Rappel sur Zakat Al fitr

D’après Abdoullah Ibn Adam à 17h31 le 31 Juillet 2013

[Réédition] : Nous avons mis en fin d’article la réponse d’une fatwa sur le sujet de la Zakât et le Dr Mansour nous apporte quelque précision en ce qui concerne les écoles.

                         

Comme nous avons eu des retours sur l’article concernant la zakât Al Fitr, nous allons in sha Allah revenir sur le point au sujet duquel on peut ou non donner de l’argent.
Tout d’abord nous vous rappelons et nous nous rappelons que nous ne sommes pas des savants et que la vérité appartient à Allah.

Ceci étant il est très important de savoir que la majorité des juristes (fouqaba) n’ont pas permis de sortir l’aumône de la rupture du jeûne par son équivalent (Al Qima), c’est à dire en argent ou autres. Mais il est vrai qu’il y a une école qui l’a permis celle d’Abou Hanifa (qu’Allah l’agrée) et ceci est évoqué dans le commentaire du Sahih Mouslim par le savant An Nawawi (Vol.7 p.60). 

De plus au premier temps de l’islam, on la donnait sous forme de produits alimentaires. Il n’a pas été rapporté, en effet que le Prophète l’eut accomplie en espèces, ses compagnons non plus (l’argent existant déjà à cette époque, ils auraient certainement fait de la sorte). Cependant, les savants, après un effort d’interprétation (ijtihad) en ont conclu que l’on peut la donner en numéraire. Ceci confère plus de souplesse aussi bien pour les donateurs que pour les bénéficiaires qui auront toute latitude pour acquérir les produits qu’ils souhaitent le plus, les musulmans qui s’en acquittent en payant de l’argent à une association pour qu’elle achète à son tour la nourriture à donner aux pauvres, doivent s’assurer que cette dernière réalise les dons avant la prière de la fête, car cette aumône, encore une fois, n’est pas autorisée à être donné sous forme d’argent par la majorité et sera in sha Allah accepté comme une simple aumône parmi les aumônes si elle est donnée en retard.

Voilà nous ne pouvons pas aller plus loin puisque nous sommes restreints au niveau de la science, si nous devions donner un conseil ce serait celui-ci : Écoutez votre coeur faites l’aumône avec l’intention la plus sincère possible et Allah est le plus savant.

Pardonnez-nous si cela a été ambigu pour certains.

Fatwa : 

Donner Zakat Al Fitr en valeur n’est pas une Bidaâ

Question  : « Je suis convaincu que Zakat Al Fitr se donne en nourriture. Mais en France, ils veulent de l’argent et refusent la nourriture même un somalien sans papier me l’a refusée. Alors je l’ai mise devant la porte d’un pauvre qui a pris ce qui lui plaisait et a déposé devant la mosquée ce qu’il ne voulait pas. »

« Comment faire pour l’année prochaine sachant que je ne donnerai pas d’argent et que c’est une innovation ? Peut-on l’expédier à l’étranger et comment faire pour respecter le temps de la Zakat ? »

Réponse : « Louange à Allah. Paix et salut sur Son Prophète. Donner la Zakat Al Fitr en valeur est un sujet de divergence entre les Foukahas. La majorité des Oulémas l’interdit tandis que d’autres l’autorisent.

Un troisième groupe soumet le sujet à l’intérêt confirmé des bénéficiaires. Si cet intérêt est évident, c’est autorisé de donner la valeur de la Zakat, sinon c’est interdit. Ce dernier point de vue éminent est celui de l’imam Ibn Taymiya.

Sur ce, si les pauvres dans votre région n’acceptent pas la Zakat en nourriture et manifestent leur besoin en argent, alors vous leur donnez la Zakat en argent. Par ailleurs, nous vous avisons qu’il est incorrect de qualifier de Bidaâ (innovation) l’avis qui autorise de donner la Zakat en argent. Parce que la question est un sujet de jurisprudence (Idjtihad) où  la divergence des avis est tolérée. A notre connaissance, personne n’a qualifié cette opinion de Bidaâ. Et Allah Sait mieux. »

Moufti:  Le centre de la fetwa est présidé par D. Abdallah Al Fakih

Revenons sur ce qu’est la Zakât par le Dr Mansour :

« L’aumône légale » / « L’aumône purificatrice » : La Zakât, permet de purifier son argent en le donnant aux nécessiteux.

L’équivalent dans le Judaïsme, est la Tzedaka, mot dérivant de la même racine sémitique, signifiant «  justice » et « charité » qui a la même fonction …

« La Zakât ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l’Islam), l’affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur (en détresse). C’est un décret d’Allah! Et Allah est Omniscient et Sage» — Le Coran (IX, 60).

Pauvres : ceux qui ne possèdent rien.

Indigents : ceux dont les besoins dépassent les biens dont ils disposent.

Ceux qui y travaillent : ceux qui collectent et distribuent les Sadaqāt.

Cœurs à gagner : les nouveaux Musulmans dont la foi n’est pas encore très ferme.

Jougs : esclaves.

Voyageur en détresse : A condition que le but du voyage ne soit pas pour commettre un péché.

Ibn ‘Umar (que Dieu l’agrée) a dit que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a rendu obligatoire Zakât al Fitr comme suit : « une mesure de datte (sâ’) ou une mesure d’orge, pour l’esclave, le libre, le mâle, la femelle, le petit et le grand : parmi les musulmans » ; et il a ordonné de la donner avant que les gens sortent à la prière (de la fête). (Rapporté par Al-Bukhârî 1503).

Le bien aimé Prophète – paix et salut sur lui – a institué Zakat Al Fitr afin de purifier le jeûneur des propos vains et indécents et comme nourriture aux pauvres (musulmans). Ce qui est utile a purifié tte aumône (zakât) sert à purifier le jeûne du fidèle de tout qu’il avait commis de petites fautes durant ce mois…

Cette Zakât doit être versée par chaque tuteur musulman (père de famille) pour lui et pour ceux (musulmans) qui sont à sa charge obligatoire (ses deux parents pauvres, ses enfants mâles qui n’ont pas d’argent jusqu’à ce qu’ils entrent en puberté et qu’ils puissent gagner leur vie, ses filles pauvres jusqu’à ce qu’elles se marient ou soient demandées au mariage, son épouse même s’il elle est riche, et l’épouse de son père pauvre)…

Les jurisconsultes hanafites et malikites dispensent le père de famille de payer cette zakât pour ses enfants mâles majeurs(sauf s’ils sont handicapés), même s’ils ne disposent pas d’un revenu indépendant, car il n’est plus légalement responsable d’eux. Seuls les hanafites n’exigent pas de l’époux de payer cette aumône pour son épouse, car elle ne fait pas partie des dépenses obligatoires de l’époux (pour eux). Quand il le fait, c’est considéré (pour eux) comme un acte volontaire.

Les Shafi’ites et les Hanbalites exigent du père de famille de payer cette zakât pour tous les membres de la famille, y compris ceux qui sont majeurs, quand ils n’ont pas de revenu.

Le père doit payer cette zakât pour sa fille tant qu’elle n’est pas mariée. Le mari doit payer cette zakât pour son épouse, même si elle est riche. La femme riche donnera la zakât al-Fitr à la place de ses deux parents pauvres et son mari donnera la zakât pour elle (à condition que elle et ses deux parents soient musulmans).

Le Messager de Dieu – paix et salut sur lui – a également ordonné que cette aumône soit versée avant que le Croyant ne se rende à la prière de l’ ‘Aïd.

Selon certains juristes, cette aumône peut être versée avant la fin du mois de Ramadan.

 La Zakât est faite au nom d’Allah, en son Nom et nullement en le notre !