Triste record pour les réfugiés Syriens

D’après Larédac à 10h17 le 11 Janvier 2015

Les Syriens constituent la plus importante population de réfugiés au monde relevant de la compétence du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), avec plus de 3 millions de personnes ayant fui la guerre, chiffre susceptible d’augmenter d’ici fin 2015, selon un rapport du HCR publié mercredi.

Avec plus de 704.000 nouveaux réfugiés entre janvier et juin 2014, le chiffre total dépasse actuellement les 3 millions et pourrait même atteindre les 4,27 millions dans les pays voisins d’ici décembre, a indiqué le HCR.

« En l’absence de perspective de solution politique et de terme à la confrontation armée, le nombre de personnes touchées par le conflit interne en République arabe syrienne va certainement augmenter en 2015« , estime-t-il.

Avant l’éclatement de la guerre en 2011, la population de la Syrie se situait autour des 20 millions d’habitants.

Après des manifestations pacifiques violemment réprimées en mars 2011 par les autorités, le conflit s’est transformé en une guerre civile, faisant plus de 200.000 morts en près de quatre ans. Pour la seule année 2014, le pays déplore 76.000 morts, soit l’année la plus sanglante du conflit, selon des données de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Derrière la Syrie, dans le classement établi par le HCR, viennent l’Afghanistan (2,7 millions de réfugiés), la Somalie (1,1 million), le Soudan (670.000), le Soudan du Sud (509.000), la République démocratique du Congo (493.000), la Birmanie (480.000) et l’Irak (426.000).

Les Palestiniens, dont le nombre de réfugiés est estimé à 5 millions, ne sont pas comptabilisés car ils ne dépendent pas du HCR mais de son organisation soeur, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

En juin dernier, date du dernier rapport annuel de l’organisation, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés Antonio Guterres avait annoncé que le nombre de réfugiés recensés sur l’ensemble de la planète avait dépassé la barre des 50 millions pour la première fois depuis 1945.

« Tant que la communauté internationale ne parvient pas à trouver de solutions politiques aux conflits existants et à prévenir le déclenchement de nouveaux conflits, nous continuerons à devoir gérer les conséquences humanitaires dramatiques« , a déclaré le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés Antonio Guterres.

Les pays voisins de la Syrie ont accueilli le plus de réfugiés, à l’instar de la Turquie où leur nombre s’élève à près de 800.000 selon le HCR, mais de plus en plus de réfugiés tentent dorénavant de traverser la Méditerranée.

Trois cargos, chargés au total de près de 2.000 personnes, hommes, femmes et enfants, en majorité originaires de Syrie, ont ainsi débarqué sur les côtes italiennes depuis le 20 décembre.

Conséquence de la crise syrienne, selon le rapport, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont désormais les régions accueillant le plus grand nombre de réfugiés, devant la région Asie-Pacifique qui abritait la plus importante population réfugiée en 2013.

Avec 1,6 million de réfugiés afghans accueillis sur son territoire, le Pakistan est le premier pays d’accueil, devant le Liban (1,1 million), l’Iran (982.000), la Turquie (824.400), la Jordanie (737.000), l’Éthiopie (588.000), le Kenya (537.000) et le Tchad (455.000), indique le rapport.

La Suisse « devrait accueillir 100 000 réfugiés syriens »

Vingt-sept organisations, soutenues par 500 personnes, ont présenté mardi une lettre ouverte à l’intention du Conseil fédéral.

Elles demandent aussi que la Confédération intensifie son aide aux pays voisins de la Syrie et qu’elle empêche la livraison d’armes dans la région.

Video : Entretien avec Balthasar Glättli, conseiller national Les verts, ZH

Face à cette détresse, il est incompréhensible que l’Europe continue de pratiquer sa politique de l’exclusion, selon lui. La Suisse peut et doit faire davantage, a jugé Amanda Ioset, secrétaire politique de l’organisation Solidarité sans frontières.

Accueillir un grand nombre de réfugiés syriens poserait certainement un grand défi à la Suisse, a admis Balthasar Glättli. Mais l’effort serait certainement moindre par rapport à celui des États voisins. A titre d’exemple, le Liban a accueilli un million de personnes alors qu’il compte quatre millions d’habitants.

Recevoir 100’000 Syriens n’est pas irréaliste, a jugé le président du Conseil suisse pour la paix Ruedi Tobler. La Suisse est un des pays les plus riches de la planète.

Source : avec Afp, Reuters, RST, HCR