Turquie : Le voile autorisé dans le secteur de la fonction publique

D’après Hamzatou à 20h40 le 29 Septembre 2013


Le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a dévoilé lundi une série de réformes qui, trois mois après la fronde antigouvernementale ayant secoué la Turquie, autorisent les fonctionnaires à porter le foulard islamique et accroissent les droits des minorités, notamment des Kurdes.

Dans un discours d’une heure, M. Erdogan a annoncé la levée de « l’interdiction dans les institutions publiques » des « mesures discriminatoires pour les femmes et les hommes », en l’occurrence du foulard pour les femmes et de la barbe pour les hommes.

« Nous allons abroger ces violations qui se dressaient devant la liberté de croyance », a-t-il expliqué.

Symbole de la Turquie musulmane mais laïque voulue par le fondateur de la République Mustafa Kemal Atatürk, ces interdictions resteront toutefois en vigueur pour les policiers, les militaires, les procureurs et les magistrats, a précisé le chef du gouvernement.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan défend le port du voile dans tous les domaines, y compris la sphère publique. Il a déjà levé cette interdiction sur les campus universitaires.

La mesure annoncée lundi doit permettre aux députées d’arborer le foulard au Parlement, un autre sujet qui a fait des remous.

En 1999, Merve Kavakçi, députée turco-américaine élue sous les couleurs d’un parti islamiste, s’était présentée devant ses pairs coiffée du voile pour prêter serment. Cela avait suscité un tollé et elle avait dû quitter la salle sous les huées, avant d’être déchue de sa nationalité turque.

Cette annonce de M. Erdogan intervient à moins de six mois des élections municipales, mais surtout quatre mois après le coup d’envoi de la vague de contestation sans précédent qui l’a visé au mois de juin.

Parti de la mobilisation d’un groupe d’écologistes contre la destruction annoncée d’un parc d’Istanbul, ce mouvement a vu défiler pendant près d’un mois des dizaines de milliers de manifestants dans les grandes villes, surtout à Istanbul, Ankara et Izmir (ouest), pour reprocher au gouvernement sa dérive « islamiste », en particulier au travers d’une récente loi restreignant la vente d’alcool.

Source : HuffingtonPost