Syrie : Combats entre l’armée et l’EI / CIJA a déjà établi des actes d’accusation pour crimes contre l’humanité

Les combattants de l’état dit « islamique » (EI) ont pris une grande partie d’une localité située sur une route stratégique de la province de Homs (centre) après des combats ayant fait 48 morts, rapporte mercredi une ONG.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a affirmé que le groupe extrémiste s’est emparé de larges pans d’Al-Soukhna et de ses environs après des combats commencés dans la nuit de mardi à mercredi.

Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a confirmé à l’AFP que les jihadistes étaient entrés « dans certains quartiers de la ville« , et que l’offensive de l’EI se poursuivait mercredi.

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Cette ville, située à 320 km au nord-est de Damas, se trouve sur l’autoroute reliant Deir Ezzor, place forte de l’EI, à Palmyre, l’un des joyaux archéologiques du pays. Al-Soukhna est aux mains du régime depuis octobre 2013, tout comme Palmyre, dont l’armée avait chassé les rebelles.

« L’EI a réussi à avancer à Al-Soukhna et en prendre de larges parties ainsi que les régions environnantes« , note l’OSDH qui indique que les combats se poursuivaient mercredi.

Selon l’Observatoire, au moins 28 soldats et supplétifs ainsi que 20 combattants de l’état dit « islamique » (EI) sont morts, et 100 belligérants ont été blessés dans les combats.

Selon le gouverneur de Homs, « Al-Soukhna est une zone d’infiltration pour les éléments de l’état dit « islamique » (EI) qui viennent d’Irak et de Deir Ezzor« .

« Daech vise certains points militaires pour détourner l’armée des autres lieux (de combats). Notre armée utilise l’artillerie et l’aviation (pour les combattre). Les (jihadistes) de Daech ont mené leur assaut ici car ils subissent des pertes à Idleb et dans le Qalamoun« , a-t-il ajouté.

La capitale provinciale de Homs est quasiment complètement sous le contrôle du régime, mais les insurgés et l’EI sont fortement présents dans les régions rurales et désertiques.

La province de Homs est la plus vaste de Syrie, et est particulièrement importante car elle se trouve au centre du pays, et relie Damas au nord. Elle abrite aussi le champ gazier de Chaar, aux mains du gouvernement après une brève prise de contrôle de l’EI l’an dernier, au cours de laquelle les combattants de l’état dit « islamique » (EI) avaient égorgé plusieurs centaines de soldats.

Le Hezbollah : pour une victoire ?

Le Hezbollah Libanais qui annonce depuis une semaine, qu’il lancera une offensive contre les groupes rebelles syriens dans la région montagneuse Qalamoun, à cheval sur la frontière syro-libanaise, au nord de Damas.

Mais ce qui était autrefois considéré comme un engagement relativement mineur dans le conflit syrien. est en réalité plus large et prend de l’importance à chaque jours qui passe.

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Après une série de revers – et de semi-victoire – militaires dans le nord et le sud du pays au cours des six dernières semaines, le régime du président Bachar al-Assad est quasi désespérée de voir une victoire totale et se voie dépend de ses alliés « chiites » du Hezbollah et de l’Iran .

Assad et ses alliés iraniens et le Hezbollah ont cruellement besoin pour vaincre – et/ou d’être vu comme vainqueur – des diverses factions rebelles et des insurgés afin de conjurer la perception que les populations du pays et étrangères ont de ce régime et de ce conflit.

« Aujourd’hui, nous menons une guerre, pas une bataille« , a déclaré Assad, la semaine dernière lors d’une des rares apparition publique.

« La guerre est pas une bataille, mais une série de nombreuses batailles … Nous ne parlons pas des dizaines ou des centaines, mais des milliers de batailles et … il est de la nature des batailles qu’il y ait des avancées et des reculs, des victoires et des pertes.« 

Avec les pertes humaines de combattants et principalement d’innocents… réfugiés…..

Crimes de guerre du régime d’Assad

A Syrian woman walks past a placard bearing a portrait of President Bashar al-Assad in the city of Damascus on March 4, 2015. AFP PHOTO / LOUAI BESHARA        (Photo credit should read LOUAI BESHARA/AFP/Getty Images)
(portrait de Bashar al-Assad / damas 4 mars 2015. AFP PHOTO / LOUAI BESHARA)

On apprend par ailleurs – dans The Guardian (du mercredi 13 mai 2015) – que la Commission internationale pour la justice et la responsabilité (CIJA) a déjà établi trois actes d’accusation contre le président syrien, Bachar Al-Assad, et ses collaborateurs pour crimes contre l’humanité.

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Le journal précise que les preuves présentées dans les actes d’accusation sont fondées sur des documents gouvernementaux sortis clandestinement de Syrie par une équipe de 60 enquêteurs syriens au péril de leur vie.

Environ 500 000 pages ont été rassemblées par la CIJA, qui a aussi fait appel à des employés pour visionner des heures de vidéos de crimes présumés commis par l’opposition ou les groupes d’insurgés, comme les combattants de l’état dot « islamique » (EI).

Les trois actes d’accusation portent principalement sur les premiers mois du soulèvement contre le régime, en mars 2011. Le premier vise Bachar Al-Assad et son cabinet de guerre, la Cellule centrale de gestion de la crise (CCGC) ; le deuxième, le Bureau national de sécurité, qui regroupe les principaux chefs des services de renseignements et de sécurité ; et le troisième, le Comité de sécurité chargé des provinces orientale et septentrionale de Deir ez-Zor et Rakka.

Source : Reuters, Afp, Agence Sana, The Guardian, OSDH, Arab News, l’Orient le Jour