Première mission de l’armée allemande, l’Italie va protéger le barrage de Mossoul, La France tire des missiles Scalp

Un avion de l'armée allemande, la Bundeswehr, a effectué dans la nuit de mardi à mercredi sa première mission au sein de la coalition contre l'état dit « islamique » (EI), ravitaillant des avions de combat, a indiqué la Bundeswehr à l'AFP.

L'avion ravitailleur A310 MRT a approvisionné à deux reprises en carburant des avions de combat en plein air, avant de regagner peu après minuit la base militaire turque d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, a déclaré un porte-parole de la Bundeswehr.

Au total, la mission aura duré cinq heures, a-t-il ajouté, sans préciser la ou les nationalités de ces avions de chasse.

Les députés allemands ont autorisé début décembre le déploiement de jusqu'à 1.200 soldats, une frégate et une demi-douzaine d'avions pour participer aux opérations militaires internationales contre l'état dit « islamique » (EI), en soutien à la France après les attentats de Paris, ce qui en ferait la plus grosse mission de la Bundeswehr à l'étranger.

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Les premiers soldats allemands ont décollé jeudi dernier de la base allemande de Jagel (nord) suivis de deux des six avions Tornado devant à terme être positionnés en Turquie pour effectuer des missions de reconnaissance au-dessus du territoire contrôlé par l'état dit « islamique » (EI).

L'avion ravitailleur A310 MRT avait lui aussi été déployé le même jour depuis la base de Cologne-Wahn (ouest) pour rejoindre la base d'Incirlik.

Contrairement à la France, aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne, l'armée allemande ne procède à aucun bombardement des positions de l'EI, qui contrôle de vastes pans de territoire en Syrie et en Irak. Berlin a prévu de participer à des missions de reconnaissance et a engagé une frégate au côté du porte-avions français Charles-de-Gaulle.

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450 militaires italiens pour protéger le barrage de Mossoul

L'Italie va envoyer rapidement 450 militaires défendre le barrage de Mossoul (nord de l'Irak), près de la ville occupée par l'état dit « islamique » (EI), afin de protéger ce chantier dont une entreprise italienne a remporté l'appel d'offre, a annoncé le Premier ministre Matteo Renzi.

L'Italie va envoyer 450 militaires protéger le barrage de Mossoul« L'appel d'offre (pour la consolidation du barrage, ndlr) a été remporté par une société italienne (…) et nous enverrons sur place 450 de nos hommes aux côtés des Américains afin d'aider à le protéger », a affirmé dans la nuit de mardi à mercredi le Premier ministre à « Porta a Porta », une émission de télévision de deuxième partie de soirée.

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Deuxième ville d'Irak, Mossoul est occupée depuis juin 2014 par les combattants de l'état dit « islamique » (EI).

Le barrage « est au coeur d'une zone dangereuse, à la frontière avec l'EI, il est sérieusement endommagé et risque de s'écrouler », a ajouté Matteo Renzi.

Les forces kurdes, appuyées par l'aviation américaine, avaient repris le barrage stratégique à l'EI en août 2014. Le barrage de Mossoul est le plus important d'Irak, fournissant de l'énergie et de l'eau à plus d'un million de personnes dans le nord du pays.

C'est une entreprise italienne, le groupe Trevi, qui a remporté l'appel d'offres, d'un montant de deux milliards de dollars, pour la consolidation de ce barrage situé sur le Tigre, à quelque 50 kilomètres en amont de Mossoul.

L'objectif des 450 militaires italiens, qui s'ajouteront à un contingent de 750 hommes déjà présents en Irak, sera d'éviter que le barrage puisse retomber sous la coupe de l'état dit « islamique » (EI) et permettre que les travaux, indispensables à cette infrastructure fondamentale pour l'Irak, puisse reprendre, précisent mercredi les médias italiens.

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Jusqu'à présent, les conditions de sécurité étaient trop précaires pour autoriser le personnel de la société à lancer les travaux.

Une force armée est donc nécessaire pour protéger ces ouvriers et l'Italie a donc décidé de participer à cette opération, aux côtés de militaires américains.

L'ouvrage, projet prestigieux de l'ancien président irakien Saddam Hussein, souffre d'un problème structurel qui lui a valu d'être désigné comme « le barrage le plus dangereux du monde » par des ingénieurs de l'armée américaine (ACE) dans un rapport d'inspection de 2007.

De hauts responsables américains ont mis en garde contre un risque de catastrophe majeure si le barrage s'effondrait, évoquant une vague de 20 mètres qui pourrait déferler sur Mossoul.

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La France tire des missiles de croisière Scalp* en Irak

Au moins un des Rafale engagés en Irak et en Syrie dans le cadre de l’opération Chammal a tiré au moins un missile de croisière Scalp lors d’un raid aérien ce 15 décembre « en fin de matinée », selon l’état-major des armées.

Les frappes ont été effectuées au-dessus d’un « groupe de bâtiments renforcés (durcis) », qui abritait entre autres un quartier général, un centre d’entraînement et des dépôts logistiques, situé dans la région d’Al Quaim, à la frontière irako-syrienne.

Cette mission planifiée impliquait « une dizaine d’avions de chasse », Rafale et Mirage 2000D/N. Le taux de pénétration ainsi que l’importance de la cible peuvent expliquer l’emploi du missile de croisière, dont la première utilisation opérationnelle remonte à la Libye, en 2011, lors de l’opération Harmattan.

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* »Système de Croisière Autonome à Longue Portée – Emploi Général ». C'est la version anglaise qui est baptisée « Storm Shadow ».

Le missile Scalp est un dérivé de l'Apache. Il comporte une charge unitaire contrairement à l'Apache qui emportait des sous-munitions. Son développement a commencé en 1994 et le missile a pu être livré aux forces en 2004 après une commande passée en 1998 (500 missiles dont 50 pour la Marine). Le principe ressemble a celui évoqué avec l'Apache, à savoir détruire un objectif terrestre primordial en profondeur ou présentant un danger (bunker, centre de commandement, de stockage de munitions…), déterminé avant le vol, sans que l'avion tireur ne soit en danger, tout en évitant les dommages collatéraux grâce à une très grande précision. Une fois lancé, sa cible ne peut donc pas être modifiée.

Sources : Afp, Reuters, Deutsche Well, Armée de l'Air…