Talha Ibn Oubaydallah : Le faucon d’Ouhoud

D’après Abdoullah Ibn Adam à 16h50 le 20 Septembre 2013

Il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certain d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement) (Al Qur’an 33:23).

Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) récita ce verset puis s’adressa aux Compagnons, tout en désignant Talha (qu’Allah l’agrée) : «Celui qui se satisfait à la vue d’un homme qui marche sur terre tout en y ayant expiré son temps, qu’il regarde Talha».

Chacun des Compagnons convoitait en secret une bonne annonce qui le tranquillisait sur son devenir dans l’autre monde. Cette fois-là, ce fut Talha ibn Oubaydallah (qu’Allah l’agrée). Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui avait annoncé le Jardin dans l’autre vie.

Tout commença lors d’un voyage d’affaires dans le pays de Bosra. Dans ce pays, Talha (qu’Allah l’agrée) fit la connaissance d’un moine: celui-ci l’informa sur l’imminence de l’apparition du prophète qui allait être envoyé au pays du Sanctuaire.

Lorsque Talha (qu’Allah l’agrée) revint à la Mecque, il entendit des groupes de gens parler de Muhammad et son message.

Alors, il demanda d’abord après Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). On lui dit qu’il était rentré avec sa caravane commerciale et qu’il se tenait à cette heure-là à côté de «Muhammad.»

Alors Talha (qu’Allah l’agrée) se dit à lui-même: «Muhammad et Abou Bakr? Par Dieu, ils ne s’unissent jamais tous les deux pour une perdition!» Puis, il se dirigea vite chez Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). Il échangea avec lui quelques propos puis il lui demanda de l’emmener au Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), pour embrasser l’Islam. Ainsi Talha (qu’Allah l’agrée) fut parmi les premiers musulmans.

Malgré sa réputation de riche commerçant et le rang qu’il occupait à la Mecque, il eut quand même sa part de mauvais traitements. Mais cela ne dura pas longtemps: les Qouraychites avaient eu honte.

Par la suite, il s’exila à Médine et prit part à toutes les expéditions du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), sauf celle de Badr. Lors de cette expédition, il était en mission avec Saïd ibn Zayd (qu’Allah l’agrée).

Dans la bataille d’Ouhoud, il était présent. Dans un premier temps, les musulmans prirent bien la situation en main si bien que les Qouraychites se replièrent paniqués. Mais quand les archers désertèrent leur position et que les cavaliers commandés par Khalid ibn al-Walid (qu’Allah l’agrée) surgirent par derrière, la situation bascula brusquement en faveur des polythéistes.

Talha (qu’Allah l’agrée) vit alors que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) était devenu la cible de plusieurs Qouraychites. Il vola à son secours et participa à sa protection. Ce fut lui qui aida le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) à se dégager du trou où il était tombé.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) disait: «Quand on parlait du jour d’Ouhoud, Abou Bakr disait: «Tout ce jour était celui de Talha… J’étais le premier à arriver auprès du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Alors, il nous a dit, à Abou Oubayda ibn al-Jarrah et à moi: «Regardez votre frère…» Nous l’avons vu. Il avait plus de 70 blessures et il avait le doigt coupé…»

Non seulement il était un fervent croyant, mais aussi un commerçant réussi. Toute sa fortune était au service de la nouvelle religion. Il dépensait sans compter et toutes les fois Dieu le récompensait davantage.

Sa femme Souâda bint Awf (qu’Allah l’agrée) disait: «Une fois, j’ai trouvé Talha soucieux. Alors, je lui ai dit: «Qu’est ce que tu as?» Il a dit: «Le bien que j’ai, il s’est démultiplié, et il me donne des soucis et il me peine.» J’ai dit: «Tu n’a pas à t’en faire. Distribue-le.» 

Il s’est levé et il est allé appeler les gens. Puis, il s’est mis à distribuer, de telle sorte qu’il n’en est pas resté un seul dirham.»

Quant à Jabir ibn Abdoullah (qu’Allah l’agrée), il parlait ainsi de la générosité de Talha (qu’Allah l’agrée): «Je n’ai vu aucun comme Talha, qui donne abondamment de ses biens sans la moindre question.»

Assaïb ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) laissa aussi ce témoignage: «J’ai accompagné Talha dans les voyages et dans la cité. Par rapport à Talha, je n’ai trouvé aucun qui soit plus généreux du dirham, du vêtement et de la nourriture.»

Quand les troubles éclatèrent sous le règne du khalife Othman ibn Affan (qu’Allah l’agrée), Talha (qu’Allah l’agrée) appuya les opposants. Puis, lorsque Othman (qu’Allah l’agrée) fut assassiné et que Ali (qu’Allah l’agrée) accepta l’allégeance des musulmans, y compris Talha (qu’Allah l’agrée) et Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée), ces deux derniers partirent à la Mecque pour un petit pèlerinage. 

De là, il regagnèrent al-Basra, où s’étaient réunies des forces qui voulaient venger la mort de Othman (qu’Allah l’agrée).

Par la suite, il y eut la bataille du «Chameau» qui mit aux prises les partisans de Ali (qu’Allah l’agrée) et le parti qui voulait venger la mort de Othman (qu’Allah l’agrée) et qui avait apporté Aïcha (qu’Allah l’agrée), la Mère des croyants.

Quand Ali (qu’Allah l’agrée) vit la Mère des croyants sur le palanquin, à la tête de l’armée, il en fut très peiné. Puis, quand il vit Talha (qu’Allah l’agrée) et Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée), il les appela à venir parler avec lui

Puis, il dit à Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée): «Ô Az-Zoubayr, je t’en conjure. Te rappelles-tu du jour, quand le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) était passé près de toi. Il t’a dit: «Ô Az-Zoubayr, n’aimes-tu pas Ali?» Tu as dit: «Moi, n’aimerai-je pas le fils de mon oncle maternel, le fils de mon oncle paternel, celui-là qui professe ma religion?» Il t’a dit: «Ô Az-Zoubayr, par Dieu, sûr que tu lui livreras combat alors que tu es dans le tort.»

Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) dit: «Oui, je me rappelle maintenant. J’ai oublié. Par Dieu, je ne te combattrai pas.»

Puis, tous les deux se retirèrent, surtout lorsqu’ils virent Ammar ibn Yasir (qu’Allah l’agrée) dans l’armée de Ali (qu’Allah l’agrée). A ce moment-là, ils se rappelèrent aussi la parole que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) avait dite à Ammar (qu’Allah l’agrée): «Tu sera tué par la troupe injuste.»

Talha (qu’Allah l’agrée) et Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) renoncèrent au combat. Mais, par la suite, ils payèrent leur retrait au prix fort. 

Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) fut assassiné traîtreusement par un homme appelé Amr ibn Jarmouz. 

Quant à Talha (qu’Allah l’agrée), il fut assassiné d’une flèche égarée (la version disant que cette flèche a été lancé par Marouan ibn al-Hakam n’est pas fiable).

A la fin de la bataille, Ali (qu’Allah l’agrée) s’en alla prier sur les musulmans martyrs des deux camps. Devant les tombes de Talha (qu’Allah l’agrée) et Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée), il dit ces mots: «J’espère que Talha, Az-Zoubayr, Othman et moi, nous serons de ceux à propos desquels Dieu dit : Nous avons retiré de leur poitrine ce qui reste de ressentiment (Al Qur’an 7:43)»; 

«Mes deux oreilles-ci ont entendu le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dire: «Talha et Az-Zoubayr sont mes deux voisins dans le Jardin.»