Timeline photo : Une femme yéménite et une petite fille qui tient le drapeau national

Photo de Mohammed Huwais/ Afp : Une femme yéménite et une petite fille qui tient le drapeau national, à Sanaa au cours d’une manifestation le samedi 9 mai 2015

« Sanaa »

Poème de Abd al-‘Azîz al-Maqâlih *

« Sanaa…ville de l’âme.

Ses portes sont au nombre de sept comme les portes de l’Eden.

Et chacune d’entre elles exauce un vœu de l’étranger.

Entre par l’une ou l’autre et la paix soit sur toi.

Et la paix sur une ville dont douce est l’eau – si douce et si purs au cœur les hivers et si légères les ardeurs de l’été.

Baignée par la lumière de l’éveil, c’est à l’heure de l’ombre une Dame parée dans sa plénitude de femme.

Tombée qui sait des pages des légendes, ou peut-être née du chant des violettes, ou bien portée par les refrains de la source sans âge des songes …?

Makka, ville du Livre

Paris, ville des arts

Londres, ville des échanges

Washington, ville du pouvoir

Le Caire, ville du temps

et Bagdad, de la poésie

Damas, ville des roses

et ville de l’âme … Sanaa.

Elle cache dans ses entrailles le trésor d’un rêve à ciel ouvert.

On y fête de toutes parts des noces de splendeur.

Et les pierres donnent le jour à des formes, à des mélodies.

Les poèmes de la blancheur s’y gravent dans la profusion.

Et la nuit inscrit ses légendes lourdes des grappes du chagrin et des brasiers d’effluves au dos de la muraille lisse, passée la Porte du Yémen.

C’est un poète yéménite qui un jour écrivit :

Voici Sanaa, taverne de lumière.

Entre la paix au cœur et dix fois embrasse le sol.

Puise à sa beauté vierge, à ses enchantements, un élixir qui te fait don d’une seconde vie. »

* Né en 1937. Etudes au Caire. Professeur de littérature moderne à l’Université de Sanaa et président de l’Université de Sanaa. Président du Centre d’études de recherches yéménite. A publié de très nombreux recueils poétiques. Considéré comme l’un des plus importants poètes yéménites contemporains.