Timeline photo : Aïd Al Adha, récit d’Ismaël (paix sur lui)

D’après Larédac’ à 13h09 le 05 Octobre 2014

Un marchand afghan attend ses clients à l’aube sur un marché de Kaboul à la veille de la fête de l’Aïd (Photo le 2 octobre 2014 / AFP)

Fillettes musulmanes lors de la prière pour la fête de l’Aïd al-Adha à la mosquée syrienne de Lagos (Photo le 4 octoble 2014/AFP)

Le récit d’Ismaël

Ismaël (paix sur lui) est donc le fils d’Agar, la servante ou l’esclave égyptienne d’Abraham (paix sur lui). Selon la tradition musulmane, Abraham (paix sur lui) conduisit Agar et son fils Ismaël (paix sur lui) à La Mecque, où il les abandonna. Ils survécurent, et Abraham (paix sur lui) rencontra son fils au cours d’un voyage. Il lui demanda de l’aider à construire la Ka’ba.

Ismaël (paix sur lui) épousera une fille de la tribu Arabe des Djurhum. C’est de cette tribu qu’il apprendra l’arabe. Il sera considéré comme l’ancêtre des Arabes du Nord et des Arabes du désert, c’est-à-dire des bédouins. Ismaël (paix sur lui) est présenté dans le Q’uran. XIX, 54-55, comme un apôtre et un prophète.

Il est mentionné dans Q.VI, 86, comme descendant d’Abraham (paix sur lui), mais à un rang qui semble inférieur à celui d’Isaac (paix sur lui) et Jacob (paix sur lui). Pourtant, certains passages semblent donner la primauté à Ismaël sur Isaac (cf. Q. XIV, 39 : « Louange à Dieu qui m’a donné dans mon grand âge Ismaël et Isaac. Mon Seigneur écoute la prière. » De même, en Q. Il, 133, 136, 140, Ismaël (paix sur lui) est cité avant Isaac (paix sur lui) dans la nomenclature : « Nous adorons ton Dieu, le Dieu de tes pères : Abraham, Ismaël et Isaac« . (133).

Tabari, commentant Q. II, 133, fait remarquer que si Ismaël (paix sur lui) est cité en premier, c’est parce qu’il est l’aîné. Il fait remarquer de plus, puisque ce verset concerne aussi Jacob (paix sur lui), qu’il n’est pas étonnant qu’Ismaël (paix sur lui), bien qu’oncle de Jacob (paix sur lui), soit rangé parmi les « pères » : c’est une façon de parler de la parenté ancestrale courante chez les Arabes. Est-ce là la raison pour laquelle la tradition postérieure évoluera et choisira Ismaël comme « victime » ? En effet, c’est le fils « immolé » qui doit être l’héritier de la promesse divine. Ismaël (paix sur lui) est incontestablement l’aîné, mais né de la femme servile. Isaac (paix sur lui) est le puîné, mais né de la femme libre. Toute la question est de savoir si Agar est une esclave, ou une seconde épouse. Dans ce dernier cas, Ismaël (paix sur lui) serait bien l’aîné en titre, et donc l’héritier, et ceci expliquerait la tradition postérieure.

Si en effet on relit Q. XXXVII, 100-113, on peut aussi considérer que le fils clairement nommé au verset 113, Isaac, pouvant apparaître comme le second fils selon l’ordre des versets, le premier fils non-nommé serait Ismaël. S’il n’y a pas là de certitude, il n’y a pas non plus d’impossibilité. Dans ce cas, le Coran reprendrait l’ordre de primogéniture, sans s’attacher forcément à la distinction fondée sur le fils de la femme libre et sur le fils de la femme servile, et cela ferait d’Ismaël la victime.

Extrait de notes de cours du Dr. Mansour / ICP 2014-2015