Ramadan, période difficile pour les musulmans Ouïghours

D’après Larédac’ à 19h06 le 04 Juillet 2014

La tension ne cesse de croître dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Alors que le mois béni du ramadan vient de débuter, les autorités chinoises ont interdit aux fonctionnaires, aux enseignants et aux étudiants ouïghours de pratiquer leurs rites religieux. 

Cette interdiction concerne le fait de se rendre dans les lieux sacrés (l’accès aux mosquées a été réduit) ou observer le jeûne durant la journée, l’un des cinq piliers de l’islam. Divers sites gouvernementaux relaient en effet des instructions à suivre dans cette zone autonome proche du Kazakhstan.

Pour montrer l’exemple aux Ouïghours, l’ethnie musulmane majoritaire dans la région – quelque 9 millions d’âmes sur un total de 22 millions d’habitants -, les autorités ont notamment diffusé une photo montrant des musulmans attablés en pleine journée durant le ramadan. 

« Même si ce repas coïncidait avec la fête musulmane du ramadan (de l’année dernière), les cadres qui y ont pris part ont affiché une attitude positive« , indique le bureau gouvernemental du bassin de la rivière Tarim, dans un texte accompagnant l’image. 

Donc on prend une veille photo d’un ‘id pour faire passer le message que les musulmans mangent pendant Ramadan ! Propagande abjecte de la part du gouvernement communiste !

Une « attitude positive » ? Par opposition aux répercussions prétendument néfastes du ramadan : la raison invoquée officiellement pour justifier ces restrictions est en effet l’impact que peut avoir le jeûne sur la santé des employés du gouvernement. Or parmi les catégories visées par ces mesures figurent des fonctionnaires à la retraite !

Amenés de force à la cafétéria

Si les restrictions sont plus sévères cette année, l’attitude anti-islam des autorités n’est pas nouvelle dans le Xinjiang. En 2008, déjà, le gouvernement local avait obligé les restaurants appartenant à des musulmans à rester ouverts durant les heures où ils étaient traditionnellement fermés, en période de ramadan.

En 2011, des étudiants musulmans d’une université de cette région autonome ont été escortés par leur professeur jusqu’à la cafétéria de leur établissement, durant la pause déjeuner, selon le journal « Los Angeles Times ». Plus tard, durant l’Aïd el-Fitr [fête musulmane célébrant la fin du ramadan], ils ont été retenus sur le campus universitaire, empêchés de rejoindre leur famille pour l’occasion.

De plus en plus strictes, ces mesures illustrent le durcissement de la répression conduite par le Parti communiste chinois à l’encontre des Ouïghours, à l’encontre de nos frères ! 

« La politique de Pékin exacerbe le – terrorisme-« 

De nombreux musulmans affirment désormais être victimes d’une répression culturelle et religieuse. Le Congrès mondial ouïghour, une organisation exilée en Allemagne et considérée par Pékin comme « séparatiste », a prévenu que ces nouvelles « mesures coercitives, restreignant le culte religieux des Ouïghours, déboucheront sur davantage de conflits« .

Hostile à la tutelle de Pékin, la frange radicale de ces musulmans turcophones serait, selon Pékin, à l’origine de sanglants attentats ces derniers mois au Xinjiang et dans le sud-ouest de la Chine. Cette montée des violences séparatistes a entraîné une intensification de la répression des autorités chinoises, qui ont réagi avec la plus grande fermeté, lançant des vagues d’arrestations de personnes « soupçonnées de terrorisme« .

Sur les réseaux sociaux, les mesures gouvernementales ont par ailleurs été dénoncées comme contre-productives : « En interdisant toute sorte d’activités religieuses, la politique de Pékin envers le Xinjiang revient à exacerber le terrorisme« , a commenté, sur Twitter, Mehmet Söylemez, un observateur dans le pays.

113 personnes condamnés pour terrorisme


Le 30 juin dernier, Les tribunaux du Xinjiang ont condamné 113 personnes à des peines de prison allant de dix ans à la perpétuité, notamment pour des faits de « terrorisme », a annoncé le gouvernement de cette région de Chine où les affaires de ce genre se sont multipliées ces dernières semaines.

Pékin a lancé fin mai une campagne de lutte contre le « terrorisme », notamment dans la région automne de l’extrême ouest du pays, foyer d’une importante communauté musulmane ouïghour.

Les dernières condamnations en date ont été prononcées mercredi par des tribunaux dans onze districts et villes des environs de la ville de Kashgar, a rapporté dimanche soir le site internet d’informations officielles Tianshan.

Le site ne précise pas à quelle communauté appartiennent les condamnés mais il se trouve qu’ils ont des noms à consonance ouïghoure.

Toujours selon le site Tianshan, ils ont été jugés entre autres pour « implication dans une organisation terroriste, incitation à la haine ethnique et discrimination ethnique« , bigamie, vol ou encore trafic de drogue.

Les services de sécurité chinois sont sur la brèche depuis un attentat qui a fait 39 morts fin mai sur un marché d’Urumqi, la capitale du Xinjiang. En un mois, au moins 380 personnes ont été placées en détention.

Pour ce cher gouvernement chinois, rappelons juste un proverbe de l’Empire du milieu : 

« Fier de ton rang, gonflé de ta science, tu regardes les autres avec mépris ; tu ressembles à cet enfant qui, fièrement assis sur un monceau de neige, s’applaudit de son élévation : le soleil darde ses rayons, la neige se fond, et le petit orgueilleux tombe dans la fange. »

Source : Afp, Reuters, Los Angeles Times, China Today, Chine Nouvelle