiction avec de nouvelles restrictions plus loufoques les unes que les autres. « La chine tente de contrôler la foi de ses musulmans » a déclaré à The Independent Dixat Raxit, leader Ouïghour. « Ces restrictions amènent le peuple ouïghour à résister au gouvernement chinois » a-t-il ajouté.

Tout comme l’année dernière, les autorités chinoises souhaitent voir les parents dénoncés leurs enfants s’ils pratiquent des rites religieux ou s’ils observent le jeûne, c’est ce qu’a dénoncé Mr Raxit à la Radio Free Asia « les autorités, qui demandent aux parents de ne pas laisser leurs enfants jeûner ». Cette radio, financé par les États-Unis, dispose d’un département consacré à la communauté des Ouïghours chinois.

Pour ce mois de ramadan, les autorités de Pékin encouragent les commerçants et les restaurateurs du Xinjiang à rester ouverts. Elles auraient menacé les récalcitrants de sanctions, pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive de leurs établissements. De même, les établissements qui vendent de l’alcool en temps normal et cesseraient de le faire ce mois-ci seraient sanctionnés.

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Donc sous prétexte de lutter contre « l’extrémisme religieux » Pékin oblige des imams à danser dans la rue, enferme des hommes pour port de barbe trop longue, interdit ce peuple de transport en commun, condamne à vie des intellectuels Ouïghours pour soi-disant « séparatisme » comme cela a été le cas pour IIham Tohti professeur d’économie, oblige des hommes à manger et à boire. Des attaques sans vrai fondement qui sont très souvent pointés du doigt par les défenseurs des Droits de l’Homme qui y voient plutôt une sévère « répression religieuse »

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Pourtant Pékin garantie la liberté de religion, mais pas pour les musulmans et parfois aussi pour les chrétiens qui s’ils sont moins attaqués ont leur part de discrimination. En réalité, Pékin tente de contenir l’influence des religions sur sa société. Le communisme pur n’a jamais fait bon ménage avec la religion.

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Cette année les membres du Parti communiste ont reçu de la Chambre de commerce de Turfan trois honteuses consignes contraires à la liberté religieuse : « Premièrement, ne croyez pas en la religion ! », « deuxièmement, il est interdit de participer au Ramadan et d’entrer dans une mosquée pour y pratiquer des rites religieux » et enfin « troisièmement, il faut éduquer les membres de votre famille. Demandez-leur de résister à la religion et aux idées obscures. Il faut lutter contre les activités religieuses illégales et maintenir la stabilité de la société ».

Des décisions critiquées par Al Azhar

La plus haute référence de l’Islam sunnite, Al Azhar, a vivement critiqué cet acharnement par la Chine sur la minorité musulmane des Ouïghour.

« Al-Azhar rejette toutes les formes de répression contre les Ouïghours musulmans en Chine », a-t-il écrit dans un communiqué rendu public vendredi dernier au Caire.

Al-Azhar a également appelé les autorités chinoises à stopper ces violations, exhortant la Communauté internationale, les Nations Unies et les organisations de droits de l’Homme à intervenir.

Les autorités chinoises jouent un jeu pervers avec cette communauté, les attaquants sans cesse tout au long de l’année avec des « tracasseries » dans la pratique de leurs rites religieux. Jusqu’à ce que certains d’entre eux craquent et ce fasse justice tout seul ce qui arrange bien Pékin qui peut ainsi montrer qu’il avait raison…..Ne les oublions pas dans nos invocations…..

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Sources : Media24, The Independent, RFI