Poutine a rencontré Bibi à Moscou…..

Le président Vladimir Poutine a rencontré lundi à Moscou le Premier ministre Benjamin « Bibi the King » Netanyahu pour discuter du conflit en Syrie alors que la Russie est accusée par Washington d'y renforcer sa présence militaire.

« Il était très important de venir ici en vue de clarifier notre politique, et faire en sorte qu'il n'y ait aucun malentendu entre nos forces« , a déclaré Benjamin Netanyahu au début de la rencontre, selon un communiqué de son bureau.

Le Premier ministre de l'administration d'occupation zioniste a également prévenu qu'il était déterminé à mettre fin aux livraisons d'armes au Hezbollah par la Syrie et l'Iran, et accusé les deux pays de vouloir « ouvrir un second front » contre de territoire contrôler par l'administration d'occupation zioniste.

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« La politique russe au Proche-Orient sera toujours réfléchie« , a pour sa part assuré le président russe, affirmant que la Syrie ne voulait pas s'attaquer à l'administration d'occupation zioniste, selon des images de la télévision russe. « Nous savons et nous comprenons que l'armée syrienne et la Syrie en général sont dans un tel état qu'elles ne peuvent ouvrir un second front. La Syrie essaie seulement de préserver son indépendance« , a affirmé Vladimir Poutine.

Le service de presse de Benjamin Netanyahu a affirmé qu'il était venu en Russie pour discuter des « forces militaires russes en Syrie » et pour « exposer les menaces pesant sur Israël à la suite du renforcement militaire sur la scène syrienne et de la fourniture d'armement au Hezbollah et à d'autres organisations terroristes« .

Le « soutien » à Damas

Le président russe Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors de leur rencontre au Caire le 10 février 2015 (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors de leur rencontre au Caire le 10 février 2015 (AFP)

Fait plutôt rare pour une visite diplomatique, Benjamin Netanyahu était accompagné de son chef d'état-major, le général Gadi Eisenkot, et du chef des renseignements militaires, le général Herzl Halevy.

Leur venue à Moscou intervient alors que les États-Unis s'alarment depuis des semaines du renforcement de la présence militaire russe en Syrie, visant à renforcer l'aide au régime de Bachar.

Moscou a cependant démenti avoir pris des mesures supplémentaires en vue d'un renforcement de sa présence en Syrie, où le conflit entre le pouvoir et les forces rebelles a fait plus de 250 000 morts en quatre ans et demi.

Le Kremlin défend toutefois son soutien à Damas, dont il est le principal allié, et appelle à une coalition plus large contre l'état dit « islamique » (EI), qui inclurait la Syrie et l'Irak. La semaine dernière, Moscou et Washington ont ouvert pour la première fois un dialogue militaire sur la situation en Syrie, lors d'une conversation téléphonique jugée « constructive » entre les ministres de la Défense russe et américain, Sergueï Choïgou et Ashton Carter.

Alors que l'administration d'occupation zioniste tente de faire croire qu'elle reste à l'écart du conflit syrien, celui-ci a suscité ces derniers mois de sérieuses tensions et de graves incidents sur la ligne de démarcation entre l'État hébreu et son voisin syrien.

Selon la presse israélienne, des responsables militaires redoutent que la présence aérienne russe, si elle est avérée, limite la marge de manœuvre de l'aviation de force d'occupation zioniste. Pour le quotidien de gauche Haaretz, la visite de Benjamin Netanyahu à Moscou « semble refléter son manque de foi dans la capacité et la volonté des États-Unis à protéger les intérêts sécuritaires israéliens« , alors que le Premier ministre israélien doit rencontrer le 9 novembre le président américain Barack Obama.

Libre Echange et coopération économique entre avec la Russie

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Un accord de libre-échange entre administration d'occupation zioniste et les trois pays membres de l’Union douanière (Russie, Biélorussie, Kazakhstan) se négocie depuis 2014. C'était lors d'une réunion de la commission intergouvernementale « russo-israélienne » avec la présence du chef de la « diplomatie » Avigdor Lieberman, qui est coprésident de cette commission.

« En 2014, un accord prévoyant la mise en place d’une zone de libre-échange sera élaboré et signé entre l'administration sioniste, la Russie et les deux autres pays de l’Union douanière: le Kazakhstan et la Biélorussie« , lit-on dans un communiqué publié par M. Lieberman, à l'époque. La signature de cet accord montrerait au milieu des affaires que « les relations de partenariat entre la Russie et israël sont considérées de façon positive en haut lieu« , a ajouté le ministre de l’administration zioniste. Selon lui, « la signature d’un accord de libre-échange traduit le niveau élevé des relations politiques« .

Depuis le début de l'année 2014, les deux pays devaient également achever la mise au point d’un accord engageant la Russie à payer des retraites aux anciens citoyens soviétiques d’origine (ou prétendument) « juive » qui ont émigré sur les territoire de l'administration d'occupation zioniste. Cet accord revêt une grande importance pour l’Etat hébreu, car le nombre de ceux qui ont quitté l’URSS pour s’établir sur le territoire contrôlés par l’administration d'occupation zioniste s’élève à plusieurs centaines de milliers de personnes.

Mais une des préoccupations de M. Poutine, se porte sur les ventes d’armes de l’administration d'occupation zioniste à l’Ukraine, y compris les drones, et qui semble ne pas être sans fondement.

En Octobre 2013, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkin s’était rendu en territoire de l'administration d'occupation zioniste et a dit à des journalistes locaux que son pays était très intéressé par l’importation de drones israéliens, en particulier pour surveiller les accords de cessez-le feu avec les séparatistes russes.

Un mois plus tôt, le canal 2 de la télévision israélienne avait rapporté que Aerospace Industries Ltd. (le premier producteur de véhicules aériens sans pilote de l'administration zioniste) avait convenu de vendre des drones Ukraine. L’accord s’est heurté à une forte opposition au sein du gouvernement de l'administration d'occupation zioniste, a déclaré Channel 2, sans citer de sources.

Un responsable zioniste, qui n’a pas été autorisé à discuter de la question, a déclaré que la vente de drones à l’Ukraine a été annulée après que Poutine ait téléphoné à Netanyahou pour s’y opposer. Le bureau de Netanyahou, le ministère de la Défense et IAI ont refusé de commenter cette information. Un porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, n’a pas répondu aux messages demandant des commentaires. Si l’Ukraine n’a pas pu obtenir les drones israéliens, c’est directement lié à la vente des S300 de la Russie à l’Iran que l'administration zioniste veut faire capoter.

Par ailleurs, au-delà d’un apparent réalisme politique et économique, il convient de souligner que le développement des relations entre l'administration zioniste et la Russie auquel nous assistons depuis l’automne 2008 s’inscrit dans la continuité d’une densification des liens initiée au cours des années 1990.

Néanmoins, si sur la forme les relations israélo-russes semblent traverser une période de réchauffement, sur le fond en revanche, il subsiste toujours des éléments de divergence inhérents aux intérêts propres de chacun des deux partenaires ainsi qu’à une forte composante émotionnelle et subjective. Ces points de friction constituent de fait les limites de la complaisance commune.

Voir : Accord entre la Fédération de Russie et l'administration zioniste sur le commerce et la coopération économique bilatérale sur le site du ministère des Affaires étrangères de l'administration zioniste : http://www.mfa.gov.il

Malgré la crise économique a indéniablement affecté le volume des échanges entre l'administration zioniste et la Russie : alors que les importations russes en provenance des usines zionistes ont diminué entre 2008 et 2009 (de 777 millions de dollars à 649,5 millions de dollars), les exportations russes vers israël se sont quant à elles effondrées : elles sont passées, sur la même période, d’un peu plus de 1 milliard de dollars à 488,6 millions.

La balance commerciale russe avec l’État hébreu s’est donc retrouvée déficitaire avec un différentiel de près de 161 millions de dollars. Toutefois, si l’on observe l’évolution du commerce bilatéral depuis le début des années 1990 jusqu’à 2007, le volume des échanges a explosé, passant de 12 millions de dollars en 1991 à plus de 2,8 milliards de dollars en 2008.

La Russie et ses relations avec les pays musulmans…..

La Russie est un vaste État multiethnique et pluri-confessionnel dont la population compte près de 20 millions de Musulmans pour 142 millions d’habitants, ce qui fait de l’Islam la deuxième religion de Russie.

Vladimir Poutine ne manque pas, dans divers discours et des occasions bien utile, de rappeler que la Russie est, de par sa forte composante musulmane, une puissance islamique…..

Voir : La Russie est un membre observateur de l’Organisation de la Conférence Islamique depuis 2005 – http://www.oic-oci.org/home.asp.

Il faut rappeler que les relations entre Moscou et le Monde musulman n’ont pas toujours été faciles, aussi bien au niveau des rapports entre Moscou et ses Musulmans que sur le plan des rapports entre la Russie et les pays musulmans.

Relation du « je t'aime moi non plus » ?

La Russie avait été coïncidéré comme un des « petits satans » selon la rhétorique iranienne sous l'Ayatollah khamenei, puis le pays a dû faire face au « djihad » afghan dans les années 1980 avant que la Russie ait à combattre directement sur son propre territoire en Tchétchénie et au Daghestan dans les années 1990 et au début des années 2000.

Même si ces derniers combats n’ont concerné que des activistes nationalistes et voir séparatistes, et une minorité musulmane d'un pays non musulman, l’impact de ces conflits sur l’oumma fut réel.

Dans le même temps, le soutien diplomatique et matériel, bien calculé, apporté par les Russes au nationalisme arabe (Comme cela a été le cas pour Gamal Abdel Nasser, ou pour la d’indépendance algérienne, ou encore à Mouammar El Kadhafi, ajoutons aussi Saddam Hussein…..), a également eu un impact sur la communauté des croyants, et aujourd’hui, la Russie bénéficie encore des retombées de ce soutien en terme de crédit auprès d'un grande partie des population des pays « arabes ». La position de la Russie en faveur d’un monde multipolaire contribue également à rehausser son image auprès de ces mêmes pays. Sa part de la composante musulmane dans le pays et son soutient calculé à des pays musulmans lui apporte un crédit certain.

L’amitié ainsi que l’assistance apportée par Moscou aux pays arabes de même que la sympathie manifestée par certains diplomates, comme Evgueniï Primakov, a apporté à l’inverse une méfiance de l'administration d’occupation zioniste vis a vis de la Russie et cela jusqu'au début des années 1990,

Mais cela est du passé, il semblerait qu’aujourd’hui que cet aspect n’entre plus en ligne de compte du côté de l’administration zioniste étant donné que le partenariat russe paraît être inévitable, notamment sur des dossiers comme le nucléaire iranien, ou la Syrie…

Apres 10 ans de rénovation grandiose, la grande mosquée rouvre ses portes à Moscou. La surface de la mosquée a été multipliée par 20 et peut maintenant accueillir jusqu’à 10 000 fidèles. Les présidents Russe, Palestinien et Turc ont participé à l’inauguration. (Cliquez sur ici pour voir la vidéo)

Sources : Afp, Ria Novosti, Haaretz