Tensions chez les chrétiens Palestiniens autour du mur de séparation

il y a plus d’une quizaine de jours, des Palestiniens se sont empoignés avec les forces de sécurité israéliennes à Beit Jala près de Bethléem, alors qu’ils tentaient d’empêcher la construction par l’administration d’occupation zioniste de son mur de « protection » – de la honte – dans un secteur chrétien sensible, a constaté un journaliste de l’AFP.


Plusieurs dizaines de personnes, pour la plupart des chrétiens Palestiniens, mais aussi quelques militants étrangers et au moins trois prêtres s’étaient rassemblés pour protester contre la construction d’une portion de mur qui a repris après des années d’une âpre bataille légale.

Les prêtres ont tenté d’aller prier parmi les oliviers que des pelleteuses israéliennes étaient en train d’arracher, mais ont été stoppés par l’important dispositif de sécurité israélien mis en place autour du chantier. Un manifestant a été interpellé alors qu’il essayait d’aller simplement planter un jeune olivier devant une des pelles mécaniques.

Les forces d’occupation zioniste sont intervenues avec vigueur dans un groupe quand celui-ci a entrepris de chanter « israël est un Etat terroriste. Il ne nous fait pas peur« .

L’administration zioniste a commencé en 2002, en pleine Intifada, à construire cette barrière censée le protéger des attaques venues de Cisjordanie. Achevée aux deux tiers, elle doit atteindre à terme environ 712 km. Les Palestiniens l’appellent le mur de « l’apartheid ». Elle est l’une des matérialisations les plus frappantes du conflit palestino-israélien.

Non seulement elle empoisonne la vie des Palestiniens, mais elle est accusée d’établir de fait de nouvelles frontières: son tracé se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, selon l’ONU.

Sa construction dans le secteur de Beit Jala et la vallée de Crémisan que surplombe la localité fait l’objet d’une farouche résistance de la communauté chrétienne palestinienne locale, qui avait réussi à mobiliser le pape en sa faveur.

L’affaire avait suscité d’autant plus d’attention que le mur devait passer entre un monastère et un couvent de l’ordre salésien.

Manifestation à Beit Jala dimanche contre le mur- ce prêtre orthodoxe n’a pas hésité à aider à arracher une clôture israélienne
Manifestation à Beit Jala dimanche contre le mur : Ce prêtre orthodoxe n’a pas hésité à aider à arracher une clôture de l'occupent zioniste (AFP)

La Cour suprême israélienne avait décidé de bloquer, le 2 avril 2015, le passage du mur et demandé à l’Etat de considérer d’autres tracés.

Mais, dans une nouvelle décision rendue le 6 juillet 2015, la Cour suprême avait autorisé l’état zioniste à édifier le mur, spécifiant que l’interdiction de construire prononcée en avril valait seulement pour quelques centaines de mètres auprès du monastère et du couvent.

Les habitants de Beit Jala ont ainsi eu la surprise lundi de découvrir les bulldozers israéliens commencer à déraciner les oliviers plus à l’est du couvent et du monastère.

Les habitants protestent contre la confiscation – la spoliation dans ce cas – de leurs terres et la fragmentation de leur vie. Les Palestiniens voient aussi dans le tracé du mur le moyen pour l’administration d’occupation zioniste d’étendre encore les colonies adjacentes de Gilo et Har Gilo, également illégales au yeux de la communauté internationale.

La Cour internationale de justice a jugé le 9 juillet 2004 illégale la construction du mur et exigé son démantèlement, de même que l’Assemblée générale de l’ONU.

Le Patriarcat latin de Jérusalem condamne les travaux du mur de séparation dans la vallée de Crémisan

Un prêtre célèbre la messe avec des chrétiens palestiniens dans la vallée de Crémisan mercredi 19 août

Le Patriarcat latin de Jérusalem a publié mercredi 19 août un communiqué protestant contre le début des travaux du mur de séparation entre israël et les territoires Palestiniens dans la vallée de Crémisan.

« Au matin, des bulldozers israéliens sont arrivés à l’improviste sur des propriétés privées de Beir Ona, près de la vallée de Crémisan, pour y reprendre les travaux de construction du Mur de séparation », décrit le communiqué publié sur le site Internet du Patriarcat latin de Jérusalem. « Les habitants de la zone ont constaté avec surprise et douleur qu’une cinquantaine de leurs oliviers pluriséculaires avaient été ainsi déracinés« .

Sources : Afp, Reuters, Harretz, Agence Wafa, L’Orient le Jour