Rouen : Un jeune homme relaxé d’une accusation d’apologie du terrorisme

D’après larédac à 09h30 le 11 Février 2015

Hier mardi, un jeune homme de 23 ans, père de deux enfants, a été relaxé d’une accusation d’apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Rouen.

Ce jeune homme serait déjà poursuivi pour d’hypothétiques liens avec des filières dites « djihadistes » et a menacé deux policiers le 13 janvier dernier. Le problème est survenu lorsque les agents de police lui ont demandé de ne pas stationner à côté du commissariat d’Elbeuf (une ville de l’agglomération rouennaise). Le jeune homme a perdu son sang froid quand un des policiers lui a manqué de respect en lui formulant de « dégager« , en réponse il a déclaré « nous sommes nombreux (…), nous aussi nous avons des kalach (…), le sang va encore couler (…), ça ne vous a pas suffi de vous faire tuer« .

Après s’être emporté il a aussitôt présenté ses excuses aux policiers à plusieurs reprises. À l’audience il a déclaré qu’il était « comme le petit chien qui aboie parce qu’il a peur« . Selon lui, sa réaction faisait suite au traumatisme subi en novembre lorsque le Raid, lourdement armé, a fait irruption à son domicile.

Il a été mis en examen le lendemain de cette histoire et placé sous contrôle judiciaire fin 2014, les faits reprochés étaient « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ». Il a déjà purgé un mois de prison.

Le tribunal l’a donc condamné à 4 mois de prison dont trois avec sursis accompagné d’une mise à l’épreuve de 5 ans pour outrage à agent et menace de mort. Le tribunal a retenu les propos de l’accusé mais n’a pris en compte l’apologie du terrorisme, jugeant qu’ils avaient été dit à deux personnes précises et ce par « provocation » mais sans faire « de publicité« . Cependant le tribunal n’a pris en compte le fait que le jeune homme a insisté pour dire que ses propos ont été « déformés« .

Le jeune homme ayant fait déjà un mois de prison, il est sorti libre du tribunal.

Son avocat, Me Xavier Nogueras, avocat au barreau de Paris et spécialiste des dossiers concernant les « djihadistes », a estimé qu’il n’avait « pas le profil » d’un « islamiste », « faire l’apologie, c’est crier vive le jihad, vive les décapitations » a-t-il déclaré.

« S’il avait adhéré à cette idéologie, il serait déjà parti en Syrie« , a-t-il affirmé. L’avocat s’appuie pour affirmer ses dires sur le fait que le jeune homme a été mis en examen par un juge anti-terroriste parisien mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire, ce qui est très rare, ce qui prouve qu’il n’est pas considéré comme dangereux.

Toutefois l’avocat a reconnu devant la presse que le prévenu était en contact avec Maxime Hauchard, un jeune « djihadiste » normand récemment converti, qui avait été reconnu en novembre dernier, sur une vidéo, en train de décapiter un otage.

Il devra verser aux policiers 600 euros à chacun, plus 300 euros de frais de justice.

Source : ParisNormandie