Syrie : Damas dit soutenir « tout effort international » pour combattre l’EI

D’après Larédac’ à 13h30 le 24 Septembre 2014

Damas soutient « tout effort international » pour combattre les djihadistes de l’État dit islamique (EI) et du Front Al-Nosra, après les frappes menées sur son territoire par une coalition conduite par les États-Unis, a assuré mardi le ministère syrien des Affaires étrangères. « La Syrie soutient tout effort international pour combattre le terrorisme, (comme) celui de Daesh (un des noms en arabe de l’EI) et celui d’Al-Nosra, tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale et conformément aux lois internationales« , a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ce dernier précise que la Syrie a été informée lundi par le ministre irakien des Affaires étrangères des frappes américaines, en l’absence de contacts diplomatiques entre Damas et Washington, qui soutient l’opposition au régime de Bachar el-Assad. « Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a reçu lundi un message de son homologue américain dans lequel John Kerry l’informe que les États-Unis allaient frapper des bases de Daesh en Syrie. » Ce message a été transmis à Walid Mouallem par le chef de la diplomatie irakienne, souligne le communiqué.

« La Syrie continuera de combattre (Daesh*) à Raqa (Nord), à Deir ez-Zor (Est) et dans d’autres régions syriennes, avec la coopération de pays comme l’Irak« , ajoute le communiqué. « La coordination avec l’Irak pour frapper le terrorisme se poursuit au plus haut niveau, car les deux pays sont dans la même position face au groupe (EI), en application de la résolution 2170 du Conseil de sécurité de l’ONU« , indique le texte. Le ministère syrien affirme également que le délégué permanent de la Syrie à l’ONU « a été informé hier, plusieurs heures avant les frappes, que les États-Unis et certains de leurs alliés allaient viser Daesh dans ses positions en Syrie« .

Source : avec Afp, Reuters, Agence Sana, L’Orient le Jour

* C’est la France, en premier qui a adopté officiellement l’appellation « Daesh » pour désigner l’État dit « islamique » !

Et ce, avec une succession d’expressions, d’explications et de désignations tout azimute :

« Le groupe terroriste dont il s’agit n’est pas un État, il voudrait l’être, mais il ne l’est pas« , a déclaré mercredi Laurent Fabius au perchoir de l’Assemblée nationale.

Ou du même Fabius (duc de Normandie) « Je vous demande de ne plus utiliser le terme d’État islamique, car cela occasionne une confusion entre islam, islamistes et musulmans. Il s’agit de ce que les Arabes appellent Daesh et que j’appellerai pour ma part les égorgeurs de Daesh.«  – Seulement Monsieur Fabius oublie que le gouvernement dont-il fait partie, fait exactement ce qu’il dénonce; C’est à dire : amalgames et discriminations systématique envers les musulmans –

C’est depuis le 9 septembre dernier (2014), que tous les communiqués du Quai d’Orsay et de l’Élysée portent cette mention de « Daesh ».

Qui serait l’acronyme arabe de – Dowlat al-Islamiyah f’al-Iraq wa Belaad al-sham – comprenez par là « l’État islamique en Irak et au Levant » (pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée).

Créée en 2004, au lendemain de l’intervention américaine en Irak, l’organisation est née sous les traits « d’al-Qaida en Mésopotamie ».

En 2006, elle englobe plusieurs groupes d’insurgés et devient « l’État islamique en Irak ».

Le soucie avec cette expression, cet acronyme de « Daesh », c’est qu’il se rapproche du mot arabe « daes » (« celui qui écrase du pied »), et qui ressemble au terme « dahes » (« celui qui sonne la discorde »)

Ses 2 termes font référence aux batailles de Dahes wal Ghabra (entre 608 et 650 après J.-C.) au cours desquelles les tribus arabes se sont entre-tuées avant d’être unies par l’islam. le terme viendrait du nom d’un des chameaux lors d’une course … « Dahis ».

Ces batailles où notre illustre poète Antar avait participé et sur lesquelles il avait écrit…

À l’origine de ces guerres : un certain Qaïs ben Zouhaïr, de la tribu des ‘Abs, et Hamal Ben Badr, de la tribu des Dhoubyan ont parié cent chameaux à une course de chevaux :

Qaïs qui faisait courir son meilleur étalon nommé Dahis et Hamal faisait courir une jeune jument nommée El Ghabra.

Hamal avait organisé une embuscade afin de dérouter Dahis s’il se retrouvait en tête. Ce fut ce qui arriva… Ce fut un des événements qui, accumulaient à d’autres, conduisis à une guerre, rythmée par des trêves et de rudes combats.

Après ce cours exposé, on peut en tirer cette proposition : L’utilisation de cette expression est totalement trompeuse et péjorative ! Au 7em siècle, ces hommes – arabes-, certes se battaient pour des broutilles, mais ils étaient emplis d’honneur et de fierté… Des valeurs oubliées de l’homme que l’on ne retrouve plus sur les champs de bataille, tous côtés confondus.

Dr. Mansour 23-09-2014