Portes ouvertes des mosquées pour « un thé de la fraternité »

Des centaines de mosquées dans toute la France ont participé ce week-end à une opération portes ouvertes d'une ampleur inédite, offrant explications et « thé de la fraternité » aux visiteurs, pour défendre un Islam qui a été qualifié de « concorde* ».

Cette initiative fait suite aux attaques et attentats de janvier et novembre 2015.

Un an après les attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher, cette initiative est portée par le Conseil français du culte musulman (CFCM : que l'on renommera les Corrupteurs et Falsificateurs du « Culte Musulman »), l'instance -prétendument- représentative des mosquées en France (en fait pour ceux qui ont signé).

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L'institut de théologie Al-Ghazali de la Grande mosquée de Paris, le 19 décembre 2015 (AFP)
L'institut de théologie Al-Ghazali de la Grande mosquée de Paris, le 19 décembre 2015 (AFP)

« Nous nous sommes interrogés sur ce que nous pourrions faire pour renforcer la concorde et la cohésion nationales à l'occasion de ces commémorations« , explique à l'AFP le président du CFCM, Anouar Kbibech.

« Au lieu de s'attarder sur les actes tragiques, il nous a semblé plus utile et important de célébrer +l'esprit du 11 janvier+« , celui des marches citoyennes géantes du dimanche ayant suivi les attentats, poursuit ce responsable.

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« Avec un objectif: créer des espaces de convivialité et d'échanges avec les fidèles de base et l'ensemble de nos concitoyens« . Et en profiter pour « mettre en avant les vraies valeurs de l'islam, tordre le cou à ces clichés de liens avec la violence et le terrorisme« .

Dans le cadre de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre à Paris, une vingtaine d'opérations de police dont des perquisitions ont été menées dans des lieux de culte musulmans. Au moins trois lieux de prières ont été fermés.

« Je crois qu'il faut dépasser cette +séquence perquisitions+« , estime le président du CFCM qui, « face au risque d'amalgame et de stigmatisation« , voit dans cette opération portes ouvertes un « geste d'ouverture« .

Fraternité des estomacs et bavardages ?

Ce « thé de la fraternité » prendra diverses formes: partage de boissons chaudes et de pâtisseries, visites guidées, débats (oui mais qui et pourquoi ?), ateliers de calligraphie, invitation à assister aux cinq prières quotidiennes…

A la « bouffe » et discussions de table, ne sont que des moments très chaleureux et conviviales sans réel résultat et avancé dans la compréhension d'un uns et des autres, mais au moins les ventres sont remplis.

Et comme l'opération ne concerne pas l'intégralité des quelque 2.500 mosquées et salles de prières du pays mais la plupart des lieux « dits » importants – tels la Mosquée de Paris (salon de thé et musée) – y participeront. Tout comme la petite salle de prière saccagée à Noël dans un quartier populaire d'Ajaccio, sur l'île française de Corse.

Sources : AFP, Communiquée CFCM

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  • Le concordat : vient du latin médiéval concordatum (un accord, un traité) qui dérive de concordare (s'accorder, concorder, s'entendre…).
  • Au sens général, un concordat est un acte de conciliation entre deux parties adverses.Dans l'ancienne procédure de règlement judiciaire, un concordat (terme désuet dans ce sens) est un accord, un arrangement entre un commerçant et/ou une entreprise en état de cessation de paiements et ses créanciers. Il permet de réorganiser les modalités de paiements ou un abandon partiel de la dette. En somme un Moratoire.
  • Dans le domaine politico-religieux, un concordat est une convention passée entre une autorité représentative religieuse (exemple : le Saint-Siège pour l'Eglise catholique – pouvoir spirituel-) et un Etat souverain (représentant le pouvoir temporel) concernant l'organisation ecclésiastique et les relations entre l'Eglise et l'Etat. Il ne traite ni de la foi ni du dogme.En France, c'est en 1516 que fut signer « le concordat » entre le pape Léon X et le roi François 1er afin régir les relations entre l'Eglise et l'Etat, et ce fut le cas jusqu’à la dite « Révolution ». La Constitution civile du clergé mise en place par la Constituante en 1790, qui subordonnait l'Eglise à l'Etat, provoqua un schisme au sein du clergé. Le Concordat, signé par le consul Bonaparte et le Saint-Siège, y mit fin en 1801. Ce régime concordataire reconnaît l'Eglise catholique comme la religion de la « grande majorité des français » et prévoit notamment la nomination des évêques par le chef de l'Etat (si concordat il y aurait avec lesdites organisations « représentatives » des musulmans, ça serait donc au chef d'état ou au ministre délégué à la question du culte de nommer les imams et autres dignitaires religieux ? )
  • Abrogé par la loi de 1905, sur la séparation des Eglises et de l'Etat, le concordat demeure cependant encore en vigueur dans les départements d'Alsace-Moselle (mais aussi que des territoires d'Outre-mer) qui se trouvaient alors occupés par l'Allemagne. Quatre cultes (catholique, luthérien, réformé et juif) bénéficient d'un statut officiel. Les prêtres, laïcs en mission, pasteurs et rabbins sont rémunérés par l'Etat. Les évêques de Strasbourg et de Metz sont nommés par le chef de l'Etat, mais, dans les faits, ce dernier suit les propositions du Saint-Siège.
  • Même si le statut du régime du concordat a été contesté à plusieurs reprises par des partis de gauche, cela n'a eux aucun effet jusqu'à présent.