Tension élevée avant des funérailles sous surveillance

D’après Larédac à 17h39 le 25 Octobre 2014

Jérusalem-Est restait sous tension samedi, après une nouvelle nuit de heurts entre jeunes Palestiniens et policiers de l’état zioniste, et avant les funérailles sous haute surveillance du Palestinien qui a tué un bébé israélien à bord de sa voiture avant d’être abattu.

Pour la troisième nuit consécutive, Jérusalem-est, la partie palestinienne annexée et occupée par l’état apartheid, a résonné de puissantes détonations pendant de longues heures.

Dans plusieurs quartiers, dont celui de Silwan devenu l’épicentre des troubles, la police israélienne a tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes, blessant une trentaine de Palestiniens, a affirmé l’agence palestinienne Wafa. Aucune source indépendante n’a confirmé ce bilan.

Le centre d’information de Wadi Haloueh, association palestinienne locale, a mis en ligne des vidéos montrant des appartements incendiés par des tirs de grenade.

D’autres images montrent de jeunes Palestiniens brûlant des pneus et lançant des pierres à des policiers israéliens, armés et casqués, dans les quartiers d’Issawiya et Silwan, d’où est originaire le Palestinien tué mercredi et accusé par les autorités israéliennes d’attentat « terroriste ».

Au moins quatre Palestiniens ont été arrêtés au cours des affrontements, a indiqué la police israélienne.

Hier, la prière du vendredi, a été ensanglantée par la mort de Orwa Hammad, un adolescent Palestino-Américain de 14 ans, abattu par l’armée israélienne en Cisjordanie occupée.

Orwa Hammad a été tué lors de heurts opposant les soldats israéliens à des Palestiniens jetant des pierres à Silwad. Ce village est fréquemment le théâtre d’affrontements et l’armée y est régulièrement déployée pour protéger une route employée par des colons près de la colonie d’Ofra.

Washington, qui a confirmé la nationalité américaine du garçon, a réclamé une enquête « rapide et transparente« . Le département d’Etat a également appelé « toutes les parties à restaurer le calme et à éviter l’escalade des tensions« .

La famille Hammad a indiqué que les obsèques d’Orwa n’auraient lieu que dimanche, le temps qu’arrive son père, qui vit aux Etats-Unis. Les funérailles de « martyrs » palestiniens suscitent généralement d’importants défilés qui dégénèrent parfois.

Faire face ou provoquer des heurts ?

Les funérailles d’Abdelrahmane Shalodi sont elles prévues samedi à 22H00 (19H00 GMT) en présence de 80 personnes au maximum et sous haute surveillance, selon une décision de la justice israélienne qui doit être confirmée en soirée, a indiqué l’agence Wafa.

La police israélienne est prête à « faire face à toutes les éventualités« , a dit une porte-parole, Luba Samri.

Abdelrahmane Shalodi, 21 ans, a été abattu après avoir, selon la police et le gouvernement israéliens, délibérément lancé sa voiture sur un arrêt de tramway de Jérusalem, blessant six Israéliens et tuant un bébé de trois mois, de nationalité américaine.

D’après le gouvernement zioniste, Shalodi est un membre de l’organisation Hamas, bête noire des occupants, et l’auteur d’un attentat « terroriste ».

Sa mère Inas Sharif, 42 ans, croit quant à elle à un accident de voiture. Elle a dit que son fils aîné était au cours des derniers jours dans un état d’épuisement mental tel qu’un médecin lui avait conseillé d’aller voir un spécialiste.

Shalodi était sorti de prison en décembre 2013 après y avoir passé 14 mois pour avoir jeté des pierres, selon ses proches.

Les services de sécurité israéliens, – atteint du syndrome Al Sissi – qui le soupçonnaient d’appartenance au Hamas, l’ont harcelé pendant des mois, dit Inas Sharif, soeur d’un ancien artificier notoire du Hamas, Muhi al-Din Sharif, tué en Cisjordanie dans des circonstances mystérieuses en 1998.

Jérusalem-Est est secoué depuis l’été par des violences grandissantes qui font redouter à certains une troisième Intifada et une propagation des troubles à la Cisjordanie.

Sur fond d’enlisement des efforts pour résoudre le conflit palestino-israélien, les tensions ont été exacerbées par une série d’événements: assassinat d’un jeune palestinien par des extrémistes zionistes en juillet après l’assassinat de trois jeunes réservistes de l’armée d’occupation, en juin; arrestations de centaines de Palestiniens; guerre à Gaza; visites de juifs perçues comme des provocations sur l’esplanade des Mosquées; poursuite de la colonisation et appropriations de maisons palestiniennes par des colons, à Silwan par exemple; rhétorique excitant les haines.

C’est dans ce contexte que le ministre israélien de l’Habitat Uri Ariel, lui-même colon, a récemment affirmé envisager d’aller vivre à Silwan, selon les médias israéliens.

Source : avec Afp, Reuters, haaretz, Agence Maan, L’Orient le Jour