Syrie : 67 civils exécutés en août par des rebelles dans des villages allaouites

D’après Larédac’ à 13h28 le 11 Octobre 2013

SYRIE- Les attaques dans un village alaouite avait eu lieu à Aqrab, dans la province de Hama, près de Houla, où 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, avait été massacrés le 29 mai 2012 (photo).

afp.com/Shaam News

Même si nous ne sommes pas en accord religieux avec les chiites et encore moins avec la branche chiite des alaouites en Syrie, on ne peut se réjouir de tous ces massacres sur cette population minoritaire au nom des sunnites. 

Qu’est-ce que tous ces gens, ces femmes, ces enfants ont-ils avoir avec ce conflit ? À t-on tous oublié les directives du Prophète (paix et bénédiction sur lui) en ce qui concerne la guerre ?

Devrions nous ne pas relire les faits de guerre de nos glorieux combattants proches du Messager (paix et bénédiction sur lui) ? Comme l’histoire de ‘Ali (qu’Allah l’agrée) où en plein combat il rengaina son épée car son adversaire lui avait craché au visage donc dès lors il ne combattait plus pour Allah mais pour lui-même, où sont ces croyants pleins de sagesse même pendant la bataille ?

L’Islam n’a pas rayonné dans la barbarie ! Il serait peut-être temps pour la Oumma de se lever d’une seule voix pour dire que tous ces massacres à travers le monde, tous ces conflits perpétrés le plus souvent au nom de Dieu et de Son prophète (paix et bénédiction sur lui) sont condamnables et que nous condamnons fermement ou alors la Oumma cautionnerait-elle tout cela ? Ou est-elle trop individualiste pour se sentir concerné ? 

Au moins 190 civils ont été tués dont 67 exécutés, et 200 pris en otage dans des villages alaouites en Syrie par des groupes jihadistes et rebelles début août, rapporte Human Rights Watch dans un rapport diffusé vendredi. 

Dans son rapport de 105 pages, l’ONG indique avoir mené une enquête sur place et interrogé 35 personnes, y compris des survivants de l’attaque menée par des rebelles contre dix villages alaouites le 4 août dans la province de Lattaquié, fief du président Bachar al-Assad.

Ce jour-là, au moins 190 civils ont été tués, dont 57 femmes et 18 enfants, selon l’ONG, qui a compilé une liste de noms de ces victimes. x

Parmi eux, au moins 67 ont été exécutés alors qu’ils n’étaient pas armés ou tentaient de fuir, selon HRW qui a rassemblé des éléments montrant qu’il s’agissait de civils non-combattants, n’ayant rien fait qui puisse menacer, ou laisser croire qu’ils menaçaient les assaillants.
Selon HRW, au moins 20 groupes ont participé à l’opération au cours de laquelle ils ont conquis ces dix villages, repris le 18 août par les troupes du régime.

Mais d’après l’ONG, les cinq principaux « organisateurs » et « exécuteurs » de l’attaque du 4 août étaient des groupes jihadistes comme l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le Front Al-Nosra —tous deux affiliés à Al-Qaïda— et Jaich al Mouhajirine wal Ansar, mais aussi des groupes rebelles islamistes comme Ahrar al Cham et Souqour al-Izz.

L’EIIL et Jaish al-Mouhajirine wal Ansar retiennent toujours plus de 200 civils comme otage, en majorité des femmes et des enfants, selon l’ONG.

« Ces combattants ont lancé l’attaque le 4 août, le premier jour de la fête du Fitr marquant la fin du moins du ramadan (jeûne musulman). Ils ont franchi les positions de l’armée gardant la zone et sont entrés dans plus de 10 villages alaouites », indique HRW, citant entre autres Barouda, Nbeité, Blouta, Abou Makké.

Les alaouites —une branche du chiisme— sont une communauté minoritaire en Syrie à laquelle appartient le clan Assad. La majorité de la population syrienne, tout comme les rebelles qui tentent de renverser le régime depuis plus de deux ans, sont des sunnites.

Des villageois ont raconté à l’ONG comment ils ont tenté de fuir alors que les combattants « ouvraient le feu sans discernement, et dans certains cas, tirant délibérément sur les résidents ».

« Dans certains cas, les combattants ont exécuté ou abattu des familles entières », poursuit-elle.

« Ces abus (…) sont une opération planifiée contre la population civile dans ces villages alaouites », a estimé Joe Stork, le directeur par intérim de HRW pour le Moyen-Orient, l’ONG estimant qu’il s’agit de « crimes contre l’Humanité ».

Depuis la militarisation de la révolte en Syrie, au départ pacifique avant d’être réprimée dans le sang par le régime, des ONG et organisations de l’ONU ont dénoncé à plusieurs reprises des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces gouvernementales, relevant des crimes semblable commis par l’opposition armée, mais à une échelle beaucoup plus limitée.

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Syrie : 50 morts dans des violences près de Damas et Alep 

Une cinquantaine de personnes au total, dont des civils, ont péri jeudi dans des violences qui ont éclaté dans la banlieue de Damas ainsi que dans les provinces d’Alep (nord) de Deraa (sud), a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

A Jaramana (banlieue de Damas), un quartier à majorité chrétienne et généralement pro-régime, 18 personnes ont été tuées par des mortiers provenant de positions rebelles. Cette banlieue est proche de la zone des combats à Diyabieh et Husseiniye, qui s’est élargie.

De nouveaux violents combats ont éclaté dans les localités de Boueida et de Diyabieh, toutes deux proches de Sayyeda Zeynab, qui abrite un lieu de pèlerinage chiite.

L’OSDH a indiqué que les forces régulières avaient pris le contrôle des villages de Cheikh Amro et Bassatine, également dans la zone.

Dans la province d’Alep, où les combats font rage entre armée et insurgés pour le contrôle de l’ex-capitale économique du pays, des localités et des routes d’approvisionnement, 16 personnes, dont une femme et deux enfants, ont été tués par des raids des avions et des hélicoptères du régime sur Sfiré.

Cette ville à l’est de la métropole d’Alep est contrôlée par les jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), affilié à Al-Qaïda, ainsi que d’autres formations islamistes.

« Le régime bombarde Sfiré depuis deux jours pour relâcher la pression sur la route d’approvisionnement vers Alep », qui a été reprise en début de semaine par les troupes régulières, a expliqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

Cette route était capitale pour l’approvisionnement de l’armée en armes mais également pour l’acheminement de médicaments et de vivres vers les quartiers d’Alep contrôlés par le régime.
Dans la même province, six personnes, dont une femme et un enfant, ont péri dans des raids aériens sur Menbej, plus à l’est d’Alep et également tenue par l’EIIL et et d’autres groupes islamistes.

Par ailleurs dans la province méridionale de Deraa, huit personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans un raid aériens sur la ville de Nawa, divisée entre armée et rebelles.
La Commission générale de la révolution syrienne a fait état de « nombreux blessés la plupart dans un état grave ».

Source : Observatoire syrien des droits de l’Homme, AFP, Reuters