Syrie : L’entrée d’aides humanitaires a commencé à arriver après un accord entre Damas et l’ONU

D’après Larédac’ à 11h30 le 09 Février 2014

Les autorités syriennes et l’ONU ont conclu un accord pour l’entrée d’aides humanitaires dans la ville de Homs (centre), assiégée depuis plus de 600 jours par l’armée, et pour la sortie de civils, a annoncé jeudi l’agence officielle Sana.

Cet accord a débuté samedi avec une aide d’urgence de l’ONU aux civils de la ville syrienne assiégée de Homs. Vendredi la ville a vu l’évacuation de dizaines de personnes, bloquées pendant plus de 600 jours dans des conditions effroyables.

L’évacuation de Homs et la distribution de nourriture et de matériel médical font partie de l’accord conclu entre l’ONU, le gouvernement syrien et les rebelles après des mois de négociation.

Au total, 83 femmes, enfants et personnes âgées ont été évacués de la vieille ville à l’occasion d’une « pause humanitaire de trois jours conclue entre les parties au conflit« , selon le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq. Une vidéo amateur diffusée par un militant a aussi montré un vieil homme emmitouflé dans une couverture et souriant en embrassant son fils, pour la première fois en 18 mois.

« Les équipes de l’ONU ont pré-positionné des vivres et du matériel (…) destinés à être livrés immédiatement après la sortie du premier groupe de civils, et nous espérons envoyer cette aide samedi matin« , avait annoncé le coordinateur humanitaire de l’ONU en Syrie, Yacoub El Hillo.

« Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, et le coordinateur résident de l’ONU Yaacoub Helou sont parvenus à un accord qui garantit la sortie des civils innocents de la vieille ville de Homs, et l’entrée d’aides humanitaires pour les civils qui ont choisi de rester« , selon l’Agence SANA.

Les quartiers tenus par les rebelles sont assiégés depuis juin 2012 par l’armée qui les bombarde régulièrement. Des milliers de Syriens y vivent dans des conditions épouvantables, selon des ONG, des témoignages et des militants.

Lors des négociations de paix à Genève fin janvier, le médiateur international Lakhdar Brahimi avait annoncé avoir obtenu du régime la promesse de laisser sortir les civils assiégés.

Mais par la suite les deux belligérants se sont accusés mutuellement de bloquer ce processus.

Selon Sana, « conformément à l’accord , les parties syriennes concernées fourniront les aides humanitaires nécessaires, incluant le logement, la nourriture et les soins médicaux, aux citoyens innocents qui quitteront » les quartiers assiégés.

« De la nourriture, des médicaments et d’autres aides seront envoyées aux civils qui ont choisi de rester » dans les quartiers de Homs, a-t-elle ajouté.

« Les gens qui partent ont des sentiments partagés. Bien sûr, ils sont contents, car après plus de 600 jours de siège, le cauchemar est fini« , affirme à l’AFP via internet un militant anti-régime de la vieille ville, Yazan. Mais dans le même temps, « ils ont peur de l’avenir, ils ont peur que le régime les arrête. Personne n’a confiance dans le régime« , a-t-il précisé.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), environ 3.000 personnes sont prises au piège à Homs, où nourriture et matériel médical sont épuisés.

Considérée comme le foyer de la contestation, la troisième ville de Syrie a payé au prix fort son opposition au régime du président Bachar al-Assad.

Abou Ziad, un militant présent dans une zone assiégée de Homs a déclaré à l’AFP via Internet, que « les familles sont prêtes à quitter (Homs). De nombreuses familles veulent partir« .

Mais cette aide providentielle s’est arrêtée aussi vite qu’elle avait commencé, en effet l‘opération humanitaire pour transporter de l’aide aux habitants assiégés à Homs était bloquée samedi après des tirs contre un convoi d’aide et des accusations réciproques de violations de la trêve. 

De ce fait l‘ONU et le Croissant rouge syrien n’ont pas pu faire parvenir l’aide d’urgence aux civils qui ont choisi de rester dans les quartiers assiégés et évacuer d’autres personnes souhaitant en sortir car ces violences ont entravé l’opération et aucune aide n’a pu être distribuée et l’on ignorait si l’opération devait se poursuivre dimanche. L’accord prévoit une trêve de trois jours de 06H00 à 18H00 locales, s’achevant donc aujourd’hui dimanche en principe.

Source : Afp, reuters, Agence Sana, OSDH, agences de presse