Syrie : Prés de 25 morts dont six enfants à Alep

D’après la rédac le 23 décembre à 10h35

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a souligné « l’extrême urgence » de la situation, affirmant qu’au moins 500.000 personnes avaient été blessées durant la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011. 

« Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées par des barils d’explosifs largués sur une autoroute près d’un marché et sur des quartiers à Alep« , a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans le seul quartier d’Hanano, l’un de ces raids a tué « au moins 25 personnes, dont six enfants« , rapporte l’OSDH faisant également état de 17 blessés graves. 

Le centre de presse d’Alep (opposition) a dénoncé « un massacre » sur l’autoroute et expliqué que les hôpitaux étaient confrontés à un afflux massif de blessés. Une vidéo diffusée par le centre montre des flaques de sang dans un car détruit, aux sièges arrachés et maculés de sang.

Une autre vidéo montre de nombreuses voitures carbonisées, des camions transformés en des boules de feu d’où s’échappe une épaisse fumée, ainsi qu’un immeuble effondré devant lequel des gens sont rassemblés, le visage pétrifié de terreur.

La Commission générale de la Révolution syrienne (CGRS) a dénoncé la campagne de bombardements menée depuis huit jours à Alep, évoquant « un état de terreur et un exode de la population vers les terrains agricoles en dépit d’un froid glacial« .

Samedi, l’organisation Human Rights Watch avait évoqué « un désastre à Alep« , avançant un bilan de plus de 200 morts du 15 au 18 décembre. Pour cette période, l’OSDH a fait état de 161 morts et Médecins sans Frontières de 189 morts.

Selon le CICR, « plus d’une centaine de civils ont été tués ces derniers jours à Alep« .

En outre, « au moins un demi-million de personnes ont été blessées dans le pays, tandis que des millions d’autres sont toujours déplacées et des dizaines de milliers privées de liberté« , a expliqué Magne Barth, chef de la délégation du CICR en Syrie.

Les réserves s’épuisent

« Les réserves de vivres et d’autres biens de première nécessité s’épuisent dangereusement, en particulier dans les zones assiégées (…). Et pourtant, malgré l’extrême urgence de la situation, il demeure extrêmement difficile de porter secours aux Syriens« , a-t-il ajouté. 

« Souvent, les blessés sont privés des soins dont ils auraient besoin, alors que les malades chroniques ne reçoivent pas les traitements que leur état requiert« , a-t-il expliqué.

Dans la province de Homs, une voiture piégée a explosé près d’une école primaire à Oum al-Amad, tuant six élèves et deux employés, selon l’agence officielle Sana.

L’OSDH, qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires, a également rapporté un attentat à la voiture piégée à Oum al-Amad, présentée comme une localité chiite, faisant état de 12 morts, dont cinq enfants.

En revanche, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), un parti d’opposition toléré, a annoncé la remise en liberté de Mounzer Khaddam, l’un de ses dirigeants brièvement arrêté à Tartous (ouest).

Les militants d’opposition ont dénoncé ces derniers temps une série d’arrestations, en pleines négociations sur la composition des délégations pour la conférence de paix sur la Syrie, prévue le 22 janvier en Suisse pour trouver une solution politique au conflit qui a fait plus de 126.000 morts selon l’OSDH.

A Londres, la dépouille d’Abbas Khan, un médecin britannique de 32 ans décédé en prison après plus d’un an de détention, a été rapatriée dimanche, après avoir été conduite samedi au Liban.

Une nouvelle autopsie doit être menée, alors que le gouvernement britannique et la famille d’Abbas Khan ont accusé les autorités syriennes d’être responsables de ce décès. Damas affirme de son côté que le chirurgien, qui était sur le point d’être libéré, s’est pendu.

Des raids aériens ont encore fait dimanche au moins 25 morts, dont 6 enfants, à Alep, dans le nord de la Syrie, tandis qu’un attentat meurtrier à voiture piégée a visé une école près de Homs, dans le centre du pays.

Source : Afp, Reuters, OSDH