Reportage photo Rohingyas : Entre joie et pleure, des retrouvailles pleines d’émotions

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Un homme parle dans le cybercafé dans village de Thae Chaung)

D’après larédac à 19h20 le 02 Mars 2015

Thae Chaung était un village de pêche jusqu’en 2012, date à laquelle des « bouddhistes » extrémistes ont conduit des milliers de Rohingyas de la ville de Sittwe à fuir.

Les violences « religieuses » dans l’Etat Rakhine cette année ont laissé 140 000 personnes sans abri.

Aujourd’hui, Thae Chaung est un camp surpeuplé crasseux, destiné à parquer comme des bêtes les musulmans Rohingyas déplacés.

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Un homme parle dans le cybercafé dans village de Thae Chaung)

Dans un abri de fortune, ce cybercafé avec ses murs de bambou, toits de chaume et les ordinateurs portables poussiéreux permettent aux gens dans le camp de rétablir le contact avec des parents qu’ils ont laissés sur les bateaux à destination de la Thaïlande et/ou pour la Malaisie, qui pour beaucoup sont retenus par les trafiquants.

Ses photos fournissent un portrait intime des Rohingyas, un peuple essentiellement apatride vivant dans des conditions de vie souvent insupportable et ignoble au Myanmar (Birmanie), où beaucoup les considèrent comme des immigrés clandestins.

Les fumées des feux de cuisson, les odeurs du camp s’infiltrent à travers les murs fragiles. Tous comme les appelants qui partagent leurs drames personnels avec tout le monde. Les drames, les émotions, la fatigue et le désespoir sont communs à tous.

Chacun raconte l’histoire d’un membre de sa famille, d’une connaissance, comment ils essayent encore et toujours de rester en contact et comment ils ont été séparés.

Kyaw Thein , 29 ans, dirige ce cybercafé , il facture 100 Myanmar kyats (9 centimes d’euros) par minute pour un appel outre-mer sur l’un des trois ordinateurs portables qui sont en utilisation quasi constante. Il fournit d’autres services aussi.

Les Rohingyas travaillant à l’étranger envoient régulièrement de l’argent à leurs proches. Cela peut être transité sur le compte bancaire de Sittwe par un intermédiaire de Rakhine, qui apporte l’argent pour Kyaw Thein. Il le donne ensuite aux parents – moins sa commission de 1,5%.

Son cybercafé a également servi à faire transiter les milliers de dollars des rançons. Les proches des victimes, de ce trafic immonde, lui confient l’argent qu’il fait ensuite acheminer par un intermédiaire dans un village voisin. Il explique qu’il ne prend aucune commission pour ce service et se défend d’avoir des contacts directs ou de traiter directement avec les trafiquants. Il ajoute « ils me font confiance…. mais je ne peux pas avoir confiance en eux.« 

Lire aussi : La malnutrition en forte hausse dans les camps Rohingya…

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Fatima tient son petit-fils alors qu’elle parle à son fils qui vie à Kuala Lumpur

Aujourd’hui, Fatima, 56 ans, est remplie de joie, elle bénit le choix de son fils de se marier. Connecté via l’application Skype, il est assis dans un cybercafé dans la capitale malaisienne : Kuala Lumpur, où il travaille comme employé (technicien de surface).

« Bien sûr, tu dois l’épouser… » lui dit Fatima. Son fils promet de lui présenter sa petite amie lors de leurs prochaines discussions…

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Rahana pleure quand elle parle avec les trafiquants qui détiennent son fils de 12 ans

D’autres échanges sont tragiques, voire sinistres et désespérants.

Beaucoup de gens arrivent avec des bouts de papier portant un numéro de téléphone mobile avec l’indicatif malais. Ceux-ci appartiennent en majeure partie aux trafiquants qui détiennent des milliers de Rohingyas dans les camps frontaliers en Thaïlande et/ou en Malaisie, d’où ils réclament des rançons.

Le coût pour la libéralisation est en général de 1 500 $ (1 336.21 €), ce qui vous le pensez bien représente une fortune pour la plupart des Rohingyas vivant avec moins de deux dollar par jour !

Un trafiquant réclame 1,400 $ (1247.55€) pour libérer son fils de 12 ans.

Rahana, qui comme beaucoup de femmes Rohingya, de par leur seul nom, sont identifiées comme musulman birman, est victime de ce chantage immonde. Elle a déjà envoyé 1100 $ (979.66€), mais le trafiquant veut le reste de la rançon.

Mais cette fois, elle fût autorisée à parler brièvement avec son fils.

Habituellement, après une « preuve de vie » lors du premier appel, les trafiquants ne laissent pas les parents reparler à leurs enfants jusqu’au paiement complet de la rançon.

Un homme répond et Rahana demande : « Laissez-moi parler à mon fils« .

Quelques secondes passent. Puis une petite voix dit : « Maman ?« . Les yeux de Rahana se remplissent de larmes et elle se met à trembler. Elle se reprend rapidement. Et dit à son fils : « Je vais envoyer de l’argent« … « Ensuite, ils te laisseront partir.«  Suite à l’appel, Rahana est étourdi et irritable. « Mon fils m’a dit qu’il était malade« , explique-t-elle. « Chaque fois qu’il mange, il vomit.« …………….

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : des Rohingya discutent avec leurs proches au Bangladesh

Jeweliyar, un Rohingya de 35 ans, travail et compte sur la solidarité afin de rassembler environ 600 $ (534.40 €). Cette somme servira pour une rançon de 1 500 $ (1 336.21 €) exigée pour sa fille de 23 ans, Toryubar qui est tenu par les trafiquants en Malaisie.

Lire aussi : 50 jours sur un bateau pour fuir les persécutions en Birmanie

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Abdul Kadar pleure quand il parle avec les trafiquants…

Kyaw Thein, a expliqué que des courtiers errent dans les camps situés le long de la côte de Rakhine, afin d’obtenir des « honoraires d’intermédiaire » avec des trafiquants pour chaque passager qu’ils apportent. Abdul Kadar accuse ces courtiers d’avoir débauché sa fille de 14 ans. Elle a quitté la maison un matin pour visiter un voisin ; elle n’est jamais revenue. Elle est maintenant dans un camp en Thaïlande ou en Malaisie. Les trafiquants veulent le paiement d’une rançon de 1 500 $ (1 336.21 €).

Abdul est chauffeur, il ne peut pas payer ce que ces ignobles personnes lui demande. « Ils m’ont dit qu’ils allaient du coup l’envoyé du sommet d’une montagne« .

Abdul leur a proposé de trouver un homme voulant bien l’épouser, afin de lui demander de payer la rançon (en guise de dote). Il sait quand disant cela, il leur a potentiellement permis de vendre sa fille. « Tout ce que j’ai, c’est des inquiétudes » dit-il. « Je ne peux rien faire. » Pour nous il est clairement désespèrant qu’un père en arrive à une telle situation où la raison ne tient plus –

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Rohimar parle à son frère Abdul en Malaisie

Rohimar, 30 ans, parle à son frère Abdul Rahman, âgé de 25 ans, qui a quitté le Myanmar il y a huit mois, il est actuellement en Malaisie.

Elle dit qu’elle a tout vendu pour financer le voyage de son frère à l’étranger, mais il ne lui pas encore envoyé d’argent.

« Je me sens seul et abandonnée » dit-elle. « Il ne n’envoie même pas d’argent à sa femme qui vit toujours ici. Nous nous retrouvons totalement impuissant, même si je prie toujours pour lui.« 

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Sohidar réjouie d’une conversation avec son mari Muhammad Shamin qui travail en Malaisie..

Sohidar, 25 ans, mère de quatre enfants, réjouit de sa conversation avec son mari Muhammad Shamin, 30 ans, qui travaille en Malaisie.

Sohidar l’avertit : « Quoi qu’il arrive, quoi qu’on nous fasse, n’entre pas dans les conflits. » …..« 

« Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas, » répond-il, afin de la rassurer.

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Muhammad Eliyas parle à son jeune frère qui est dans les mains de trafiquants

Muhammad Eliyas, 23 ans, parle avec son jeune frère de 17 ans qui est aux mains de trafiquants.

Lui et sa mère ont déjà apporté l’équivalent de 1 500 $ (1 336.21 €) pour la rançon, qu’ils ont confié à Kyaw Thein, le propriétaire du cybercafé, qui se chargera de transférer le payement aux trafiquants par le biais d’un intermédiaire.

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Ma Khin Saw parle à sa sœur et son frère-frère en Malaisie

Ma Khin Saw parle avec sa sœur et son frère-frère qui vivent en Malaisie.

Ma Khin Saw a 35 ans, venant de la ville de Kyaukphyu, où les bouddhistes ont chassé la population musulmane en 2012.

Elle plaisante avec sa sœur et son frère-frère, même si l’appel a un but bien plus sérieux : ils promettent d’envoyer à Ma Khin Saw de l’argent afin de pouvoir s’acheter de la nourriture et des médicaments pour leur mère qui est souffrante.

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Sanura essaie de parler à son mari qui est toujours entre les mains de passeurs

Sanura, à peine 18 ans, essaie de parler à son mari, qui est détenu par des trafiquants.

Lorsque le contrebandier décroche enfin le téléphone, il lui dit : « je suis au volant, nous allons parler plus tard« 

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Noor plaisante avec son mari Muhammad Rafiq – Malaisie

Noor, 28 ans, plaisante avec son mari Muhammad Rafiq, 35 ans, qui travaille en Malaisie depuis 10 mois ; c’est la cinquième fois qu’ils se parlent depuis le départ de son mari.

« Ne nous envoie pas plus d’argent » insiste Noor. Pensant tout d’abord au bien-être de son mari, elle poursuit « assure-toi de pouvoir t’acheter des vêtements en premier. »

« Je peux t’embrasser ? » Demande Rafiq. Noor rit, « Il y a d’autres gens ici. Pense à ce que tu dis.« 

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters : Robizar pleure quand elle parle à son fils…

Robizar, 32 ans, pleure quand elle parle à son fils de 18 ans qui a quitté le Myanmar (la Birmanie) en bateau il y a 10 mois et vit avec son père en Malaisie maintenant.

« Mon fils, je ne peux pas te dire comment je me sens d’entendre ta voix« , dit-elle.

Photo de Minzayar Minzayar/Reuters Norbanu parle avec le petit ami de sa fille en Indonésie…

Norbanu, 60 ans, parle avec le petit ami de sa fille, qui vie maintenant en Indonésie.

Il a rompu sa promesse de l’aider en ne lui envoyant pas de l’argent, Norbanu lui explique, qu’elle souhaite maintenant marier sa fille à un autre homme.

Source : avec Reuters, Sydney Morning Herald, Burma Daily, Associated Press, Irrawaddy News

Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit à ce propos à Mu’âdh qui se rendait au Yémen pour une mission dont il l’avait chargé : « Et prends garde à la malédiction de l’opprimé ! Car il n’y a aucun voile entre cette invocation et Allah ». (Rapporté par Boukhari, Mouslim)

Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a par ailleurs dit : « La malédiction de l’opprimé est inexorablement exaucée, et ce même si ce dernier est une personne débauchée, car sa débauche n’est qu’à son propre détriment ». (Rapporté par Boukhari, Mouslim)

« Et ne pense point qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il leur accordera un délai jusqu’au jour ou leurs regards se figeront. » (Quran S14 Ibrahim – V42)

Ne les Oublions pas !!!!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One comment

  • Ya Allah, sauve les opprimés, mais surtout guide-les sur le chemin de la foi, car s’ils ne s’accrochent pas à Ta corde Seigneur, ils seront certes du nombre des perdants. Ô Allah humilie ceux qui les humilient et punis-les comme Tu as punis les peuples de aad, thamud et tous les peuples qui t’ont désobéi. Ya Allah unis la Oummah autour des opprimés musulmans et fais en sorte que la conscience de chaque musulman soit éveillée sur ce que subissent nos frères et soeurs autour du monde. Seigneur, Tu es le détenteur de la Miséricorde alors fais-leur miséricorde.

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