Plus de 500 enfants tués depuis le début du conflit au Yémen

Depuis le début du conflit, 2.355 civils ont été tués et 4.862 autres blessés, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme qui a demandé début septembre une enquête internationale et indépendante.

Cependant, les pays occidentaux ont fait volte-face, sous la pression de l'Arabie saoudite selon certains, et retiré leur appui aux Pays-Bas qui voulaient présenter au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU une résolution demandant une enquête internationale sur des crimes de guerre au Yémen.

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Ce changement a poussé les Pays-Bas à retirer leur projet, laissant le champ libre à un autre texte, défendu par Ryad, et qui demande à l'ONU d'apporter son soutien à une commission d'enquête nationale. Ce texte a été adopté vendredi par consensus par les 47 Etats membres du Conseil.

Dans un pays où 80% de la population a moins de 18 ans, environ 10 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire urgente

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) vient d’annoncer ce 2 octobre que plus de 500 enfants ont été tués depuis le début du conflit au Yémen et 1,7 million sont exposés au risque malnutrition et plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées par la guerre au Yémen.

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Plus de six mois après l’intervention fin mars d’une coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite pour aider le gouvernement face aux rebelles Houthis, au moins 505 enfants ont été tués, 702 blessés, a indiqué un porte-parole de l’Unicef, Christophe Boulierac, lors d’un point de presse.

Par ailleurs, a-t-il déploré, 606 enfants ont été recrutés de force ou utilisés par l’ensemble des parties au conflit, soit « quatre fois plus qu’en 2014« .

« Les enfants sont tués par les bombardements, mais aussi dans les combats dans les rues« , a expliqué M. Boulierac, appelant les parties au conflit et ceux qui ont une « influence sur elles de mettre un terme à cette violence« .

L'Arabie saoudite et la coalition ont été accusées à plusieurs reprises d'avoir commis des « bavures » contre des civils lors de leurs frappes aériennes, notamment sur une usine d'embouteillage d'eau en août dans la province septentrionale de Hajja (17 civils tués), sur des résidences d'employés d'une centrale électrique en juillet à Mokha (65 civils tués) et sur une usine laitière en avril dans la ville occidentale de Hodeida (35 civils tués). Et dernièrement selon des témoins de la scène, un raid aérien de la coalition sur un mariage, dans la localité de Mokha (sud-ouest), sur la mer Rouge, a fait au moins 31 victimes dont encore une fois des enfants, « les corps de 31 personnes, dont des enfants, ont été emmenés dans un hôpital« , avait déclaré à l'AFP un médecin.

D'autres raids ont visé ces derniers mois des dépôts d'armes et de munitions aux mains des rebelles à Sanaa, mais des explosions secondaires ont fait de nombreuses victimes parmi les civils.

Des frappes menées par des hélicoptères de la coalition arabe sous conduite saoudienne ont tué 25 civils dans un village du nord-ouest du Yémen, Bani Zela, ont affirmé des habitants et des médecins.

La majeure partie des victimes sont des femmes et des enfants, ont-ils précisé à Reuters.

L'Arabie saoudite a démenti que la coalition arabe soit responsable de la mort de ces 25 civils.

« C'est entièrement faux. Nous le démentons« , avait dit à Reuters un responsable saoudien.

« Les gens fuyaient leurs maisons, et les hélicoptères les pourchassaient. Ils ont commis un massacre sans raison« , a dit un habitant.

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L'attaque aérienne de Bani Zela, près de la frontière avec l'Arabie saoudite et de la mer Rouge, est survenue au lendemain de l'annonce de la mort de trois officiers saoudiens, dont un général, tués le long de la frontière.

Sources : Afp, Reuters, Agence Saba, Agence Spa, L'orient le Jour ….