Réflexion : Une minute pour tout changer

Pour TEPA d’après AbdelGhafour Abou Imane à 10h16 le 23 Novembre 2013

Parce que ce monde va vite, très vite.

Que le temps passe tout aussi vite, très vite, trop vite.

Que, comme le disait l’Imam Hassan Al Banna, les obligations sont plus nombreuses que le temps libre et qu’il nous est difficile de faire face à nos impératifs, de prendre un temps d’arrêt pour réfléchir, méditer, rechercher la sérénité.

Ce simple constat, aussi triste ou critique puisse-t-il être, ne peut nous satisfaire et nous laisser insensibles.

Aussi, les grands Savants et Maîtres spirituels nous lancent une invitation à l’accomplissement d’une action très accessible et d’une grande utilité.

Tout d’abord, nous allons, à la fin de la journée, avant de dormir, nous installer dans des conditions matérielles optimales et prendre une minute.

Une minute quotidienne pour changer notre vie, accomplir une œuvre primordiale pour notre âme et répondre à l’invitation nous étant adressée : procéder à un examen de conscience.

Un examen sincère au cours duquel nous allons être notre propre juge (et non avocat), demander des comptes à notre âme, tenter de contrer notre âme malveillante, point par point.

Le Calife ‘Omar Ibn al-Khattab a dit :  » Demandez des comptes à vos âmes avant que l’on vous demande des comptes. Soupesez vos actions avant qu’on les pèse pour vous, car ce sera plus aisé pour vous demain que vous demandiez des comptes aujourd’hui à vos âmes. Parez-vous pour le Grand Rassemblement. Car ce jour-là vous paraîtrez sans qu’aucun de vos actes ne soit dissimulé ».

Malik Ibn Dinar a dit quant à lui : « Allah prend en miséricorde un serviteur qui a dit à son âme : N’es-tu pas celle qui a fait ceci ou cela ? Puis, il la blâme, lui serre les brides et lui impose de suivre le Livre d’Allah devenant ainsi son maître ».

Cette introspection permet de s’inscrire – dans la durée – dans un élan d’amélioration continue qui favorise la prise de conscience sur nos responsabilités et les agissements qui en découlent.

Suis-je meilleur aujourd’hui qu’hier ? Qu’ai-je fait de mon ouïe ? De ma vue ? De ma langue ? De mes membres ? Ai-je rempli mes obligations vis-à-vis d’Allah ? Ai-je commis un interdit ? Ai-je fait bon usage de mon temps ? (…) 

Ces questions doivent nous amener à une réalité : chaque souffle de la vie est telle une pièce de monnaie qui peut nous permettre d’acquérir un trésor dont la jouissance est éternelle.Pour cette raison, dilapider sa respiration ou la dépenser dans ce qui ne rapporte que des regrets est un grand gaspillage que n’admet que l’homme inconscient ou idiot.

Pourquoi insister sur la nécessité de reproduire sans cesse notre examen de conscience ?

Parce qu’une menace nous guette : la négligence, l’attrait de la facilité.

C’est en tout cas la direction qu’essaiera de nous faire prendre notre égo, il nous incitera à fermer les yeux sur les conséquences de nos actes, d’oublier la demande d’absolution pour nos erreurs ainsi que la méditation sur notre issue finale et se diriger par conséquent vers notre perte.

Ce voyage au cœur de notre être pourrait se résumer en grandes étapes (non exhaustives) qui seraient les suivantes :

  • Tout d’abord, intégrer deux sortes demandes de comptes : celle avant l’acte et celle après. La première s’arrêtera sur l’intention et la volonté qui anime l’action, la seconde consistera à « faire le bilan » après l’acte.
  • Ensuite, commencer par se demander des comptes sur l’accomplissement des œuvres obligatoires et les rattraper sur le champ en cas de manquement.
  • S’interroger à propos des interdits dans lesquels nous avons pu tomber et les accompagner impérativement par une demande de repentance  ainsi que l’accomplissement de bonnes œuvres (qui effacent ces forfaits).
  • Exiger des comptes sur notre insouciance qui pourra être rattrapée par le Dhikr et l’attachement à Allah.
  • Passer en revue nos paroles, déplacements et actes en se demandant : pourquoi ai-je fait cela ? Pourquoi l’ai-je voulu ? Pour qui ? Comment l’ai-je fait ?

Enfin, l’examen de conscience a un double avantage.

Le premier réside dans le fait qu’il permet de connaître les défauts de notre âme. Comment s’en débarrasser si nous les ignorons ?

Yunus Ibn ‘Abid a dit : « il m’arrive de voir une certaine forme de bien dont je sais que mon âme n’en possède aucun élément ».

Mohammad Ibn Wasi’ a dit : « Si les péchés déclenchaient un vent, aucun humain ne pourrait s’assoir à mes côtés ».

Le second est que nous allons essayer de connaître le Droit d’Allah sur nous : cela aura pour effet de nous procurer le mépris de l’âme inspiratrice du mal, de nous débarrasser de toute prétention ou orgueil ou considération de nos œuvres comme étant de notre propre initiative, nous ouvrir la porte de la soumission et de l’humilité devant Notre Seigneur, de désespérer de notre âme en lui montrant que le salut ne s’obtient que par la miséricorde et le pardon d’Allah. Car Allah exige d’être obéi et qu’on ne Lui désobéisse pas, d’être mentionné et qu’on ne L’oublie pas, d’être remercié et que l’on ne soit pas ingrat envers Lui.

Alors, prêts à se lancer ?