Syrie : Les forces kurdes ont chassé l’EI de Kobané

D’après larédac à 16h36 le 27 Janvier 2015

Les forces kurdes ont chassé l’état dit « islamique » (EI) de la ville syrienne de Kobané. Une défaite cuisante pour les combattants l’état dit « islamique » (EI) après plus de quatre mois de combats, a rapporté lundi une ONG. 

« La milice des YPG (Unités de protection du peuple kurde) a chassé l’EI de Kobané et contrôle quasi totalement la ville« , a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), précisant que les djihadistes se sont repliés dans les environs de Kobané. 

« Certains djihadistes combattent encore à l’extrémité est de Kobané, notamment à la périphérie du quartier Maqtala« , précise l’ONG. Il s’agit de la plus importante défaite de l’EI en Syrie depuis l’apparition de ce groupe dans le conflit, en 2013, et, selon les analystes, cet échec porte un coup d’arrêt à son expansion territoriale.

L’EI aurait perdu plus de 1 000 de ses combattants depuis le début de son offensive contre Kobané le 16 septembre. Les combats, qui ont fait au total plus de 1 600 morts, et la détermination de l’EI à conquérir cette ville frontalière de la Turquie ont transformé Kobané en un symbole de la lutte contre ce groupe extrémiste qui contrôle de larges territoires en Syrie et en Irak. 

Les forces kurdes, au départ sous-équipées, ont bénéficié de l’appui crucial des frappes aériennes menées par une coalition internationale dirigée par Washington depuis le 23 septembre.

Cet échec intervient le jour même où un responsable militaire en Irak annonçait que la province de Diyala, dans l’est du pays, était libérée du groupe extrémiste.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a affirmé que les Kurdes contrôlaient désormais « totalement » Kobané, cette petite ville frontalière de la Turquie devenue le symbole de la résistance à l’EI depuis que les jihadistes y ont lancé un vaste assaut le 16 septembre.

La milice des YPG (Unités de protection du peuple kurde) « a chassé tous les combattants de l’EI« , a précisé l’ONG, qui dispose d’un large réseau en Syrie.

« Il n’y a plus de combats dans la ville et les jihadistes se sont repliés dans les environs de Kobané« , a précisé son directeur Rami Abdel Rahmane à l’AFP. « Les Kurdes pourchassent encore des combattants cachés à l’extrémité-est de la ville, notamment dans le quartier de Maqtala« .

Cette victoire annoncée à Kobané (Aïn al-Arab en arabe) fait suite à plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes quotidiennes de la coalition internationale.

Combattants de l’EI en fuite

Les YPG n’ont pas formellement annoncé lundi la reprise de la ville, mais Mustefa Ebdi, militant kurde de Kobané, a affirmé à l’AFP que les combats avaient « cessé » et que les forces avançaient « prudemment dans Maqtala par peur des mines et des voitures piégées« .

« Des combattants de l’EI ont été vus en train fuir sur des mobylettes de Maqtala, ils n’ont opposé aucune résistance« , a-t-il poursuivi.

Les combats ont fait plus de 1.600 morts, dont plus de 1.000 dans les rangs de l’état dit « islamique » depuis la mi-septembre, selon les estimations.

Le revers à Kobané porte un coup d’arrêt à l’expansion territoriale que l’EI mène en Syrie depuis son apparition dans le conflit en 2013, estiment des experts.

Les forces kurdes, au départ sous-équipés, ont réussi à prendre l’avantage grâce à l’appui crucial de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, qui a fait de Kobané une priorité depuis le début des frappes aériennes en Syrie le 23 septembre.

17 frappes y ont été encore menées entre dimanche soir et lundi matin sur des positions des combattants de l’état dit « islamique » (EI), selon le Commandement de la coalition.

Le groupe continue toutefois de contrôler plusieurs dizaines de villages autour de Kobané.
L’état dit « islamique » chassé de Diyala 

En Irak, les forces armées sont en contrôle total de toutes les villes, districts et cantons de la province de Diyala, dans l’est, a indiqué le général Abdelamir al-Zaïdi.

Grâce à la campagne de frappes qu’elle mène depuis août, la coalition estime avoir stoppé l’avancée de l’EI en Irak, mais les combattants de l’état dit « islamique » (EI) conservent pour l’instant l’essentiel de leurs positions, notamment Mossoul, la deuxième ville du pays.

Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad a dénoncé dans un entretien à une revue américaine le plan des Etats-Unis d’entraîner ses ennemis rebelles pour combattre l’EI, estimant qu’il s’agissait d’une chimère.

Pour Assad, ces rebelles sont une force « illégale » et seront traités par l’armée comme les autres insurgés, qualifiés de « terroristes » depuis le début de la révolte en 2011 contre son régime.

Washington, qui soutient l’opposition syrienne depuis le début de la révolte il y a quatre ans, entend former au Qatar, en Arabie saoudite et en Turquie plus de 5.000 rebelles triés sur le volet afin de combattre l’EI.

Photo Afp : Des soldats et des miliciens pro-gouvernementaux irakiens sur un blindé prés de la ville de Muqtadiyah, province de Diyala / Irak

Source : avec Afp, reuters, Agence sana, OSDH, Arab Newsnetwork