Qui était Ariel Sharon ?

D’après Intifada76 à 21h42 le 12 Janvier 2014

Le collectif tenait à ce qu’on se rappelle ou qu’on prenne connaissance de qui était en réalité Ariel Sharon le BOUCHER.

Militaire de carrière au sein de Tsahal, politicien d’extrême droite et fin stratège, fervent défenseur de l’entité sioniste.

Tout ceci avant que la communauté internationale ne commence à s’émouvoir de sa disparition en nous décrivant un homme pas si mauvais au fond qui aurait pour exemple de sa bonne foi, démantelé des colonies en Palestine etc…

Par les temps qui courent il nous tient à cœur que la vérité soit écrite et qu’elle circule.

SHARON EST MORT, MAIS SES ACTES RÉSONNENT ENCORE !

La piqure de rappel nous semblait nécessaire. Merci de partager.

En 1953, le lieutenant Sharon crée l’ » Unité 101 « , qui se spécialise dans les raids destinés à terroriser les Palestiniens et à leur faire quitter leurs maisons ou leurs campements.

En septembre, il attaque même des bédouins dans la zone démilitarisée de Al Auja, à la frontière entre le désert du Negev et le Sinaï, en tuant un nombre de gens qui reste inconnu aujourd’hui encore.


L’Unité 101, le 30 août 1955 © AFP

Le 14 octobre, son escadron de la mort attaque de nuit le petit village de Qibya en Cisjordanie et se livre, maison après maison, au massacre de 69 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants. D’ailleurs pour sa défense Ariel Sharon affirmera plus tard pour sa défense qu’il pensait que les maisons étaient vides.

Même les troupeaux de vaches sont exterminés. La consigne donnée par Sharon a été : « massacres et dégâts maximum« .

1956, pendant l’attaque anglo-franco-israélienne contre l’Egypte, les unités commandées par Sharon et son compère Rafael Eytan assassinent des prisonniers de guerre égyptiens et des civils soudanais capturés.

Plus de 200 prisonniers auraient été exécutés et jetés dans des fosses communes. 1971, il se distingue par des opérations « très spéciales » qu’il dirige personnellement dans la bande de Gaza, à l’aide d’unités surnommées les « caméléons » parce leurs éléments se déguisent en Arabes pour mieux s’infiltrer.

Des centaines de « suspects » sont assassinés sur place ou arrêtés et déportés dans le désert du Sinaï, en Jordanie et au Liban.

1982 invasion du Liban dans le cadre de la fameuse opération « Paix en Galilée » – paix des cimetières, en fait -qui donnera l’occasion au général Sharon de prêter main forte à la boucherie des phalangistes maronites qui, pendant deux jours, du 16 au 18 septembre, violeront, tortureront, mutileront et tueront des centaines de Palestiniens dans les camps de Sabra, Chatila et Burj El Barajneh, proches de Beyrouth.


L’armée israélienne est soutenue par l’Armée du Liban sud -milice chrétienne armée et entrainée par l’Etat hébreu pour contrôler la zone frontalière- et les Phalanges -droite libanaise, majoritairement chrétienne, dotée d’une structure paramilitaire. En Israël, c’est le premier ministre Menahem Begin, le chef d’État-major Rafael Eitan et Ariel Sharon, le ministre de la Défense qui sont à la manoeuvre.

Crédit photo : Yan Morvan

Entre 800 et 3000 personnes (selon les diverses estimations) dont une majorité de femmes, d’enfants et de vieillards, sont abattus à coups de hache ou de balles dans la tête, alors qu’une grande partie des hommes de ces camps venaient de quitter le Liban. Un scandale tellement énorme que Sharon fut tout de même mis en cause et jugé responsable dans son propre pays.

Avril 2002 : le massacre de Jénine et celui de Naplouse sont des opérations calquées sur les précédents exploits de Sharon. Rues éventrées, maisons rasées par centaines au bulldozer géant, fabriques, mosquées et bâtiments classés patrimoine culturel historique par l’UNESCO détruits.

Plus de 150 Palestiniens tués en quelques jours dans ces deux villes, et un grand nombre de blessés morts d’hémorragies, en raison du refus de laisser les secours pénétrer. Un résultat dont le Premier ministre israélien, qui se permet de refuser toute commission d’enquête internationale, se déclarera  » très satisfait « .

Non content d’avoir détruit aux trois quarts le quartier général de Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne, démocratiquement élu (l’armée a pour cela utilisé soixante habitants de Ramallah comme boucliers humains ; 6 de ces civils trouveront ainsi la mort, dont une jeune femme de 21 ans), et d’emprisonner ce dernier dans les ruines de la Muqata’a,

Sharon déclare à un journaliste de Maariv : « Je regrette de ne pas l’avoir liquidé« . Pour se consoler, il affirme : « Il sera complètement isolé du monde, claquemuré dans sa cage« 

Sharon n’a pas seulement milité pour que les Israéliens puissent acquérir des terres en Cisjordanie à une époque où la loi israélienne ne le permettait pas encore (il faudra attendre 1973).

Quand il a obtenu satisfaction, le premier achat a concerné la construction d’une résidence en Cisjordanie pour… les retraités de l’armée israélienne !

En 1974, Sharon a personnellement pris la tête d’un groupe de colons pour établir un  » avant-poste illégal  » près de Naplouse.

Expérience qu’il a ensuite renouvelée maintes fois, afin de  » judaïser les territoires « . Ministre de l’agriculture de Begin en 1977, il facilita l’expansion massive des  » implantations agraires juives  » en Cisjordanie et à Gaza.

Sous sa houlette, entre 1977 et 1981, plus de 25.000 colons s’installeront dans les territoires occupés sous les doux noms de  » Jumbo « ,  » Judée et Samarie  » ou  » Météor « . Des colons volontaires, pour la plupart membres des groupes religieux fascistes du Gush Emunim (le  » Bloc de la Foi « ) seront entraînés à former des équipes de tueurs sur le modèle de l’ancienne  » Unité 101″ de Sharon.

En 1980, Sharon forme avec Yuval Neeman l’organisation Prevention of Emergence of another Arab Country in Eretz Israel (prévention de l’émergence d’un autre pays arabe en Eretz Israel).

Le sigle qui en résulte ne manque pas d’humour (noir) : PEACE ! Cette association milite pour l’annexion permanente des territoires occupés. 2002 Il se charge d’édifier le tristement célèbre Mur de la Honte, avec ses miradors et barbelés.

Des milliers d’hectares fertiles sont ainsi confisqués, privant de leurs ressources des centaines de milliers de Palestiniens qui commencent à souffrir de malnutrition.

Et quand les Palestiniens et les pacifistes internationaux, y compris israéliens, protestent contre ce mur, Sharon n’hésite pas à ordonner à sa soldatesque de tirer sur eux.

2003 Il fait dynamiter des tonnes d’aliments envoyées aux Palestiniens par des organismes internationaux à Gaza Cet odieux personnage se soucie des lois et du droit international comme de sa première chemise kaki. Pour lui, les résolutions de l’ONU sont, comme chacun sait, autant de chiffons de papier.

Conventions de Genève ou pas, il érige en règle les châtiments collectifs, fait détruire des biens privés, mais aussi des hôpitaux ou des écoles. Il fait bloquer l’accès aux soins, à l’éducation, priver les Palestiniens d’eau et de nourriture.

Il ne se contente pas de faire briser les ordinateurs, brûler ou disparaître les registres d’état civil, ou encore rendre inutilisables l’aéroport de Gaza.

Comme l’écrivait la journaliste israélienne Amira Hass d’Haaretz, en avril 2002, « ce n’est pas par caprice ou vengeance, ce sont des instructions précises que donne Sharon à l’armée israélienne pour qu’elle détruise les institutions civiles et ruine toute chance de constitution d’un Etat palestinien indépendant et pour faire régresser la société palestinienne« .

Il fait emprisonner sans charges des milliers de Palestiniens. Cela s’appelle la  » détention administrative « . Il autorise la torture non seulement à l’abri des regards dans les geôles israéliennes, mais aussi dans les camps et à tous les check-points où les soldats israéliens ont le droit de donner libre cours à leur sadisme, puisque les Palestiniens ne font pas partie du genre humain.

 » L’objectif de Sharon, explique le pacifiste israélien Uri Avnery, est de transformer les Palestiniens en épaves humaines dont il pourrait faire ce qu’il veut : les enfermer dans des enclaves ou les chasser du pays. « . Il incite les soldats à se servir de  » boucliers humains  » lors des  » incursions  » israéliennes. Et les Israéliens qui refusent de  » contrôler, expulser, affamer et humilier un peuple tout entier  » [Lettre du mouvement des refuzniks] sont jetés en prison.

En dépit des conventions internationales sur la libre circulation des personnes, Sharon bloque l’entrée en Palestine. Des interrogatoires policiers à l’aéroport de Tel Aviv sont là pour s’assurer que les étrangers n’ont pas l’intention de se rendre en Palestine.

Les missions humanitaires sont refoulées et les Palestiniens de plus en plus isolés, sans même la possibilité de bénéficier de la solidarité internationale. Sharon a toujours combattu toutes les initiatives de paix israélo-arabes, et en particulier israélo-palestiniennes.

Lorsque sont signés les accords d’Oslo en 1993, il monte une grande campagne d’opposition contre leur artisan israélien, le Premier ministre Yitzhak Rabin, qui se terminera par l’assassinat de ce dernier. Il appelle les colons à la  » résistance  » et fait , en 1993, une tournée aux Etats-Unis pour combattre les accords et récolter des fonds en faveur des colons les plus fanatiques, ceux de Kyriat Arba à Hébron.

Quelques mois plus tard, le 25 février 1994, l’ancien réserviste de l’armée israélienne et leader de Kyriat Arba, Baruch Goldstein, massacre trente Palestiniens en train de prier dans le Caveau des Patriarches. Un mois plus tard, le 31 mars 1994, pas gêné pour autant, Sharon organise un rassemblement de plus de 10.000 Israéliens contre Oslo et le démantèlement des colonies.

Sharon se rend à nouveau à Kyriat Arba, dont était également originaire l’assassin de Rabin, en janvier 1997, alors qu’il est ministre des infrastructures, pour encourager les colons à la  » résistance « . Tout est bon pour empêcher tout processus de paix.


Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon déambulant sur l’esplanade des Mosquées

Le 28 septembre 2000, alors que les pourparlers sont encore en cours entre le gouvernement d’Ehud Barak et les négociateurs palestiniens, Sharon, encadré par des policiers israéliens, effectue sa désormais tristement célèbre  » promenade  » sur l’Esplanade des Mosquées, lieu de culte des Musulmans.

C’est cette visite qui mettra le feu au poudre et qui déclenchera certainement pour son plus grand plaisir la Seconde Intifada.

La provocation (que les dirigeants palestiniens, Yasser Arafat en tête , avaient cherché à conjurer, suppliant dans les jours précédents Ehud Barak de ne pas laisser faire Sharon) aura le résultat escompté : manifestations et jets de pierres violemment réprimés, 28 morts et 500 blessés palestiniens en trois jours, et enterrement du processus de paix.

La tactique de Sharon n’a d’ailleurs jamais varié d’un pouce : provoquer et rechercher des réactions violentes au sein de la société palestinienne pour pouvoir justifier des  » représailles « , et détruire en fait toute perspective de paix et toutes les potentialités d’édification d’un Etat palestinien. Pas question d’accepter la présence dans les territoires occupés d’une force internationale de paix. Cela ferait encore plus de témoins gênants !

22 juillet 2002 Quand Arafat obtient du Hamas et du Jihad islamique un cessez le feu unilatéral le, Sharon s’empresse de devancer le communiqué de presse prévu pour le lendemain en larguant une bombe d’une tonne sur un quartier très peuplé de Gaza. 

Officiellement, il ne s’agissait que d’une énième  » opération ciblée  » : anéantir l’immeuble où se trouvait Salah Shéhadé, le fondateur des Brigades des martyrs Ezzedine Al-Qassam, l’aile militaire du Hamas.

Bilan : 21 morts et 150 blessés dont de nombreux enfants du voisinage. Adieu la trêve. Tandis que ce nouveau fait d’armes suscite l’indignation dans la  » communauté internationale  » et la contestation au sein d’Israël même, Sharon respire.  » C’est l’une de nos opérations les plus réussies « , déclare-t-il.

Pas besoin de conclusion, l’essentiel est dit.

Source : agircontrelaguerre

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Pour ceux ou celles qui veulent en savoir plus sur Intifada76 : Article dans la rubrique clin d’oeil sur….: http://tousensemblepouravancer.blogspot.fr/2013/12/clin-d-sur-intifada76.html?m=0