Syrie : Les rebelles emploient une tactique inédite : Le lancé de pneu explosif !

D’après Larédac’ à 21h30 le 02 Décembre 2013

Ville de Maaloula, le 17 septembre 2013

Des rebelles syriens se sont emparés durant la nuit de dimanche à lundi du coeur historique de la ville chrétienne de Maaloula en utilisant une tactique inédite : lancer des pneus remplis d’explosifs sur leurs adversaires.

Selon une source au sein des services de sécurité, les rebelles, dont des jihadistes du Front al-Nosra, positionnés en haut de la falaise de grès surplombant la ville, ont fait rouler dans la nuit un grand nombre de pneus bourrés d’explosifs sur les soldats déployés en bas de cette cité, aujourd’hui déserte.

Selon l’agence officielle Sana, les rebelles seraient entrés dans le couvent orthodoxe de Mar Takla, situé au milieu de la ville et jusque là contrôlé par l’armée, où se trouvent 40 religieuses et orphelins.

Les rebelles, dont des jihadistes liés à Al-Qaïda, ont pris le contrôle de la cité le 9 septembre. Trois jours plus tard, l’armée syrienne est entrée dans Maaloula pour les chasser. Depuis, les échanges de tirs sont quotidiens.

Maaloula, située à 55 km au nord de Damas, compte un grand nombre d’églises et de couvents. Elle doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme.

La majorité de ses habitants chrétiens sont grecs-catholiques et parlent l’araméen, la langue du Christ. Le nom de la ville vient du mot Maala, qui veut dire entrée dans cette langue.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a confirmé la prise de la partie historique de Maaloula après cinq jours de violents combats. Selon la source de sécurité, les rebelles avaient lancé un premier assaut la semaine dernière mais avaient échoué.

La ville est située dans la région de Qalamoun, au nord de Damas, où l’armée syrienne mène une offensive au terme de laquelle elle s’est emparée de Qara, de Deir Attiya et d’une partie de Nabak. 

L’armée veut reprendre la région montagneuse de Qalamoun pour assurer une continuité territoriale sous son contrôle entre les provinces de Damas et Homs, plus au nord.

Proche de la frontière libanaise, Qalamoun, où se trouvent des dépôts d’armes, constitue la base-arrière des insurgés pour encercler la capitale et commander l’accès à l’autoroute stratégique Damas-Homs.

Au sud de la Syrie, dans la province de Deraa, à Basr al-Harir, les rebelles ont par ailleurs pris un arsenal militaire après quelques jours de combats, selon l’OSDH. Sur les photos mises en ligne par cette organisation, un rebelle piétine la tête tranchée d’un soldat. Un autre porte le drapeau noir de la brigade rebelle Beit al-Maqdess.

Sur les hauteurs du Golan, de violents combats ont eu lieu lundi matin à Khan Arnabeh et Sama Danieh. 

Un obus de mortier tiré de Syrie a atterri lundi à Majdal Chams, chef lieu des localités druzes du Golan occupé par Israël, sans faire de victimes, ont indiqué des témoins à l’AFP. 

Une responsable militaire israélienne a confirmé le tir mais a refusé de préciser où l’obus était tombé.

Toujours dans le Golan, des tirs à l’arme automatique ont eu lieu lundi matin à partir de la Syrie en direction de soldats israéliens, qui ont répliqué et « atteint une cible visée », a indiqué une porte-parole de l’armée sans autre indication.

126 000 personnes ont trouvé la mort, selon un nouveau bilan 

La guerre en Syrie a causé la mort de près de 126 000 personnes depuis mars 2011, selon un nouveau bilan établi par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et rendu public lundi. 

Cette organisation, qui s’appuie sur un réseau de militants, avocats, médecins à travers le pays, a pu établir 125 835 décès entre le 15 mars 2011 et le 1er décembre 2013. La majorité sont des combattants des deux bords, mais les décès dans les rangs des loyalistes sont deux fois plus importants que dans ceux des rebelles.

Parmi les personnes décédées, 35 % sont des civils – soit 44 381 – dont 6 627 enfants et 4 454 femmes, et 65 % sont des combattants. Ainsi, 27 746 rebelles ont péri, dont 19 000 sont des civils ayant pris les armes contre le régime, lorsque le conflit s’est militarisé face à la répression féroce de manifestations inspirées du Printemps arabe. 

Au moins 2 221 autres sont des soldats ayant déserté, et 6 261 des étrangers venus grossir les rangs de la rébellion. Les forces du régime ont perdu quasiment le double d’hommes, avec 50 927 tués. 

Dans les rangs loyalistes, 31 174 étaient des soldats de l’armée, et 19 256 des miliciens des Comités populaires ou de la Force de défense nationale, paramilitaire.

Il y a également 232 membres du puissant Hezbollah, qui a envoyé des hommes combattre aux côtés du régime syrien, et 265 autres combattants chiites étrangers pro-régime. 

L’Observatoire a également fait état de la mort de 2 772 personnes non identifiées. Le sort de milliers d’autres personnes est inconnu, notamment celui de « plus de 10 000 détenus dans les prisons du régime, ainsi que plus de 3.000 soldats retenus par des groupes rebelles« , a indiqué l’OSDH, estimant que le bilan du conflit est probablement plus élevé qu’indiqué. Des centaines de civils ont en outre été enlevés.

Source : Afp, OSDH agences de presse…