Syrie : Barack Obama rencontre le chef de l’opposition alors qu’Alep est sans eau depuis dix jours

D’après Larédac’ à 13h19 le 14 Mai 2014

Les frères maristes catholiques d’Alep ont demandé mercredi sur Radio Vatican au pape François d’intervenir auprès de la communauté internationale pour que l’eau soit rétablie dans la deuxième ville de Syrie, dénonçant « un crime ».

« Je demande au Saint-père de lancer un appel, au nom de toute cette population syrienne, chrétienne comme musulmane, à toutes les instances politiques et à toutes les organisations humanitaires internationales, afin que l’eau revienne à Alep« , a déclaré le frère Georges Sabe, au nom de sa communauté.

« Il n’est pas possible qu’une population soit punie parce qu’elle vit dans une ville et qu’elle n’a fait de choix ni pour l’un pour l’autre« , a-t-il ajouté au micro de Radio Vatican, affirmant que « depuis dix jours il n’y a plus une goutte d’eau qui coule dans les robinets » et que la population en est réduite à aller puiser l’eau de puits qui n’est pas toujours potable dans les mosquées et les églises. 

Le Front Al-Nosra, la branche qui serait liée « d’Al-Qaïda », a stoppé la principale station de pompage de la ville, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) : « Al-Nosra coupe l’eau à Alep, dans une tentative de priver les quartiers ouest pro-régime de cette ressource« , avait indiqué l’OSDH. Les coupures affectent également les quartiers tenus par les rebelles dans l’est de la ville, car la station de pompage dessert l’ensemble d’Alep.

L’ex-capitale économique est divisée entre quartiers pro et anti-régime depuis l’été 2012. Elle abrite 1,5 à 2 millions d’habitants, selon l’OSDH, contre 2,5 millions avant la guerre.

Barack Obama rencontre le chef de l’opposition

Barack Obama a rencontré le chef de l’opposition syrienne Ahmad Jarba, a annoncé mardi la Maison-Blanche dans un communiqué qui ne fait pas mention des armes réclamées par la rébellion à Washington pour combattre le régime de Bachar el-Assad. Le président américain s’est joint à une réunion entre Ahmad Jarba et la conseillère de sécurité nationale américaine Susan Rice, a précisé l’exécutif dans un communiqué. 

Barack Obama et Susan Rice « ont répété que Bachar el-Assad a perdu toute légitimité pour diriger la Syrie et n’a pas sa place dans l’avenir » du pays, selon la présidence américaine.

De même source, Barack Obama a « salué l’approche constructive » de la coalition de l’opposition syrienne et a appelé à un gouvernement « représentatif de tous les Syriens« . La Maison-Blanche a aussi assuré que Ahmad Jarba avait remercié la partie américaine pour « l’aide non létale américaine, qui atteint 287 millions de dollars« . 

En revanche, le communiqué ne fait pas mention d’une requête formulée avec insistance par Ahmad Jarba depuis son arrivée sur le sol américain, la semaine dernière : la fourniture d’armes antiaériennes pour combattre le régime Assad. Après trois ans d’un conflit qui a fait au moins 150 000 morts – voire « 200 000 » et dix millions de civils déplacés qui vivent un « cauchemar« , selon Ahmad Jarba -, ces armements pourraient « changer l’équilibre des forces sur le terrain« , avait plaidé mercredi dernier le responsable au département d’État. 

L’administration Obama, très réticente à tout engagement militaire direct en Syrie, redoute que des armes de guerre ne tombent finalement entre les mains d’organisations rebelles djihadistes qui combattent l’armée syrienne.

Le communiqué diffusé mardi soir mentionne d’ailleurs le fait que les discussions entre Barack Obama, Ahmad Jarba et Susan Rice ont porté sur « les risques que représente l’extrémisme grandissant en Syrie« , et la « nécessité de lutter contre les groupes terroristes dans chaque camp« . Le texte mentionne aussi une identité de vues sur le caractère « illégitime des projets du régime (Assad) d’organiser des élections« . La semaine dernière, Ahmad Jarba avait jugé que le scrutin présidentiel du 3 juin, auquel le président Assad est donné favori, était une « farce » qui risquait d’accorder au chef de l’État syrien un « permis de tuer pour de nombreuses années à venir« .

Source : Afp, Reuters, Radio Vatican, OSDH, Washington Post, Agence Sana